Ladies in Rock : Dusty Springfield, reine de la Soul blanche

ladies in rock
2 images
ladies in rock - © Tous droits réservés

Connue par le grand public pour le titre ''Son of a Preacher Man'', figurant sur la bande originale du film ''Pulp Fiction'' en 1994 de Quentin Tarantino, Dusty est surtout une immense star en Grande-Bretagne. Sa voix très soul lui vaut le surnom de "Négresse blanche". Une apparence glamour, des yeux outrageusement fardés, des robes de soirée moulantes, une blondeur platine et une bisexualité avouée, retour sur cette incroyable artiste.
 

Retrouvez la suite ce vendredi soir entre 21 et 22 heures sur Classic 21, en ROD sur Classic 21.be et Auvio ainsi que dans le Télépro de cette semaine.

Mary O’Brien de son vrai nom est née dans un quartier pauvre de Londres en 1939, son père l’encourage très tôt à faire de la musique, elle enregistre sa première chanson à 11 ans. A l’époque on la considère comme un garçon manqué et elle gagne son surnom de Dusty qui signifie poussiéreux.

Elle commence sa carrière en 1958 avec le trio des Lana Sisters, avant de connaître le succès avec le groupe The Springfields qu’elle monte avec son frère Dion. Après quelques tubes et deux albums, des tensions conduisent à la séparation et Dusty se lance en 1963 dans une carrière solo avec un premier 45 tours en 1963 ''I Only Want To Be With You'' qui est un énorme succès. Si sa carrière est prodigieuse dans les années 60 c’est aussi grâce au choix de compositeurs prestigieux : Burt Bacharach, Carole King ou Randy Newman lui permettent d’enchaîner les tubes.

S’il ne fallait retenir qu’un album c’est celui-ci : ''Dusty in Memphis'', sorti en 1969. Il marque sa consécration artistique, un monument de la soul blanche avec des titres comme ''Just a Little Lovin'', ''Breakfast in Bed'', et l’immense ''Son of a Preacher Man''. A la base ce titre est écrit est pour Aretha Franklin. Après l’immense succès de la version de Dusty, Nancy Sinatra, Janis Joplin, Liza Minnelli, Dolly Parton et Aretha Franklin s’en empareront successivement. Mais, si le disque, à sa sortie, est couvert de louanges, le succès, lui, n’est plus au rendez-vous. La pop s’est muée en rock psychédélique, heavy ou progressif.

De plus nous sommes face une double personnalité : Mary est timide, complexée et élevée dans la foi catholique, et Dusty Springfield est exubérante, extravagante, et d’un perfectionnisme pathologique. Si elle est abonnée aux hits et aux shows télé, dans les coulisses elle est asociale, colérique, décalée. Avant de monter sur scène elle a pour habitude de briser des montagnes de vaisselle dans sa loge et prend goût à l’alcool. Et Dusty parle librement de sa bisexualité. Une vraie punk. Pour échapper aux critiques elle part vivre aux États-Unis.

Les années 70 seront synonymes de longue traversée du désert. Elle n’a plus goût à la musique, elle s’empêtre dans un quotidien rythmé par les médicaments et l’alcool. Cependant Neil Tennant et Chris Lowe des Pet Shop Boys, fans de l’artiste, invitent Dusty en 1987 à chanter sur leur single ''What Have I Done to Deserve This ?''. Le titre est un tube et sa carrière relancée.

En 1995, elle sort son tout dernier album ''A very fine love''. La même année, la chanteuse est soignée pour cancer du sein. Alors qu’il semblait être en rémission, il l’emporte finalement le 2 mars 1999. De façon tout à fait exceptionnelle et hors protocole, la Reine Elizabeth s’est déclarée attristée par sa mort. Dusty Springfield est considérée comme l’une des chanteuses majeures du XXe siècle. Sa voix sensuelle et chaude fera dire à Elton John que c’est la plus grande chanteuse blanche de tous les temps.

Delphine Ysaye vous présente un portrait de ces icônes féminines qui ont marqué le monde du rock le vendredi de 21h à 22h. De Patti Smith à Debbie Harry, en passant par Janis Joplin, toutes ces femmes ont laissé une trace indélébile dans l’histoire de la musique que Delphine Ysaye mettra en lumière durant cette saison.

En partenariat avec

Newsletter Classic 21

Recevez chaque jeudi matin un aperçu de la programmation à venir.

OK