Images et review : Rock Werchter – The Cure ce vendredi 28 juin

Dominique Ragheb nous donne ses impressions sur le festival qui se déroule ce weekend.

The Cure à Werchter, un instantané sur une histoire qui s’écrit depuis 40 ans

Un an après leur flamboyant concert dans Hyde Park à Londres pour fêter leur quarantième anniversaire, The cure était, en ce deuxième jour de cette édition caniculaire de Rock Werchter, la tête d’affiche du festival. Habitué à des prestations marathons durant lesquelles Robert Smith et ses complices n’hésitent pas à puiser aux plus profond de leur répertoire, histoire de souvent surprendre son public, le concert de ce vendredi était particulièrement attendu des fans… et moins fans, tout âge confondu.

En attendant leur show, Weezer avait déjà bien chauffé les festivaliers à l’heure de l’apéro. Sans artifices scéniques, le chanteur et guitariste Rivers Cuomo s’offrant un moment un look " camping " avec un " bob " vissé sur la tête, le groupe a donné un concert bien rock, sans temps mort, balayant 25 ans de carrière.

N’hésitant pas à aller rechercher par exemple un " Good Life " terriblement efficace tiré de leur deuxième album ou un classique " Island in the Sun ", les Californiens ont parfaitement réussi à faire entrer dans leur jeu une grande partie des festivaliers y compris ceux venus en curieux.

Weezer s’est même octroyé le luxe de conquérir les plus jeunes en misant la carte des reprises avec un " Take On Me " de A-Ha en version guitare saturée, un " Africa" de Toto en mode old fashion et un " Happy Together " des Turtles remanié façon indie west coast. Après le concert pop-rock plein de fraîcheur et de confettis rondement mené par les jeunes Anglais de Bring me the Horizon, la Main stage pouvait enfin accueillir cinq ans après leur passage au Sportplaleis : The Cure.

C’est à 21h30 tapante, dans une lumière du crépuscule que l’une des grandes icônes de la new wave ouvre son show par un nerveux " Shake Dog Shake " enchaîné avec un " Just One Kiss " de 1982. Le ton est donné dès les premiers instants, The Cure, même dans le cadre d’un festival, est bien plus qu’une machine à tubes, c’est une discographie complexe avec ses différentes facettes. En fond de scène, les premières images projetées, quatre silhouettes en noir et blanc rappelant la pochette de leur live de 84 nous permettent de plonger rapidement dans cet univers gothique et romantique confectionné avec humilité par Robert Smith.

Le show visuel sera d’ailleurs tout en nuances avec peu d’images animées, les ambiances contrastées par les jeux de lumières étant privilégiés tout au long du concert. The Cure, en ce vendredi, va d’abord plutôt explorer son essence rock quitte à dérouter une partie du public. Le groupe s’amuse à remanier les intros de ses morceaux et les fins en les prolongeant et les faisant claquer comme pour installer une tension presque corporelle, "Fascination Street" devient ainsi encore plus vibrant et… fascinant, " Push " en devient plus lyrique et " A Forest " s’atomise sur son final rageur exécuté par le maestro Simon Gallup en grande forme.

Cette manière de retravailler prouve aussi que The Cure est un groupe où, avant tout, sur scène, ça joue ! Les musiciens sont complices, se parlent, s’observent, plaisantent d’ailleurs tout au long du set. Robert Smith est d’humeur " joviale ", content d’être là, prenant un vrai plaisir avec sa voix qui n’a rien perdu en tessiture. Cette belle humeur partagée fera oublier que, par moments, le texte, lui, se perd un peu dans le labyrinthe de sa mémoire.

La première partie du concert, résolument électrique, et " dark " malgré un " In Between Days " et un " Just Like Heaven " coloré, s’achève par un apocalyptique " 100 Years ", histoire de s’imprégner des ambiances sombres du chef-d’œuvre "Pornography".

Après une courte pause, The cure revient en rappel. Ironisant sur les timings formatés des festivals, Robert Smith annonce les prochaines minutes… elles seront pop! En effet, le " encore " fût l’immersion dans le mode plus lumineux du groupe. Les hits à l’exception d’un " Caterpillar " en demi-teinte se bousculent: "Lullaby" et ses décors indispensables de toile d’araignée, "The Walk" avec un synthé en mode mineur, un "Friday I’m in Love" repris en chœur par la foule, un "Close To Me" très poppy et en guise d’au revoir, un " Boys Don’t Cry " en communion avec le public, heureux d’avoir parcouru le répertoire de quatre décennies audacieuses, artistiquement authentiques et uniques en son genre.

Après ce concert the Cure, cette seconde journée de Rock Werchter, 45e édition, a baissé son rideau en apothéose avec les trop rares Tool qui ont, de leur métal cosmique et très puissant, secoué le site avec un déluge sonore à vivre comme une expérience organique et sans pareil, le tout étant sublimé par un show laissant les plus blasés sur le tarmac.

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