Grâce au coronavirus, les ménages européens n'ont jamais autant épargné !

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C’est l’un des multiples paradoxes de cette crise extraordinaire. C’est l’excellent Marc Fiorentino, l’auteur de la lettre d’information Meilleurplacement.com, qui a attiré mon attention sur le sujet suivant. Vous savez que tout le monde parle de la crise actuelle en la comparant avec celle de 1929. Et cela ne fait pas nécessairement plaisir à entendre car c’était une époque très dure, avec des cohortes de chômeurs et des banquiers qui se suicident ; en tout cas, c’est l’image que l’on s’en fait rapidement quand on évoque 1929.

 

Sauf que l’époque est différente ! Fort heureusement d’ailleurs et ne serait-ce que parce que nos banques sont plus solides qu’en 1929, notamment grâce à la crise de 2008, suite à laquelle les gouvernements ont imposé aux banques des fonds propres plus importants. Merci donc à la crise de 2008, elle aura au moins servi à nous éviter que nos banques soient mal en point à un moment crucial de notre vie.

Mais ce sur quoi Marc Fiorentino a attiré mon attention, ce n’est pas sur cet aspect, mais sur le fait que les ménages européens n’ont jamais eu autant de cash, autant d’épargne forcée sur leurs comptes. Les Français ont mis, en mars dernier, 20 milliards d’euros de côté contre une moyenne de 3,8 milliards. Les Italiens ont mis de côté 16 milliards contre 3,4 d’habitude et les Espagnols 10 milliards contre 2,3 milliards d’euros. Je n’ai pas vu les chiffres pour la Belgique, mais cela ne doit pas être triste non plus.

Oui, c’est une crise, mais une sortie de crise durant laquelle les ménages – en moyenne – ont plus d’épargne qu’avant la crise et cela, c’est une première historique ! C’est logique comme l’explique le Financial Times, la bible des hommes et des femmes d’affaires, on parle des difficultés des secteurs de l’horeca, du secteur de l’événementiel, mais la plupart des personnes en Belgique n’ont pas été licenciées (ou pas encore) et sont soit salariées dans le privé (et elles ont gardé leur salaire ou ont été payées par l’Etat via le chômage temporaire) ou alors, ce sont des fonctionnaires qui ont par définition gardé leur salaire. Comme les restaurants et les commerces étaient fermés, toutes ces personnes ont été forcées d’épargner et elles vont encore continuer à épargner tant qu’elles n’ont pas confiance à 100% que le virus a disparu ou qu’un traitement existe pour le soigner.

D’après l’assureur allemand Allianz, à la fin de l’année 2020, il y aura 400 milliards d’euros sous forme d’épargne supplémentaire en Europe. Tous les commerçants salivent sur cette épargne forcée, mais cet argent ne sera hélas dépensé que quand la confiance reviendra. Prions pour ce que soit une question de semaines et pas de mois !

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