Guitar Story – Les femmes guitaristes, épisode 4 : Joan Jett

Guitar Story – Les femmes guitaristes, épisode 4 : Joan Jett
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Guitar Story – Les femmes guitaristes, épisode 4 : Joan Jett - © Brad Barket - Getty Images

" I Love Rock & Roll ", venant de votre serviteur, ce n’est certes pas un scoop. En revanche, si notre chronique de ce soir commence sur cette phrase/titre qui nous est commune à tous sur Classic 21, auditeurs comme animateurs, c’est aussi parce qu’elle fut le cri de guerre d’une brindille aux cheveux noirs, vêtue et botté de cuir, et au regard pénétrant, il s’agit de Joan Jett.

 

Dans les rangs de Guitar Gilrs, s’il en est une qui a du se battre bec et ongles pour s’imposer comme telle, c’est bien Joan Jett. Et même Litta Ford car, avec leurs copines des Runaways, dans les années 70 entre punk et glam , elles eurent beaucoup de mal à être prises au sérieux, tout simplement parce qu’elles étaient des filles. Et aujourd’hui encore, même si d’autres girls band, comme L7 ou Bikini Kills ont réussi à s’imposer, et même à créer des mouvements comme le Riot Grrrl, les filles musiciennes qui n’arrivent pas à s’extirper du circuit des clubs sont encore malheureusement légion. Pourtant, et comme nous avons pu le constater avec les épisodes précédent, le rock dans son ensemble doit tout autant ses origines aux rebelles masculins que féminins. 

Rebelle, Joan Marie Larkin, alias Joan Jett, l’est depuis sa prime adolescence à Philadelphie. Pour le Noël de ses 13 ans, c’est une guitare qu’elle avait demandé en cadeau à ses parents qui lui offrirent donc une Silvertone électriques, ces fameuses guitares vendues dans les pages du catalogue Sears aux Etats-Unis. Ave elle, la jeune Joan a commencé à faire pas mal de bruit dans sa chambre rendant probablement ses parents complètement dingues. Ensuite, comme beaucoup de guitaristes en herbe, elle souhaita prendre des cours mais tout en voulant jouer tout de suite. Dans sa tête c’était " apprenez moi le rock & roll bordel ! " 

Le professeur chez qui elle se rendit avait choisi de lui enseigner On Top Of Old Smokey…. " heu… X’cuse moi mec mais il me semblait t’avoir dit que je voulais apprendre le rock & roll !... " Bref, son enseignement ne dura pas d’avantage qu’un après-midi à la jeune Joan Marie acheta aussitôt un livre d’accords avec lequel elle finit par passer des heures dans sa chambre tentant de suivre les disque qu’elle passait sur son pick-up. Joan, avec une détermination tenace, voulait tout jouer mais n’y arrivait malheureusement pas. Ensuite, elle s’attaqua à des standards comme Smoke On The Water de Deep Purple ou Iron Man de Black Sabbath avec des bons gros accords et des enchaînements bien lents mais n’a finalement appris à jouer correctement que lorsqu’elle commença à se joindre à d’autre musiciens. 

Pour le commun des amateurs de Rock c’est donc avec les Runaways, porté par le névrosée Kim Foley, que Joan Jett fini par se tailler une réputation mais surtout en luttant contre le dédain des maisons de disques trop machistes, ce qu’elle fini par mettre en chanson plus tard avec l’album "Bad Reputation". 

Au fur et à mesure que les Runaways se sont construites, Joan Jett jouait sur une Gibson Les Paul que, comme beaucoup elle trouvait trop lourde. C’est en croisant la route du groupe The Raspberries, et d’un Roadie de Eric Carmen, que l’on connait aussi pour sa chanson "All By Myself", que Joan trouva l’opportunité de lui racheter sa Gibson Melody Maker sur laquelle elle fit monter un seul unique micro humbucker Velvet Hammer, et un petit interrupteur que l’on appelle " kill-switch " pour éteindre le micro lorsque par exemple elle frappe dans les mains et éviter que l’instrument ne part en larsen. 

Avec le temps, et même si elle joue aussi sur des ES-335 et ES 339, le modèle Melody Maker est un peu devenu le prolongement des bras de Joan Jett, et l’enseigne Gibson en propose des versions signature depuis de nombreuse années. L’amplificateur combo Music-Man HD-130, joint à une Turbo Tube Screamer Ibanez, sont les éléments centraux du son de Joan Jett. Les médiators qu’elle utilise, à savoir des D’Andrea Sharkfin Delrex, avec un côté dentelé, sont eux aussi indispensables pour reproduire ses sonorités. 

Pour refermer cet épisode, je reprendrai deux phrases de Joan Jett sur ce qui lui est arrivé d’encaisser durant sa carrière. Tout d’abord: "Il y a beaucoup de gars qui nous ont emmerdé, et qui ont été très cruels.  J’ai souvent entendu d’autres groupes dire qu’ils n’arrivaient pas à croire qu’ils devaient partager leur scène avec une chienne," et de poursuivre: " Je pense que quand une fille dit qu’elle va jouer du rock n ‘roll, elle déclare qu’elle est propriétaire de sa sexualité et qu’elle va en faire ce qu’elle veut et non ce que les hommes veulent en faire. Certaines personnes trouvent ça vraiment menaçant." 

Rappelons quand même que le rock n roll n’a pas de sexe et c’est qu’on l’aime! 

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