Les 40 ans de Faith des Cure

Il y a 40 ans, The Cure sortait le second volume de ce que l’on considère aujourd’hui comme sa trilogie "Cold-Wave": Faith. Après un Seventeen Seconds qui laissait peu de place à l’espoir, Faith continue cette descente dans les abysses avec cette beauté sombre et désespérée dont Robert Smith a le secret.

Plongée dans les âbimes

© Tous droits réservés

Faith succède à Seventeen Seconds (1980), The Cure continue ici à définir le courant qualifié de Cold-Wave. Un courant qui puise le côté "théâtral" de glam rock des années 70 (Bowie, Lou Reed, Alice Cooper) en y ajoutant des textes plaintifs et une structure plus répétitives et plus lourde.

Aux côtés des Cure, on retrouve l'autre grand nom de la Cold Wave: Joy Division (le groupe d’Ian Curtis, retrouvé pendu en 1980 après 3 ans de carrière musicale), qui en l’espace de deux albums (Unknow Pleasure – 1979 et Closer – 1980), définit le genre.

Il est certain que l’album Seventeen Seconds est un des albums majeurs de ce courant parallèle à la new wave du début des années 80.

A propos de celui-ci, Robert Smith précise:

Seventeen Seconds a été produit de manière très particulière, et ne sonnait comme rien d’autre à l’époque. Je le voulais inspiré par Nick Drake, avec le son clair et fini du Low de Bowie

►►► À lire aussi : The Cure : 5 titres essentiels

Sorti juste un an après la sortie de Seventeen Seconds, l’album Faith, propose, à l’image de sa pochette d’un gris laissant peu de place à l’espoir, des sonorités sombres, lugubres, nuageuses. Là ou Seventeen Seconds nous laissait encore une lueur d’espoir, de couleur, Faith nous dépeint un état de dépression et de morosité extrême. Le troisième album des Cure nous fait toucher le fond.

Robert Smith

Avant d’enregistrer Faith, nous pensions à ce qu’il devait être, quelque chose plein d’espoir, quelque chose de plus optimiste. Mais pendant le processus d’enregistrement les choses ont changé, l’atmosphère… A ce moment-là nous nous sommes laissés aller à un état de désespoir, de découragement, et tout ce que nous ressentions de mauvais en nous est ressorti.

Faith est considéré par beaucoup comme le titre ultime du groupe, le plus représentatif de ses débuts, de la période "dépressive". La phrase qui referme le titre et l’album pèse lourd…

There is nothing left but faith (il ne nous reste plus que la foi…)

Primary: pas de guitare mais deux basses...

© Tous droits réservés

L’album Faith ne comporte qu’un suel single, "Primary". La vision des Cure est alors de limiter l’impact de singles potentiel sur l’album de façon à ce que celui-ci soit perçu comme une suite continue composé de titres indissociables les uns des autres.

Sur "Primary", qui par son rythme plus rapide, laisse une petite lueur d’espoir, on retrouve non pas une mais deux basses. En effet ici le bassiste Simon Gallup est accompagné par Robert Smith. Cette basse 6 cordes jouée par Robert Smith renforce le groove du morceau. Aucune guitare n’est utilisée pour l’enregistrement.

►►► À lire aussi : Jimmy Page et Robert Plant reprennent The Cure sur scène

Succès commercial modeste mais album culte

Un an après la sortie de Faith, en 1982, The Cure referme sa trilogie avec l’album Pornography. Cette trilogie, si elle ne connaît pas un succès commercial important est devenue aujourd’hui l’un des meilleurs exemples du son "Cold Wave" et est considérée pour la formation, comme l’un de ses sommets artistiques. Un peu  à l'instar de Trilogie Berlinoise de David Bowie, grande source d’inspiration pour Robert Smith.

Suite à ces trois albums froids et sombres, Smith ouvrira les portes du succès à la formation en allégeant quelque peu ses sonorités et en lorgnant un vers la pop avec notamment le fameux "Let’s Go to Bed" ou encore "The Love Cats".

Mais, aux côtés de l’œuvre de Joy Division et de formation comme Bauhaus, Faith est le digne représentant de ce courant musical, certes d’une noirceur assumée, mais d’une beauté profonde.