Le télétravail persistera-t-il sur le long terme, c'est-à-dire au-delà de cette épidémie ?

chronique economique
chronique economique - © Tous droits réservés

Le télétravail s’est imposé partout aujourd’hui, en tout cas pour les entreprises qui peuvent se le permettre. Mais la question, après un mois de confinement, est : est-ce que le télétravail est là pour durer à long terme ?

Personne, à l’heure actuelle, ne peut jurer que ce sera le cas. A priori, certains experts plaident pour que les entreprises, qui peuvent recourir au télétravail, ne figurent pas parmi les premiers secteurs à sortir du dé-confinement. C’est une réponse liée à l’épidémie actuelle, mais qu’en est-il à plus long terme ?

Pour y voir plus clair, un professeur de stratégie, à HEC, Paris propose de regarder l’histoire de Ctrip, une sorte d’Expedia chinois. Cette entreprise a tiré au sort 500 volontaires pour passer ou non au télétravail. L’expérience est intéressante car nous avons là un groupe de personnes de contrôle pour mesurer les effets du télétravail. Résultat ? Neuf mois plus tard, c’est ultra-positif : les gains de productivité sont au rendez-vous (+ 13%) car les collaborateurs passent moins de temps à discuter entre eux. L’entreprise s’y retrouver en termes de gain d’espaces de bureau, là aussi on parle d’un gain de 20 à 30%. De plus, la satisfaction des collaborateurs est boostée et le turnover est plus faible. Bref, il n’y a que des aspects positifs !

La conclusion devrait donc s’imposer d’elle-même : vive le télétravail ! Mais ce n’est pas aussi simple que cela… Il faut éviter de généraliser, car là, on parle de tâches individuelles, on ne sait pas ce qu’il en serait si les tâches étaient très interdépendantes. Ensuite, ce qu’on a remarqué, c’est que les collaborateurs sont plus productifs, mais qu’ils ne sont pas récompensés en termes de promotion interne. C’est hélas le vieux principe du "loin des yeux, loin du cœur". Finalement, après 9 mois, une bonne moitié des collaborateurs veulent revenir car leurs copains de travail leur manquent tout simplement.

Comme le rappelle ce professeur de stratégie, la vraie leçon de tout cela, c’est que l’autre moitié des collaborateurs qui, elle, a décidé de rester à la maison et donc à faire du télétravail, cette moitié a vu sa productivité augmenter encore plus (+ 22%). Donc, oui, la conclusion s’impose d’elle-même : le télétravail c’est l’idéal, mais à condition que ce soit le choix du collaborateur et non pas une décision imposée.