La " banque de papa " se meurt sous nos yeux…

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L’une des informations les plus importantes de la semaine dernière a été la confirmation que la « banque de papa » se meurt pour reprendre le titre d’un article du magazine économique Trends-Tendances.

Elle se meurt car si la banque était l’un des secteurs qui engageait le plus, ce n’est plus le cas aujourd’hui. La meilleure preuve, c’est qu’en 20 ans, l’industrie bancaire a perdu 20.000 emplois en Belgique.

Quand j’ai démarré mon métier d’homme des médias, c’était l’un de secteurs les plus stables qui offrait une carrière linéaire. On disait souvent sous forme de boutade que pour perdre son job à la banque, il fallait tuer son père ou sa mère. Tout cela est fini maintenant.

Rien qu’au cours des 3 dernières années, la banque ING a supprimé 3000 postes, l’assureur AXA a payé ses employés seniors pour rester chez eux, et depuis quelques jours, on sait aussi que BNP Paribas Fortis va supprimer 2200 emplois sur 3 ans et réduire son réseau d’agences de 40%.

Fort heureusement, cette décision se fait sans licenciements secs, mais par le non-remplacement de départs naturels, ce qui explique le calme relatif des syndicats. Mais si la banque de papa se meurt, c’est aussi parce que nous le voulons bien, tous collectivement, de par nos nouveaux modes de consommation.

Max Jadot, le patron de BNP Paribas Fortis a d’ailleurs posé la question à mes confrères du journal L’Echo : combien de fois par an, allons-nous en agence : une fois, deux fois ? Lui reconnaît qu’il n’y a été qu’une seule fois pour changer son code de sa carte bancaire.

La « banque de papa » est en train de mourir lentement mais sûrement sous nos yeux.

D’ailleurs les chiffres le démontrent : la fréquentation des agences ne fait que baisser : – 14% en 2017 et – 18% en 2018. Vous avez compris, à ce rythme plus personne n’ira encore en agence sauf pour du conseil. En fait, Max Jadot, le patron de BNP Paribas Fortis le reconnaît lui-même, dès que la banque lance un nouveau produit sur une application ou sur le web, son adoption est quasi immédiate. Avant, il fallait attendre des mois, voire des années pour son adoption, aujourd’hui, c’est quasi instantané. Le démarrage est exponentiel chez les particuliers mais aussi chez les entreprises.

Mais, il n’y a pas que les agences qui sont désertées en raison de la digitalisation de nos habitudes. Même les tâches en interne sont digitalisées aujourd’hui. Là encore, le patron de BNP Paribas Fortis explique que beaucoup de tâches manuelles sont en train de disparaître parce qu’elles sont remplacées par des… robots. Il cite l’exemple de la lecture des lettres qui n’est plus faite par des humains mais par des machines qui filtrent et préparent des réponses via l’intelligence artificielle. C’est comme cela, au détour de cette interview accordée à L’Echo qu’on apprend qu’il y a aujourd’hui 160 robots qui travaillent chez BNP Paribas Fortis.

Bref, comme le résume bien Max Jadot, nous ne sommes qu’au début de l’industrialisation des services. Heureusement que le secteur bancaire est en bénéfice et peut se permettre d’agir d’une manière socialement responsable, notamment via l’absence de licenciements secs. Il n’empêche, la « banque de papa » est en train de mourir lentement mais sûrement sous nos yeux.

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