Ladies in Rock : Joan Baez, l'héritage Folk

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Figure emblématique de la lutte pour les droits humains, Joan Baez s’est servie de sa voix et de sa guitare comme d’une arme. Elle a révélé au grand public Bob Dylan et s’est impliqué toute sa vie dans de grandes causes ; ségrégation raciale, mouvements féministes, lutte contre la guerre du Vietnam, contre l’apartheid… Arrêt sur image sur celle que l’on surnomme 'La Vierge Marie Folk', la chanteuse aux trente-cinq albums enregistrés en 50 ans de carrière.

Retrouvez la suite ce vendredi soir entre 21 et 22 heures sur Classic 21, en ROD sur Classic 21.be et Auvio ainsi que dans le Télépro de cette semaine.

Joan Baez passe son enfance en Californie du Sud. Née en 1941 d’un père Mexicain et d’une mère Irlandaise, elle est très vite confrontée au racisme. Pour faire face à la discrimination, Joan apprend à jouer du ukulélé et se met à chanter. A l’adolescence, la lecture du livre d’Anne Franck lui ouvre les yeux sur le monde et l’injustice qu’il recèle, Joan devient définitivement engagée. Et puis il y a aussi le premier homme de sa vie ; son père. Albert, un physicien qui avait refusé de participer au Projet Manhattan pour le développement de la bombe atomique et qui a ensuite travaillé pour l’Unesco sur des programmes d’éducation. Un modèle pour une vie.

Pendant les années 60, Joan Baez devient leader de la scène folk, alors en plein renouveau. Elle enregistre plusieurs albums qui deviennent rapidement disques d’or et joue dans de nombreux festivals.

En 1963 elle se tient aux côtés de Martin Luther King lors de son célèbre discours ''I have a dream''. Elle entonne face à 250.000 personnes ''We Shall Overcome'', titre emblématique pour les droits civiques qu’elle reprendra d’ailleurs à la Maison Blanche en 2010 devant Barack Obama. En 2017, Donald Trump lui-même a droit à sa chanson écrite par la plume vitriolée de Joan.

Très engagée à gauche depuis toujours, Joan Baez va faire de sa vie un véritable combat pour les droits humains. Elle est à Hanoï en 1972 sous les bombes des B52 américains, elle chante ''No Pasaran'' à la télé espagnole franquiste, elle donne un concert en pleine dictature chilienne ; elle accompagnera Solidarnosc à Gdansk en 1980 et Vaclav Havel à Bratislava en 1989, elle affirme frontalement son désaccord contre Bush et sa guerre en Irak. Enceinte jusqu’aux yeux, elle chante à Woodstock et fait même quelques jours en prison pour les idées qu’elle défend.

C’est elle qui va imposer au monde Bob Dylan. Robert Allen Zimmerman est alors un illustre inconnu, Joan Baez est déjà une star. Ils se croisent en 1963 dans le Greenwich Village, l’épicentre de la contestation beatnik. Joan et Bob tombent amoureux, Joan le prend sous son aile et l’emmène en tournée. Sans elle, Dylan n’aurait jamais connu le succès auprès d’un large public.

Malheureusement le succès foudroyant de Dylan, enivré par la réussite, change la donne, Joan est relégué au second plan. De plus leurs idéaux politiques divergent, ce qui mènera à leur séparation mais aussi à de superbes albums. En effet les deux artistes s’écriront par albums interposés pendant toute leur carrière. Le superbe ''Diamonds and Rust'' (Les Diamants et la Rouille) de Joan Baez paru en 1975 en atteste.

Joan rencontre David Harris un militant pacifiste avec qui elle aura un fils, Gabriel. Ils divorcent en 1973.

Elle n’a jamais cessé de militer, de jouer et de sortir des albums.

Cet été elle a donné son dernier concert lors d’une grande tournée d’adieu. A 78 ans, accompagnée d’une guitare acoustique, elle a entonné ses plus grands succès mais aussi pas mal de reprises de Bob Dylan (toujours lui), Tom Waits, John Lennon, Leonard Cohen, ou encore Paul Simon. Son dernier album "Whistle Down The Wind" était un disque de reprises.

Personne n’a jamais aussi bien incarné le sens premier du mot " folk " qui signifie peuple. "Tu peux tuer le rêveur, mais tu ne peux pas tuer le rêve." Voici l’héritage que nous laisse la vestale des droits de l’homme, la formidable Joan Baez.

Delphine Ysaye vous présente un portrait de ces icônes féminines qui ont marqué le monde du rock le vendredi de 21h à 22h. De Patti Smith à Debbie Harry, en passant par Janis Joplin, toutes ces femmes ont laissé une trace indélébile dans l’histoire de la musique que Delphine Ysaye met en lumière durant cette saison.

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