Le nouvel album des Pixies

Après avoir sorti le septième album "Beneath The Eyrie" en septembre dernier, les Pixies arrivent maintenant avec une collection de démos enregistrées avant l’album.

"Beneath The Eyrie Demos: Part 1" est disponible en streaming depuis ce 20 janvier, avec trois titres: "The Good Works Of Cyrus", "Please Don’t Go" et "Chapel Hill".

Aucun de ces morceaux, tous écrits par Charles ‘Black Francis’ Thompson, n’avaient été conservés pour la version finale de l’album "Beneath The Eyrie".

Les Pixies passeront cette année par le festival Rock Werchter, le jeudi 2 juillet.

Le 7e album du groupe est donc sorti en septembre dernier.

"J'avais en tête un album assez gothique, au sens littéraire": Black Francis, plume surréaliste et voix rageuse des Pixies depuis plus de trente ans, en profite aussi pour renouer avec le son rock originel du groupe américain sur l'exaltant "Beneath the Eyrie". Avec ses contes "Edgar Allan Poétiques", ce septième opus, qui sort vendredi, confirme le renouveau de la bande de Charles Michael Kittridge Thompson IV, de son vrai nom, depuis l'éviction de la bassiste Kim Deal, à la fin de l'année 2013.

Paz Lenchantin, dont le timbre de voix similaire sert désormais de contrechant aux "hauts de hurlements" de Black Francis, lui a succédé sur "Head Carrier" (2016). Et si les fans des chefs d'œuvres "Surfer Rosa" et "Doolittle" ont pu être frustrés par ce retour légèrement brouillon, ce ne devrait pas être le cas cette fois. "Nous avions envie de mêler guitares acoustiques et guitares rythmiques, comme on le faisait lors de nos premiers concerts", affirme Black Francis.

C'est dans une ancienne église de la bourgade de Hurley dans l'État de New York, bâtie en 1896 et transformée en studio en 1986 (une maligne inversion de chiffre a ainsi suffi à ce que la maison de Dieu se fasse l'écho de la musique du diable), que le quatuor a œuvré. "Il y avait des vibrations particulières provenant des grands vitraux, où la lumière extérieure passait. Ça conférait une drôle d'atmosphère. On ressentait les éléments naturels", raconte le guitariste Joey Santiago.

S'il concède que ce cadre sylvestre, en plein hiver, a certainement accentué la thématique gothique, Black Francis reste peu enclin à évoquer le sens de ses textes. "Une chanson repose toujours sur la même inconnue : peut-être que ce sera une histoire, peut-être pas. Mais elle commence avec un mot. Puis un deuxième vient, puis dix, vingt. On entre alors dans la phase du 'montage', comme au cinéma", dit-il.

 

Douleur enfouie


Et celui qui hurle "I am un chien andalusia", en référence au film de Luis Buñuel sur "Debaser", de poursuivre : "On cherche ensuite un mot qui rime, pour compléter la scène qu'on est en train de monter. Parfois une rime qu'on aime ne s'intègre pas, parfois elle est bonne et change complètement le film. Mais peu importe, si ce film est bon ! S'il est compréhensible tant mieux, sinon ce n'est pas grave".

Les personnages étranges de "Beneath the Eyrie" pourraient avoir leur place dans les fameuses "histoires extraordinaires" de Poe, qui a en commun avec Black Francis l'origine bostonienne. Une sorcière amoureuse ("On Graveyard Hill"), un ivrogne accroc à la mandragore ("This is my Fate"), une femme-phoque ("Saint-Nazaire"), une autre venue à bout d'un poisson-chat géant ("Catfish Kate").

Sans oublier le cavalier fantôme de "Bird of Prey", évoquant Ichabod Crane, le personnage sans tête qui hante la légende de "Sleepy Hollow", immortalisée au cinéma par Tim Burton. Dans ce morceau se trouve une douleur enfouie, il suffit de l'écouter: "You've stolen my tomorrow/So I come for it today/You stole it when you stole my yesterday" ("Tu m'as volé mon lendemain/ Alors je viens le récupérer/ Tu l'as volé quand tu as volé mon hier"). "Quand on écrit des chansons, parfois s'y révèlent des choses personnelles sans qu'on en soit conscient. Ce n'est qu'une fois finie, que tu t'en rends compte", abonde l'auteur de 54 ans, marqué par un récent divorce. "La force d'une chanson c'est son universalité, sa capacité à toucher les gens. Il y a un équilibre à trouver entre le personnel et l'universel. Neil Young y parvient admirablement", poursuit-il.

C'est sur un oxymore, "Death Horizon" que s'achève le disque, renvoyant au destin même des Pixies qu'il a dissous en 1993. "C'est arrivé comme ça. Je ne savais pas qu'on se réunirait un jour. Mon signe astrologique chinois est le serpent. Le serpent vit à plat ventre sur le sol, il avance ainsi. Il ne regarde ni devant, ni derrière. Il entend un bruit louche, il s'enfuit. Si ce bruit est trop près, il mord. Puisque telle est d'une certaine façon ma nature, il m'est difficile de revenir sur le passé et de considérer le futur".

Un deuxième single du futur album, "Catfish Kate", avait déjà été dévoilé.

Début juin, le groupe a officiellement annoncé la sortie de ce septième album studio.

Le groupe qui sortait "Head carrier" en 2016 arrivera le 13 septembre avec ce disque, sorti sur leur nouveau label, Infectious/BMG.

Les douze titres ont été enregistrés en décembre aux studios Dreamland Recordings à côté de Woodstock, à New-York. Tom Dalgety, qui avait aussi travaillé sur le précédent, produit cet album.

Dans un communiqué, ce nouveau venu est décrit comme "un lieu de rencontre où les contes de sorcières, de Daniel Boone, de farfelus et d’autres personnages sont en osmose avec la bizarrerie inhérente du groupe."

Début juin, un premier titre était dévoilé : "On Graveyard Hill"

Créé par Neirin Best et Lianne Pierce du Crank! Collective, qui avaient déjà réalisé le clip de Tenement Song” en 2016, le clip montre une femme blonde qui voyage parmi les montagnes, essayant d’attraper un poisson-chat dans une rivière pour son repas. Mais surgit alors de l’eau une énorme créature qui l’emmène vers un autre monde. " Où est mon ange tombé au fond de la rivière et va-t-elle s’en sortir? " chante Black Francis.

L’album sort dans divers formats – dont un box Deluxe : en version vinyle noire, en édition CD avec pochette en dur, en cassette, en téléchargement digital, en vinyle coloré,… 

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