Le coronavirus, c'est une peur légitime, mais c'est aussi un défi pour les employeurs

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Que peut-on faire ou ne pas faire ? Que peut-on dire ou ne pas dire ? Comment assurer l’absolue sécurité des collaborateurs sans désorganiser totalement l’entreprise ?

Le monde de l’entreprise s’organise chaque jour qui passe, de manière à absorber une éventuelle désorganisation du fonctionnement de l’entreprise. Il faut dire que ce n’est pas simple car la situation est inédite et les collaborateurs sont soumis à un déluge d’informations comme jamais vu auparavant. Les médias étant connectés en permanence sur cette épidémie.

Parfois c’est aussi le chaos informationnel. D’ailleurs, la meilleure preuve de ce désarroi c’est que les cabinets d’avocats sont assaillis de questions de la part des employeurs. Mes confrères du journal économique L’Echo ont relevé des tas de questions qui vont du "peut-on forcer les collaborateurs à rester à la maison pour faire du télétravail ?" à "peut-on les obliger à prendre des jours de congé pour se mettre en quarantaine ?" ou "peut-on exposer le nom du travailleur contaminé par le virus ?", "peut-on forcer les travailleurs à dire où ils ont passé leurs vacances ?" en passant par un patron qui voulait savoir s’il pouvait prendre la température de ses travailleurs avant une journée de travail.

Bien entendu, il n’y a pas que des questions de droit social, il y a aussi des questions liées au droit commercial, du genre peut-on invoquer la force majeure pour rompre un contrat ou pas ? Les traiteurs et autres acteurs du secteur événementiel sont en plein dans ces questions. Et dans certains cas, il y va de leur survie économique.

Mais le rôle le plus important à jouer, c’est celui occupé par les responsables des ressources humaines, leur rôle est primordial : que peut-on dire ou pas ? Et c’est important de communiquer car les réseaux sociaux brassent énormément de fausses informations ! Il faut absolument se méfier ce que l’OMS appelle l’infodémie : bref, toutes ces "fake news" qui circulent sur les messageries instantanées.

Le patron de PME ou le responsable de la communication ou son DRH doivent communiquer ! Non pas pour ajouter de la peur à la peur, mais pour dédramatiser justement et surtout mettre en perspective les mesures prises par l’entreprise et en invitant chaque collaborateur à être vigilant. C’est ce que je disais ici même la semaine dernière "être alerte mais pas alarmé".

Le défi historique aujourd’hui des entreprises, c’est de garder à l’esprit la santé des collaborateurs. C’est évidemment l’absolue priorité, mais en essayant de ne pas désorganiser l’entreprise qui tôt ou tard reprendra ses activités de manière normale. Bref, pour le moment, le rôle des patrons et autres managers, c’est de couper court aux fausses informations qui pourraient déstabiliser l’entreprise, et prendre les mesures qu’il faut pour assurer un fonctionnement optimal. C’est par exemple ce que vient de faire la banque Belfius en divisant à partir de lundi prochain ses équipes en deux parts égales, qui travailleront jusqu’à nouvel ordre alternativement au siège et à leur domicile. Autrement dit, 2000 employés travailleront au siège social pendant que 2000 autres feront du télétravail, et puis la semaine suivante, ce sera l’inverse. Pendant le week-end, la direction de Belfius s’assurera du nettoyage approfondi des bureaux.

Vous le voyez, les entreprises bougent et donnent l’exemple pour ce qu’il faut bien considérer comme une situation totalement inédite. C’est une belle preuve de maturité de nos sociétés et cela, c’est plutôt rassurant pour l’avenir.

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