John Lennon : "Working Class Hero"

Working Class Hero est sans doute l’un des morceaux les plus ouvertement politiques de John Lennon. Un texte dans lequel il ne cache pas sa sympathie pour les mouvements de gauche en Angleterre et aux Etats-Unis.

A l’époque, il est notamment proche du poète John Sinclair, fondateur des White Panthers en soutien aux célèbres Black Panthers et manager des MC5, l’un des rares groupes de l’époque à s’impliquer concrètement dans des luttes de terrain, à aller aux manifestations. C’est peut-être ce type de relation qui vaudra à Lennon d’être l’un des rares musiciens de rock, avec Jim Morrison et Rage Against The Machine plus tard, à être surveillé de près par les services secrets américains.

Grand admirateur de Bob Dylan, Lennon nous livre ici un titre particulièrement dépouillé, sans arrangements, très brut, mais d’une efficacité redoutable. Il est fort à parier qu’il n’aurait pas eu le même impact s’il avait été noyé dans les arrangements.

Voici ce que John Lennon dira à propos de "Working Class Hero".

"Je pense que c’est un morceau pour les gens comme moi qui appartiennent à la classe ouvrière – peu importe, supérieure ou inférieure – qui sont supposés être intégré dans les classes moyennes, à travers la machinerie, [le système] c’est tout. C’est mon expérience, et je pense que c’est juste un avertissement pour eux. Je dis que c’est une chanson révolutionnaire ; Pas la chanson en elle même mais que c’est une chanson pour la révolution."

Pour ceux d’entre vous qui ne maîtrisez pas la langue de Shakespeare, voici un petit extrait traduit de ce texte qui résonne encore aujourd’hui :

"Ils te blessent à la maison et te battent à l’école

Ils te détestent si tu es intelligent et te méprisent si tu es idiot

Jusqu’à ce que tu sois si cinglé que tu ne puisses plus suivre leurs règles

C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière…"

A noter aussi ici un discret clin d’œil avec le passage “If You want to be like the folks on the Hill”, référence au titre des Beatles "The Fool On The Hill" écrit par Paul McCartney…

Working Class Hero s’impose rapidement comme l’une des “protest song” les plus inspirantes et les plus reprises de l’histoire du rock.

Marianne Faithfull le reprendra avec sur son album come-back Broken English en 1979. Issue de la noblesse au départ, elle vit au début des années 1970 ce qu’on peut appeler une traversée du désert, qui commence plus ou moins après sa rupture avec Mick Jagger. Elle vit alors deux ans dans les rues du quartier de Soho à Londres, devient hélas dépendante de plusieurs drogues et se fait des amies dans le milieu de la prostitution locale où elle côtoie des personnes littéralement jetées hors de la société, c’est donc avec force et une certaine justesse qu’elle reprend ce titre en lui donnant encore une autre dimension…

Dix ans après Marianne Faithfull, en 1989, c’est au tour de David Bowie, grand ami de Lennon, de reprendre et de réinventer totalement ce titre, Working Class Hero. Le morceau sort sur le premier album de son nouveau et excellent groupe Tin Machine, qui a surpris tout le monde, avec Reeves Gabrels de Cure à la guitare !

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