Les 50 ans d'All Things Must Pass de George Harrison

Troisième album solo de George Harrison, All Things Must Pass est la première œuvre solo de l’artiste à proposer des titres chantés, après deux albums assez expérimentaux. All Things Must Pass est un album audacieux, un triple album, qui fête son 50e anniversaire. C’est sur celui-ci qu’on retrouve des classiques tels que "My Sweet Lord", "Isn’t It a Pity" ou encore "What is Life".

À l’occasion de cet anniversaire, nous revenons sur la réalisation de l’album sur lequel Harrison est accompagné par les meilleurs musiciens de l’époque.

 

All Things Must Pass sort le 27 novembre 1970 et est déjà le troisième album solo de George Harrison. En effet, Harrison avait déjà publié deux albums précédemment : Wonderwall Music (1968) et Electronic Sound (1969)

De nombreux morceaux initialement prévus pour les Beatles

Il est cependant le premier album de George Harrison à comporter des chansons (les deux précédents étaient purement instrumentaux). L’album sort à peine quelques mois après l’annonce officielle de la séparation des Beatles, datant d’avril 1970.

Sur All Things Must Pass, Harrison va enfin pouvoir sortir un certain nombre de titres qu’il avait initialement prévu pour les Beatles mais qui n’avaient alors jamais été publiées.

Le nombre de morceaux était tellement important qu’All Things Must Pass prend ainsi la forme d’un triple LP.

Triple LP présenté dans un coffret plutôt luxueux comportant un poster géant de George Harrison ainsi qu’un très beau livret comprenant toutes les paroles de l’album. Heureusement pour le portefeuille des fans, ce triple album sera disponible, à l’époque, au prix d’un double.

My Sweet Lord

Le plus célèbre extrait de l’album est incontestablement "My Sweet Lord". Il deviendra le premier single d’un ex-Beatles à se classer numéro 1 dans les charts britannique après la dissolution du groupe.

"My Sweet Lord" se classera même à deux reprises à la première place des charts britannique : à sa sortie ainsi que lors de sa réédition en 2002 suite au décès de George Harrison. Le titre est également connu pour la célèbre histoire de plagiat qui l’entoure.

Le groupe des 60’s The Chiffons poursuivra Harrison l’accusant d’avoir "plagié" son titre "He’s So Fine" (succès de l’année 63). Suivra un procès qui s’étalera sur plus de dix ans !

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Les 50 ans d'All Things Must Pass de George Harrison © Dove - Getty Images

Les sessions d’enregistrements d’All Things Must Pass débutent le 26 mai 1970 aux mythiques studios Abbey Road de Londres et s’étalent jusqu’au mois de septembre 1970 (le mixage et les derniers enregistrements ont été réalisés au Trident Studios de Londres).

L’album est produit par George Harrison et Phil Spector, il est enregistré par Phil McDonald et Ken Scott, ce dernier qui avait déjà enregistré l’album Abbey Road des Beatles et qui deviendra plus tard le célèbre producteur de Supertramp ou encore de David Bowie.

Une chorale "virtuelle"

Fait amusant de l’album : George Harrison assure bien entendu le chant sur chaque titre mais il est également en charge de la plupart des chœurs. Il multiplie sa propre voix pour en faire une chorale "virtuelle qu’il surnomme "The George O’Hara-Smith Singers".

Wah Wah et la fin des Beatles

"Wah Wah" est un morceau que George Harrison écrira le 10 janvier 1969, soit le jour où ce dernier quittera les Beatles en pleine session d’enregistrement de l’album Let It Be, fatigué des tensions internes au sein du groupe.

George Harrison se souviendra bien plus tard :

"Ils étaient en train de nous filmer en train de nous disputer en studio. Et je me suis dit ‘ça sert à quoi tout ça ?’. Je suis capable d’être heureux sans eux et je ne suis vraiment plus bien dans ce genre de situation. Je m’en vais. Tout le monde pensait comme ça. Ringo avait quitté le groupe à un moment. Je sais que John souhaitait en faire de même. C’était une époque très très difficile, stressante. Et le fait d’être filmé n’arrangeait pas les choses. Donc je me suis levé et je suis parti. J’ai pris ma guitare et je suis rentré chez moi. Et durant l’après-midi j’ai écrit ‘Wah Wah’."

