Guitar Story – Les femmes guitaristes, épisode 6 : Jennifer Batten

guitar story
6 images
guitar story - © Jesse Grant - AFP

Une amazone " six-cordiènnes " passée, bel et bien, reine chez les guitaristes qui se conjuguent au féminin : Jennifer Batten. De son rôle de guitariste virtuoses auprès de la superstar que fut Michael Jackson, à son look très identifiable dans les années 80, et qui fut même parodié par le personnage de Alf dans la célèbre série du même nom, Jennifer Batten a été, et est encore, un modèle, ainsi qu’une source d’inspiration majeurs, pour toutes les filles qui, un jour ou l’autre, ont senti en elles le désir de jouer de la guitare électrique.

Pour atteindre ce statut de virtuose, Jennifer Batten a suivi un cursus au sein la prestigieuse école GIT – Guitar Institute of Technology – à Los Angles. Un parcours, pour ainsi dire, semblable à d’autres pistoleros de la guitare, tels que : Paul Gilbert, et même John Fruciante. Jennifer Batten, qui a donc notamment fasciné le public de feu Michael Jackson dans les années 80 et 90, a émergé durant cette époque qui, même si elle fut précédée de Lita Ford, ne comptait pas encore énormément de filles guitaristes. Tout le moins des filles qui jouaient à ce niveau-là.

C’est par l’entremise d’une de ses sœurs aînée, qui s’était acheté une guitare, que la petite Jen, alors âgée de huit ans, voulu elle aussi apprendre les rudiments de cet instrument. L’envie fut si forte, que son papa lui en offrit une et ne tarda pas à l’inscrire à des cours réguliers dans un magasin de musique de San Diego. Une fois arrivée à l’adolescence, Jennifer Batten découvrit Jeff Beck, avec l’album Blow by Blow, dont elle apprit chaque solo note à note. Forte de ce, déjà conséquent, apprentissage, elle se vit malgré tout recalée lors sa première audition pour intégrer la fameuse GIT. En effet, il lui manquait malgré tout des outils de bases tels que, les gammes majeures, mineures, arpèges, et toutes ces choses qui peuvent paraître décourageantes lorsqu’on les découvre. De retour à San Diego, et loin de baisser les bras face à cet échec, Jen Batten est directement allé frapper à la porte de Peter Sprague, un excellent guitariste de jazz avec qui elle étudia intensément durant six mois. Grâce à ces cours, elle a pu combler toutes les subtilités qui lui faisaient défaut, et sa seconde audition à la prestigieuse école de Los-Angeles se déroula beaucoup mieux. Enfin entrée dans les classes de cet établissement tant convoité la jeune Jennifer était, comme vous vous en doutez, la seule fille.

Au sein de la GIT, tout était fait pour progresser. Chaque mois s’y déroulaient des conférences animées par des guitaristes fantastiques, allant Lee Ritenour, en passant par Pat Metheney, et bien d’autres… Et notamment, un certain Emmett Chapman, inventeur de ce que l’on appelle le Stick Chapman, un instrument à dix cordes, et qui se joue principalement en tapping, une rencontre qui avait marqué Jennifer Batten, quelques années avant la claque du genre infligé par le fameux Eruption d’Eddie Van Halen : " j’ai commencé à m’y intéresser " déclarait-elle il y a quelques années dans les colonnes du magazine Guitar Extreme, " et il m’a enseigné les bases de sa technique à huit doigts et, peu à peu, j’ai commencé à chercher des idées de phrasés sur des cadences de jazz. C’est de cette façon que mon arrangement sur " Giant Steps " vit le jour. "

Bien entendu, on ne peut faire référence à Jennifer Batten sans évoquer son rôle auprès du " King of Pop ", feu Michael Jackson, qui a été le " boost " par excellence pour sa carrière de guitariste soliste. La disparition du Peter Pan du show-business avait terriblement affecté Jennifer Batten, bien qu’elle se soit dite au fond d’elle-même que sa mort fut certainement aussi une délivrance tellement il fut harcelé et traîné dans la boue par les médias. Et puis autre point culminant du parcours de notre six-cordiste à la crête blond platine, c’est d’avoir rejoint et tourner avec Jeff Beck, son idole.

Pour ses guitares, Jennifer Batten est depuis longtemps une addict des guitares Washburn, surtout son modèle signature, JB-100, sur laquelle elle rajoute : un String Dampers, une sorte de tampon amovible qui permet d’étouffer les cordes et un capteur midi grâce auquel elle peut reproduire des sons de synthé, de violon, de section complète de cordes, etc.

 

Jennifer Batten, vit aujourd’hui en pleine forêt dans l’Oregon, sorte de retraite par rapport à l’univers de la guitare électrique qui reste très misogyne mais où quelques filles ont, certes, réussit à s’octroyer des places de choix et, parmi elles, Batten fait figure de grande lady que l’on retrouve toujours avec autant de plaisir, ce que je vous propose de faire avec cette version de ''Dirty Diana'', extraite du Live at Wembley July 16, 1988 de Michael Jackson, et sur laquelle elle nous livra un solo complètement renversant.

 

 

 

Et aussi

Newsletter Classic 21

Recevez chaque jeudi matin un aperçu de la programmation à venir.

OK