La grosse fatigue du Covid-19 et la brioche de Marie-Antoinette

La mort… Cet horrible mot ne concerne pas que les êtres humains en ce moment, c’est également le lot des entreprises.

Chez nos voisins français, une PME sur deux envisage de mourir, purement et simplement, en cas de reconfinement. En effet, 49% des chefs d’entreprises sondés estiment que leur boîte est incapable de supporter un troisième confinement. En Belgique, la FEB (Fédération des Entreprises de Belgique) arrive aussi à la conclusion que 20% de nos entreprises sont en danger de mort. Et en bonne logique la FEB demande au gouvernement de mettre un plan de solvabilité en place pour éviter dit-elle "un tsunami de faillites".

C’est l’un des nombreux périls auxquels sont confrontés la plupart des gouvernements en Europe : vacciner plus vite que la progression de l’épidémie. Cette course contre la montre est économique, je viens d’en parler, mais elle est aussi sociale. Car, comme le font remarquer certains observateurs, les confinements se suivent, mais les consentements des populations ne se ressemblent pas… Si pour le premier confinement, la population a joué le jeu car la maladie était inconnue et que nous étions tous en état de sidération, le deuxième confinement a plus été subi et faisait une large part à la résignation, mais que dire alors d’un éventuel troisième confinement ?

Là, le danger pour les gouvernements, c’est que la sidération (ou la résignation) cède la place à l’insoumission et au ressentiment à l’égard des politiques, notamment du côté de la jeunesse. Car il faut l’avouer, et aucun politique ne le dira aussi crûment face à une caméra, mais nous sommes entrés dans une sorte d’arbitrage collectif entre "vies prolongées contre vies gâchées". Bref, sauver des personnes âgées ou désespérer la jeunesse !

Pour l’heure, ce choix collectif est heureusement assumé mais il commence à craquer ici ou là. Regardons les Pays-Bas, voilà un pays connu pour le civisme de sa population. Or, que constate-t-on depuis plusieurs jours ? Il y a des émeutes dans plusieurs villes du pays qui sont autant de signes d’épuisement d’une jeunesse qui n’a pourtant pas connu de confinement.

Le danger d’une révolte sociale fait peur aux politiques de tous les pays européens car l’émeute est contagieuse, notamment via les réseaux sociaux de type Facebook, Snapchat et autre Tik Tok. La question qui se pose aujourd’hui à nos dirigeants, est à partir de quand une fatigue sociale et morale se transforme en révolte ?

Pendant ce temps, la Bourse reste sourde à la colère du peuple et continue de progresser. Exactement comme Marie-Antoinette qui lorsqu’une foule de pauvres affamés marchait sur Versailles aurait dit, "mais s’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche".

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