Images et review : Rock Werchter – Muse et Greta Van Fleet ce dimanche 30 juin

Dominique Ragheb nous donne ses impressions sur le festival qui se déroule ce week-end.

Un Muse Flamboyant pour terminer la 45e édition de Rock Werchter

Après la prestation hallucinante et acrobatique de la star pop Pink jeudi, le concert plus que mémorable de The Cure ce vendredi (avec une exploration inspirée et généreuse d’un répertoire unique s’étalant sur 40 ans) et des "lives" de haut vol de Mumford & sons et de Florence & The machine samedi, laissant malheureusement, pour des questions d’horaire, Damon Albarn jouer en mode rock’n’roll avec sa bande de The Good, The Bad & the Queen devant un parterre clairsemé, la Main stage accueillait Muse pour une dernière soirée de cette très "hot hot hot !" 45e édition de Rock Werchter.

Avant le show des Anglais habitués du festival, le public s’était déjà massé dans l’après-midi devant la scène pour se laisser porter par les compositions parfois très sombres des Belges de Balthazar et le rock "classique" des juvéniles Greta Van Fleet.

Auteur de seulement 2 EP et un album, le groupe américain s’est présenté comme challenger face à ses aînés. Tout y était pour conquérir un public en manque de ce rock puissant lié aux 70’s. Adoptant tous les codes du genre, de tenues vestimentaires façon Woodstock, au tambourin martelé par le chanteur à la manière de Robert Plant ou aux longs passages instrumentaux qui déchirent… les tympans, Greta Van Fleet ne pouvait pas cacher son admiration totale de cette époque bénie.

Doté d’un organe vocal bluffant en démonstration durant tout le set, une performance relayée abondamment par les écrans avec des plans en mode "gorge profonde", le chanteur a cependant peut être manqué, malgré l’énergie déployée, de nuances dans son interprétation. Cependant les singles "Highway tune" et "Flower Power" enchaînés à une reprise bien chaloupée du "Watch me" de Labi Siffre ont réussi à séduire un public venu, pour une large majorité, en curieux.

Après Greta Van Fleet et son jeu de lumière très basique, le Main stage a pu laisser vers 20h30 la place à une armée de roadies réquisitionnés pour assembler les derniers éléments prometteurs du concert de Muse qui, depuis dix ans, nous a toujours habitués à des shows de plus en plus spectaculaires.

En guise de musique d’attente, les festivaliers ont eu droit à un florilège de musiques synthétiques un peu vintages façon Tangerine Dream, une playlist qui s’est terminée par le thème de "Midnigh express" de Giorgo Moroder, histoire de déjà plonger le public dans un univers très cinématographique. Lors de ma dernière rencontre pour Classic 21 avec Matt Bellamy, à l’occasion de la sortie de l’album "Simulation theory", nous avions beaucoup évoqué les films de science-fiction dont il est grand amateur et il avait glissé dans la conversation que la prochaine tournée serait de l’ordre d’un "rock opéra" d’inspiration futuriste.

Ce n’était pas de vaines paroles car le show nous a plongés pendant plus de deux heures dans l’imaginaire des grands films de science-fiction ! C’est en sortant de terre au cœur des 85.000 spectateurs que Matt Bellamy attaque, de sa voix très maîtrisée, le concert par un vibrant "Algorithm" dépouillé et surprenant. Avec sa maestria habituelle, Muse nous entraîne d’abord dans ses derniers albums, enchaînant "Pressure ", un "Psycho " ponctué par des "Yes sir !" scandés par les festivaliers sous les ordres d’un robot-instructeur virtuel et un "Uprising " légèrement adouci. Il faudra attendre le dixième morceau pour remonter plus loin dans le temps et avoir droit à un "Supermassive Black Hole ", introduit par les notes cosmiques du film "Rencontres du troisième type" de Spielberg exécutées à la guitare électrique.

Il faut dire que tout le show se décline autour d’une même thématique : le cinéma de science-fiction et la genèse d’une créature-machine. Dès les premiers instants, des danseurs en costumes lumineux et aux silhouettes de robots occupent la scène et la passerelle pointée vers la foule. Ceux-ci lancent des jets de fumées et gesticulent avec des néons colorés ou en suivant une chorégraphie rappelant le clip du "Around the world" de Daft punk.

Tout est pensé pour que le regard du spectateur soit stimulé. A cela viennent s’ajouter des projections en 3d hallucinantes, des explosions de confettis et serpentins pendant le titre " Mercy " et surtout la naissance, sous une déferlante d’effets lumineux, d’un alien effrayant et titanesque après un " interlude " musicale tiré de la B.O. du film World War Z.

Quant à la setlist, si certains craignaient une sélection plus "électro", ce fût loin d’être le cas. Le groupe a régulièrement renoué avec un son et une attitude très rock, Matt allant jusqu’à jeter sa guitare sur le sol façon The Who. Au-delà d’un show flamboyant comme on en voit rarement dans une vie, Muse n’a pas laissé au placard son histoire "rock", offrant à un public envoûté et conquis des versions puissantes de "Take a Bow ", "Stockholm Syndrome " ou encore "New Born". Avec un final classique et magistral sur " Knights of Cydonia " (depuis longtemps introduit par le thème du film " Il était une fois dans l’Ouest "), Muse a su, avec éclat, baisser le rideau de cette exceptionnelle édition 2019 de Rock Werchter.

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