Joni Mitchell va mieux!

Ladies in Rock : Joni Mitchell, l’icône folk
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Ladies in Rock : Joni Mitchell, l’icône folk - © Vivien Killilea - Getty Images for The Music Cente

Joni Mitchell serait de retour musicalement avec de nouveaux titres à venir bientôt, selon son ami et collaborateur James Taylor.

Joni Mitchell avait souffert d’un anévrisme au cerveau en 2015 et avait été retrouvée inconsciente à son domicile. Plus tard dans l’année, on apprenait qu’elle se remettait bien et s’était même remise à peindre. Elle serait à présent prête à se remettre à chanter aussi.

"Nous sommes toujours restés amis et récemment, nous avons même repris une collaboration et c’était merveilleux. Elle est venue en concert avec moi au Hollywood Bowl, ce qu’elle n’avait pas l’habitude de faire. Elle se remet bien et revient, ce qui vraiment merveilleux. On peut dire qu’elle fait un come-back musical, c’est merveilleux de la voir refaire surface," a expliqué James Taylor.

Le dernier album de Joni Mitchell, "Shine" sortait en 2007 et sera réédité en vinyle plus tard dans l’année.

 

En 2017 sortait sa biographie. Joni Mitchell parle de ses ex, de ses addictions, et de musique dans cet ouvrage.

C’est le spécialiste des biographies, David Yaffe, qui signe ce nouveau livre, après ceux consacrés à Bob Dylan, James Taylor, et Leonard Cohen, notamment.

"Reckless Daughter : A Portrait of Joni Mitchell", est la première collaboration que Joni Mitchell ait acceptée. Elle avait toujours refusé d’écrire ses mémoires jusqu’ici, mais elle semble heureuse de l’avoir fait.

On y apprend, par exemple, que James Taylor était "lunatique et soupe au lait… et incapable de maintenir une relation", que David Crosby – un autre de ses ex- était un producteur incompétent pour son premier album. Elle y dévoile aussi que l’enregistrement initial de "Blood on the Tracks" de Bob Dylan avait été "massacré", et que son premier mari, Chuck Mitchell, était coupable de "stupidité académique" (sic).

Et se rappelant d’avoir chanté "Helpless" avec Neil Young et Robbie Robertson, elle raconte qu’ils étaient tous "défoncés et que ça sonnait terriblement faux".

Elle évoque aussi des choses plus personnelles, telles qu’une fausse couche tardive, une altercation avec Miles Davis coké, les abus physiques infligés par le batteur élégant Don Alias, ou encore sa propre addiction à la cocaïne dès 1975 lors de la " Rolling Thunder Revue " de Bob Dylan. A ce sujet, évoquant sa relation avec Sam Shepard pendant la tournée, elle explique " qu’elle le trouvait très séduisant, sous coke ". Elle a aussi démenti les rumeurs d’une tentative de suicide qu’elle aurait faite après sa séparation avec Jackson Browne : " j’étais stupide, mais pas à ce point ".

"Reckless Daughter" dévoile donc tout de la vie de Joni Mitchell.

Delphine Ysaye lui consacrait d’ailleurs un Ladies in Rock plus tôt ce mois-ci :

Compositrice, musicienne, chanteuse, poète, peintre et productrice, Joni Mitchell est l’une des artistes les plus influentes et prolifiques du 20e siècle. Elle est l’une des rares femmes à trôner aux côtés de Léonard Cohen ou Neil Young. Son sens de l’humour et son goût pour la provocation jalonnent son œuvre et ses interviews : ''Quand on me présente comme la Bob Dylan féminine, je trouve cela insultant. Pourquoi ne serait-il pas, lui, le Joni Mitchell masculin ?''.

Originaire du Canada elle n’a jamais accepté de se plier aux contraintes de l’industrie du disque et de la musique populaire. Son parcours musical oscille entre Folk, Pop, Rock et Jazz, une traversée du temps régulièrement enrichie par des collaborations avec les plus prestigieux musiciens de rock et de jazz.

Retrouvez la suite ci-dessous:

Sa vie bascule à l’âge de 9 ans lorsqu’elle contracte la polio. Elle n’aurait probablement plus jamais marché si elle ne s’était pas forcée toute seule avec une volonté de fer à mettre un pied devant l’autre. Elle explique que cette maladie transforme les enfants en combattants. Elle est devenue une adulte avant l’heure parce qu’elle connaissait la souffrance.

Mitchell s’est toujours définie comme une peintre qui chante. Avant la plume et la guitare, le pinceau est son outil de prédilection. Plusieurs pochettes d’albums sont d’ailleurs ornées par ses propres tableaux. Des peintures qu’elle refuse obstinément de vendre. Parce que, dit-elle, l’argent corrompt toujours l’art.

Elle commence la musique dans des bars de Toronto puis s’associe au milieu des années 60 à la scène folk de New York, avant de découvrir de nouveaux horizons dans les années 70, en s’essayant progressivement au rock puis au jazz.

Née Roberta Joan Anderson, Joni devient Mitchell par son mariage éclair avec le chanteur folk Chuck Mitchell en 1965. La même année Joni découvre qu’elle est enceinte d’un ex-petit ami, elle donne en adoption son nouveau-né, une fille. Sur l’album ''Blue'', généralement considéré comme son meilleur album, Joni Mitchell aborde l’abandon douloureux de sa fille à sa naissance. Une fille qu’elle retrouve dans les années 90. Un de ses grands succès est ''Big Yellow Taxi'', l’une des premières chansons qui dénonce la destruction de la planète : ''Ils ont pavé le paradis et l’ont remplacé par un parking''. Elle est également l’auteur du très beau ''Woodstock'', un titre que Crosby, Stills & Nash porte à la postérité. Joni écrit ce texte après le festival par empathie, elle n’avait pu s’y produire et aurait souhaité être là. Et pourtant ce texte est teinté d’ironie et annonce lentement le déclin du Flower Power. Dans les années quatre-vingt, elle développe une critique virulente de la cupidité du milieu musical et s’en écarte sans jamais arrêter de composer. En dix-neuf albums studio, celle qui a joué avec Herbie Hancock et Peter Gabriel, inspiré Prince, Björk et Janet Jackson, a modifié le cours de l’histoire de la musique.

Elle dit que c’était difficile de se faire respecter en tant que femme. Elle a donc décidé d’être meilleure que tout le monde. Et c’est ce qu’elle a fait. Joni Mitchell est intronisé au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens par Herbie Hancock en 2007 mais aussi dans le Rock’n’roll Hall of Fame en 1997. Elle est alors décrite comme l’une des artistes féminines majeures de l’ère du rock. En 2015 une rupture d’anévrisme la conduit en urgence à l’hôpital, depuis elle se déplace en chaise roulante.

A travers son écriture singulière, à la fois poétique, émouvante et cinglante, Joni Mitchell a ouvert la voie à des parcours de musiciennes libres et exigeantes.

Delphine Ysaye vous présente un portrait de ces icônes féminines qui ont marqué le monde du rock le vendredi de 21h à 22h. De Patti Smith à Debbie Harry, en passant par Janis Joplin, toutes ces femmes ont laissé une trace indélébile dans l’histoire de la musique que Delphine Ysaye mettra en lumière durant cette saison.

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