Les meilleurs musiciens en studio, dont le jeune Phil Collins !

All Things Must Pass bénéficiera d’une superbe sélection de musiciens.

Parmi ceux-ci on retrouvera notamment Eric Clapton (qui ne sera pas crédité à l’époque pour des raisons de problèmes avec la maison de disques), Dave Mason de Traffic, Klaus Voorman à la basse (ami de longue date des Beatles, bassiste de Lennon), Carl Radle également à la basse (issu de Derek & the Dominos), Gary Wright aux claviers (Spooky Tooth), Gary Brooker aux claviers également (Procol Harum) mais aussi le fidèle Billy Preston au piano/claviers, les membres de Badfinger ou encore Ringo Starr, Jim Gordon et Alan White (futur Yes) à la batterie.

A noter aussi la présence d’un jeune percussionniste de 19 ans alors pratiquement inconnu sur le titre "The Art Of Dying" : Phil Collins (qui n’a pas encore rejoint Genesis à l’époque) …

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Les 50 ans d'All Things Must Pass de George Harrison © Ian Showell - Getty Images

All Things Must Pass et l’influence de The Band

Comme plusieurs titres de l’album, All Things Must Pass fait référence à ce changement de vie pour George. La fin des Beatles, le début d’une nouvelle carrière solo.

Harrison est aussi, à cette époque, tout comme son ami Eric Clapton, extrêmement influencé par le groupe The Band et notamment par un de ses chefs-d’œuvre l’album Music From Big Pinsorti en 1968.

The Band qui pour rappel avait été entre 1965 et 1967, le groupe d’accompagnement de Dylan à une de ses plus grandes époques. The Band dans lequel on retrouvait notamment l’excellent guitariste Robbie Robertson.

Cette influence de The Band est palpable sur l’ensemble de l’album et principalement sur ce titre "All Things Must Pass".

On se souviendra également de la très touchante reprise de ce titre par Paul McCartney en 2002 lors du "Concert for George". Un grand concert hommage à la mémoire de George Harrison (disparu pour rappel le 29 novembre 2001), cet événement s’était tenu le 29 novembre 2002 au Royal Albert Hall de Londres et est aujourd’hui disponible en CD, DVD et Blu-Ray.

Cosignature avec Dylan et clin d’œil à John Lennon

All Things Must Pass s’ouvre sur le titre "I’d Have You Anytime", une composition cosignée par Harrison et son ami Bob Dylan.

Bob Dylan qui sera l’une des têtes d’affiche du "Concert For Bangladesh" organisé par Harrison le 1er août 1971.

All Things Must Pass comprend aussi le titre "If Not For You" composé par Bob Dylan.

A noter également la présence du titre "It’s Johnny Birthday", clin d’œil de George et Ringo à leur ami John Lennon, titre qui sera d’ailleurs présenté lors du 30e anniversaire de Lennon le 9 octobre 1970.

Isn’t it a Pity ?

Un titre dont Harrison avait enregistré une première démo pour les Beatles en 1966. Il l’avait ensuite proposé à nouveau en janvier 1969 mais le morceau avait été finalement écarté.

Fait amusant, face au refus initial des Beatles de l’enregistrer en 1966, Harrison avait tout un temps envisagé de le proposer à Frank Sinatra. Ce qu’il ne fera pas finalement…

D’après la légende, Maurice Gibb des Bee Gees aurait joué du piano sur une des versions enregistrées pour l’album All Thing Must Pass. Seulement, on ne sait pas si c’est bien Gibb qui joue sur la version définitive de l’album… Tout ce qu’on peut dire c’est que Gibb était dans l’entourage d’Harrison à cette époque…

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