Jimi Hendrix, sur les traces de la légende du rock – épisode 18

Au mois d’août 1970, Jimi a quelques nouveaux morceaux sous le bras comme " Freedom ", " Dolly Dagger " ou " Earth Blues ". Ces morceaux sont basés sur sa relation tumultueuse avec une de ses petites amies Devon Wilson. Jimi avait des tas de morceaux en tête et quasi jamais terminés. Il y avait des bandes et des enregistrements un peu partout dans différents studios, chez lui ou chez des amis car Jimi n’arrêtait jamais ce qui fera le bonheur de gens mal intentionnés qui après sa mort vont se régaler de toutes ces démos.

Le 26 août 1970 était une date importante pour Jimi Hendrix car il célébrait enfin l’ouverture officielle de son studio new-yorkais The Electric Lady. Plusieurs personnalités viendront célébrer cette ouverture comme Johnny Winter, Fleetwood Mac, Yoko Ono et d’autres, mais l’ambiance n’y était pas, l’atmosphère mauvaise. Les gens sont devenus hystériques, balançant les buffets froids dans toute la pièce, salissant tout le mobilier et quand Jimi est arrivé sur place il a été choqué. Il n’est pas resté longtemps car très déçu de voir ces gens non respectueux abîmer son beau studio, sa chapelle, son rêve depuis si longtemps.

Mais il y avait une autre raison à ce départ précipité car Jimi devait embarquer quelques heures plus tard pour l’Angleterre où il était attendu de pied ferme pour son apparition au festival de l’île de Wight ce qui était aussi sa première visite outre-Manche depuis 18 mois. Il était content de participer au festival de l’île de Wight, d’autant plus content qu’il pensait rentrer à New-York juste après pour enfin travailler dans son tout nouveau studio. C’est en arrivant sur place qu’il apprendra que d’autres dates ont été rajoutées, en Suède, au Danemark et en Allemagne.

En plus Jimi Hendrix était préoccupé et affaibli car ses problèmes de ganglions persistaient de plus et physiquement il était au bout du rouleau. Conséquences de sa manière de vivre entre d’interminables tournées, des jams des nuits entières, des fêtes, des réceptions de presse et beaucoup de sollicitations de journalistes. En fait il vivait comme ça depuis 1962 mais en 1970 il est une star internationale et la pression commence à avoir raison de lui et de son corps. Il est arrivé à Londres le 27 août extrêmement fatigué. Il trouvera encore le moyen d’aller jammer au Speakeasy et le lendemain, le 28, des dizaines de journalistes l’attendent quasi devant la porte de sa chambre.

La vie de star oui, mais voulait-il vraiment l’être ? Il est arrivé en hélicoptère sur l’île de Wight à 20h30 et accueilli entre-autre par Margaret Redding, la maman de Noel Redding. Elle va même recoudre à la hâte la tirette de son costume de scène qui allait lâcher à tout moment. Le timing des festivals est toujours un problème d’autant quand vous êtes tête d’affiche. Jimi est passé aux petites heures du matin, un peu comme à Woodstock, et sur scène sa vision du public était le noir total illuminé de temps à autre par quelques feux d’artifice laissant entrevoir les visages défaits de spectateurs complètement défoncés. Le concert s’est bien déroulé avec Hendrix plus inspiré qu’attendu. Il a remercié le public entre ovation et huées. Un climat très bizarre tout au long du festival.

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