Guitar Story – Les femmes guitaristes, épisode 2 : Barbara Lynn

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guitar story - © barbara lynn

Être une femme, quand on se sent touché par le feu sacré du blues et de la guitare électrique, était encore un véritable défi dans les années 40 et 50. Aujourd’hui les femmes qui 'taquinent la six cordes' sont très nombreuses mais, à cette époque, elles étaient perçues comme des personnes 'étranges'. C’est en tout cas le sentiment qu‘avait ressenti Barbara Lynn dès son plus jeune âge, et c’est encore très doux comme ressenti pour une femme black, jouant de la guitare comme un mec, dans les contrées rurales du Texas.

Le nom de Barbara Lynn, à part pour les mélomanes assidus, n’évoque peut-être plus grand-chose de nos jours. En revanche, après Sista Rosetta, Barbara Lynn a elle aussi fait partie des pionnières, inspirée de légendes comme Elvis Presley, et fut même honorée par Otis Reding, et par les Rolling Stones. Une femme guitariste, noire, et gauchère ! C’est bizarre, mais ça me rappelle quelqu’un…

Avant de brandir une Stratocaster, Barbara Linda Ozen, née le 16 janvier 1942, fit son éducation musicale au piano durant son enfance dans la ville de Beaumont au Texas. La musique, qui fut du reste très présente dans la famille Ozen, surtout le blues qui passait à la radio et sur lequel ses parents avaient pris l’habitude de danser. Néanmoins, le piano était un instrument " trop sage " dans son jeune esprit et elle souhaitait jouer d’un instrument plus inattendu si bien que sa maman lui offrit un ukulélé et dont la jeune Barabara, apprit les rudiments en autodidacte. Plus tard, lorsqu’elle était au lycée, elle format son groupe " Bobbie Lynn & The Idols " reprenant des succès de Guitar Slim, Jimmy Reed, et Elvis Presley. Avec ce " band " entièrement féminin, Barbara Lynn ressenti comme un sentiment de pouvoir et commença à écumer les " Juke-Joints " du Texas et de la Louisiane, alors qu’elle était encore mineure.

C’est d’ailleurs en Louisiane qu’elle fut repérée par le chanteur Joe Barry, avant de recevoir un premier contrat auprès de Huey P. Meaux, alias Crazy Cajun, qui à l’époque était dirigeant de Sugarhill Recording Studios à Houston, et qui avait notamment Johnny Preston et Willie Nelson dans son catalogue. En 1962, avec la permission de ses parents, Barbara Lynn se rendit à la Nouvelle Orléans, au fameux Cosimo’s Studio, pour y enregistrer son premier single ''You’ll Lose A Good Thing'' qu’elle avait coécrit avec Huey P. Meaux. Ce fut son tout premier succès avec lequel elle se hissa jusqu’à la première place du Billboard R & B.

En " Strat Woman " et excellente chanteuse, Barbara Lynn a sorti d’autres singles à succès les années suivantes, dont une reprise de Don’t Be Cruel, en 63, et Oh ! Baby (We Got A Good Thing Goin') en 64, un titre repris par les Rolling Stones l’année suivante sur l’album " The Rolling Stones, Now ! ".

Fin des années 60, et malgré une grande renommée et un bel éventail de tubes Soul et Rhythm & Blues, Barabara Lynn entama une vie de famille, après s’être mariée à 28 ans et, afin d’assurer son rôle de mère et d’épouse, elle s’effaça complètement du monde la musique durant les années 70 et 80, à l’exception de rares apparitions dans des clubs de Los Angeles où elle et sa famille s’étaient installés.

Cependant, le feu sacré de la musique, ne s’est jamais éteint. Il était juste au stade de veilleuse, et lorsque son époux décéda, à la charnière des années 80 et 90, elle reprit non seulement la route de Beaumont, sa ville natale, mais aussi des studios, et de la scène. Barabara Lynn a encore sorti quatre albums entre 1988 et 2004, et s’est même fait fabriquer une superbe guitare personnalisée chez le luthier James Trussart.

Barbara Lynn, une des toutes premières femmes guitaristes électriques, qui est franchement à redécouvrir, aussi avec des titres plus 'récents' comme ''So Good'' en 1993. Par contre, pour bien apprécier ses talents de guitariste et de blues woman, voici un instrumental, peut-être même le seul de sa carrière, tiré de son album ''Hot Night Tonight'' sorti en 2000, tout simplement intitulé, ''Lynn’s Blues''.

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