Guns N' Roses: morceaux "sexistes"?

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Dans le climat actuel, Slash a évoqué quelques titres qualifiés de “sexistes” du répertoire de Guns N’ Roses.

Les "bad boys" étaient réputés, dès la fin des années 80, pour leurs paroles politiquement incorrectes, avec des morceaux tels que " It’s So Easy”  et “Used to Love Her”. C’était le cas de leurs pairs aussi, on pense à Mötley Crüe avec “Girls, Girls, Girls” ou Poison, “I Want Action”.

Mais à cette époque du #MeToo, le sujet est plus sensible et ces textes auraient pu se voir repoussés. Contre toute attente, ce ne fût pas le cas, comme en témoigne le succès de la gigantesque tournée de Guns N’ Roses,  “Not in This Lifetime” ou encore la sortie du box Appetite for Destruction.

Dans une interview récente, Slash a abordé le sujet: “Je n’ai jamais pensé à ça. Quand tout est sorti autour du hashtag #MeToo, j’ai pensé à certains musiciens, pas à l’un ou l’autre en particulier, mais à des gens qui pourraient être impliqués. Avec Guns, nous n’étions pas dans ce rapport de force avec les filles. Pour être honnête, c’était parfois même l’inverse. Mais dans nos chansons, même si les paroles peuvent sembler "sexistes", il ne fallait pas les prendre au premier degré, ça ne signifiait rien. Elles n’étaient pas malveillantes.”

Il faut avouer que le climat actuel est bien plus frileux qu’à l’époque où on osait dire beaucoup plus de choses. “Cet esprit rock ‘n roll est toujours là, toujours présent dans les groups de metal et chez les jeunes groupes. Peut-être parce que les musiciens ont besoin d’exprimer des choses qu’ils n’ont pas l’occasion de dire ailleurs. Cette attitude n’est pas stéréotypée, mais il n’y a plus grand chose contre quoi se rebeller aujourd’hui, au sens rock ‘n roll du terme. Mais avec les soucis politiques actuels, nous verrons ce que ça donne."

Le metal des années 80 avait cette particularité d’être à la fois “bon” et “mauvais”. Et Slash admet que c’est ce qui a fait aussi le succès du groupe.

Slash s’était exprimé sur la décision de ne pas mettre le titre “One In A Million” dans la réédition d’”Appetite For Destruction”.

Cela fait des décennies que ce morceau était qualifié de raciste et d’homophobe.

Disponible dans une variété de formats, vous y trouverez 73 titres (dont 49 inédits) sur 4 cds et 7 LPs 180 gr. En plus du remaster de l'album originel (sur 2 vinyles), vous trouverez le "Live ?!*@ Like A Suicide" de 1986, un deuxième EP avec des faces B de l'époque, et 25 prises inédites des sessions d'enregistrement avec le producteur Mike Clink

Mais vous n’y trouverez pas le morceau " One In A Million”, écarté à cause de ses paroles controversées:  “Police and n****rs, that’s right / Get outta my way / Don’t need to buy none of your / Gold chains today,” as well as “immigrants and fagots / They make no sense to me /  They come to our country / And think they’ll do as they please / Like start some mini-Iran / Or spread some fucking disease“.

Bien qu’il se soit expliqué à maintes reprises à propos de ces paroles écrites alors qu’il était très jeune et qu’il parlait de mauvaises expériences vécues, sans vouloir faire de généralité, les mots restent radicaux et racistes.

Slash a expliqué dans une nouvelle interview: "Nous avons décidé collectivement qu’elle n’avait pas sa place dans le box, la décision a été rapide, un seul tour de table a suffi."

Évoquant ses propres racines, d’une mère afro-américaine et d’un père britannique, il a ajouté " je n’ai jamais pensé à me différencier des autres par la couleur de peau. Ca m’est arrivé tout le temps quand j’étais gamin, c’est à l’école que vous prenez conscience de vos racines. Mais quand j’ai commencé à jouer de la guitare par passion, je n’ai plus prêté attention à tout ça."

Slash s’était aussi exprimé quant au danger d’être accusé à tort de mauvais comportement sexuel, suite au mouvement #metoo.

Le guitariste a expliqué: "Je pense que le mouvement #metoo est totalement justifié – même s’il arrive vraiment très tard. Mais c’est évidemment compliqué. Dans le contexte des groupes de rock, notamment. Heureusement pour moi, je suis pris, donc je n’ai pas ce genre de souci, mais j’avoue qu’il y a eu des occasions dans mon passé où je me suis dit "bien, est-ce que ceci était consenti?""

"Je n’ai jamais eu de relation professionnelle avec quelqu’un qui essayait de me mettre la pression pour obtenir du sexe ou autre chose en retour. Et le problème, c’est aussi que vous pouvez parfois être accusé à tort de quelque chose, et ça n’a presque pas d’importance que ce soit vrai ou pas. Dès que l’information est dite publiquement, même si vous n’avez rien fait et que votre nom est "blanchi", le mal est fait, et je trouve ça triste."

Slash a aussi commenté les accusations envers Gene Simmons de Kiss, qui parlait aussi de dommages collatéraux issus du mouvement #MeToo, précisant "que n’importe qui peut accuser n’importe qui, sans présomption d’innocence".​​​​​​​

Slash ft Myles Kennedy And The Conspirators ont annoncé les dates de leur tournée européenne.

Et bonne nouvelle, ils passeront par le Cirque Royal de Bruxelles le 23 février prochain.

Cette série de 21 dates, en soutien à la sortie de l’album "Living the dream" sera entamée le 7 février et se poursuivra jusqu’au 15 mars. 

L’album sortira le 21 septembre sur le label de Slash, Snakepit Records, en partenariat avec Roadrunner Records.

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