Iggy Pop & Nick Cave pour PETA

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Le titre “Breathless” de Nick Cave est la bande-son d’une nouvelle campagne pour PETA, avec Iggy Pop.

PETA (People for the Ethical Treatment of Animals), est une association dédiée à établir et protéger les droits de tous les animaux.

Une nouvelle campagne publicitaire a été lancée ce mercredi, avec Iggy Pop et son chien Spinee en dessin animé, le tout sur le morceau de Nick Cave extrait de l’album Abattoir Blues/The Lyre of Orpheus sorti en 2004.

La vidéo d’animation montre Iggy Pop torse nu, qui évite les filets des pêcheurs et les pièges des chasseurs. Les paroles sont en lien avec le thème aussi, puisqu’elles font référence aux droits des animaux : “The rabbit hides beneath the ground / For he is defenceless without you.”

 

Nick Cave a évoqué, début mai, dans une interview, le décès de son fils Arthur, 15 ans, parti en juillet 2015.

Nick Cave and The Bad Seeds ont récemment repris la route pour cinq dates, les premières en trois ans, depuis la mort tragique d’Arthur, victime d'une chute accidentelle lors d'une séance d'escalade. L’enquête qui a suivi le décès a révélé que l’adolescent avait consommé du LSD pour la première fois avant de tomber de la falaise.

Le musicien avait déjà décidé d’évoquer, avec classe et élégance, ce douloureux traumatisme dans un film-documentaire intitulé "One more time with Feeling." Andrew Dominik, qui a réalisé celui-ci, parle d’ailleurs du rôle "thérapeutique" qu’a joué ce film dans la vie de Nick Cave, lui évitant de devoir évoquer de manière frontale le décès de son fils.

Ce film avait alors accompagné la sortie de l’album “Skeleton tree” de Nick Cave, écrit au moment de la disparition d’Arthur. Il a réalisé rapidement qu’il devrait parler de tout ça aux médias au moment de la promotion de l’album, et il ne souhaitait pas le faire. C’est la raison pour laquelle il a préféré s’exprimer via ce film-documentaire "One more time with Feeling."

Le réalisateur Andrew Dominik a expliqué: “Arthur a eu cet accident en plein coeur du projet. Et l’idée de devoir en parler avec des tas de journalistes le rendait malade. Sachant que ce serait incontournable - l’album a été écrit et réalisé dans ce contexte - son instinct de préservation l’a mené à réaliser ce film. C’est une manière d’évoquer et de parler de tout ça, mais en toute sécurité, avec quelqu’un qu’il connait." Dans ce film, le décès de son fils, le travail du deuil, et son travail de composition sont évoqués.

 

Dans cette nouvelle rencontre avec un journaliste du Guardian, Nick Cave a ajouté: “Vous savez, je sens qu’il y a des choses que j’ai envie de dire sur Arthur, mais j’avais trop peur de le faire. Ecrire était très difficile. C’est presque comme une présence physique qui ne laisse aucune place à la création. Où que vous alliez, vous ne pouvez rien faire d’autre, cette sensation remplit tout l’espace, tout votre corps. Vous en sentez même la pression sous vos doigts. J’ai écrit plusieurs morceaux après la mort d’Arthur, mais je ressentais une sorte de trahison de ce que nous vivions, voire même une trahison envers Arthur lui-même, et j’ai tout jeté. Mais j’écris de nouveau, j’ai beaucoup de nouvelle matière."

"C’est difficile de savoir ce qui va aider. Les gens me disent qu’ils ne peuvent imaginer à quel point perdre un enfant doit être terrible, mais précisément, ils ne peuvent pas. Ils peuvent juste l’imaginer. On dit beaucoup de choses sur le deuil, et sur le processus qu’on doit faire seul. Ce ne fût pas vraiment le cas pour moi. L’élan d’amour que nous avons reçu des proches, des fans, via les réseaux sociaux, les medias, nous a fait un bien fou. C’était extraordinaire. Bien sûr, c’est lié au film réalisé par Andrew, et je lui suis infiniment reconnaissant pour ça. Les vagues d’émotion qu’a suscité le film et les réactions qu’ont eu les gens nous ont incroyablement aidés."

“Au début, je pensais qu’il était impossible de faire son deuil en public. Le premier réflexe est de se cacher. Mais avec du recul, je pense que c’est ça qui nous a sauvé. On peut avoir la sensation d’être un héros quand on souffre en silence, enfermé dans ses souvenirs, mais c’est un leurre. Et cela peut être une illusion très dangereuse, qui peut vous mettre en danger de mort. Susie et moi avons appris ça et nous veillons l’un sur l’autre pour l’éviter."

Et, s’exprimant à propos des concerts à venir, Nick Cave ajoute: “je ne veux pas que les gens viennent au concert pour partager la douleur et le deuil de quelqu’un d’autre. Je veux qu’ils se sentent mieux en sortant que quand ils sont arrivés. Je ne veux pas d’une contagion empathique autour d’un drame, et que tout le monde se sente comme de la merde au final. Je ne veux pas de ça. Et je ne ressens pas ça moi-même. Sur scène, je me sens bien, inspiré. Les chansons ont ce pouvoir incroyable. Elles sont patientes et leur signification évolue au fil des années."

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