Génération 21 : Les Détroits du Pélican et TOTM

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Curieux tandem avec le pélican pour totem. Avec Bruxelles pour aimant. Avec la musique pour amant. D'une fin de soirée chaudronnée au sein de la Porte Noire, antre mi-concert, mi-comptoir, à un bistrot boisé niché à deux pas des halles Saint-Géry, suivez les guides : ils s'appellent " Les Détroits du Pélican " et " TOTM ". Et ils vous extirpent de votre lendemain de veille, à coups de thé à la menthe et de bières au miel. De décalage et de propos sages.

Sur Bruxelles, la nuit se recroqueville comme une fleur en papier doré. Les dernières pépites sont bien cachées. Il faut incliner la tête, et bien tendre l'oreille, pour les dénicher. Là, en sous-sol, des lumières colorées et des incantations en français. Bienvenue à la Porte Noire, lieu de fête et d'espoir, autour de la bière, des poètes et des concerts. Tandis qu'au bar, un breuvage au miel finit d'arroser les initiés, sur scène, un quintet termine son set. Dans une transe partagée par tous. Des plus décoiffés aux plus timorés. Les mecs clouent le bec. Au propre comme au figuré. Bien inspirés par un nom de bande aux ailes amarrées : " Les Détroits du Pélican ". Port d'attache (et de bernache), Verviers. Rejeton d'un père tzigane et d'une mère punk, ayant grandi à la marge du rock anglosaxon. Dans un environnement à la fois ironique et sérieux. Adoptant des traits tantôt tolérants - " Nous sommes ouverts en général, et pas besoin d'ajouter un adjectif "- ; tantôt espiègles - " Ca, c'est la petite touche d'ironie du groupe car, en général, nous sommes assez tristes, voire moroses, sur scène... Il arrive que les gens pleurent "- ; tantôt empathiques - " C'est notre côté dragueur, beau gosse ! ". A cela s'ajoute un certain sens de la provoc', gravé dans des compositions aux titres sans équivoque : Gavez-moi, Showbiz ou encore Mesdames, messieurs, bonsoir ! Les taxer d'hippies bruyants ? " Pas du tout ! ", s'égosillent-ils. De philosophes ? " Certainement ! " Et d'ajouter, à fendre ou à lasser, que le nom du groupe n'est autre qu'une référence à Schopenhauer et à l'une de ses célèbres nouvelles à l'intitulé impossible à retranscrire. " C'est une pique à tous les empiristes ! Pour leurs p'tits culs ! " Prochains concerts des Détroits du Pélican ce 16 décembre à Wavre, le 18 janvier à Liège et le 25 février à Gembloux. Avant une tournée, cet été, en Normandie et en Bretagne. Ca valait bien un bon baiser : " Gros Kyste ! "

Lendemain de veille dans le centre de Bruxelles. Les fleurs en papier doré s'éveillent et se redressent. Elles se cambrent vers le céleste. Vers ses hautes lumières. Jusqu'à me mener au sein d'un café à l'atmosphère paisible et boisée, niché à deux pas des halles Saint-Géry. Là, je retrouve Charly, guitariste, compositeur et co-fondateur du groupe TOTM. " Deux thés à la menthe, s'il vous plaît ! " Même convergence bibitive. Certes, moins essentielle que la convergence créative. Qui a manqué à Charly dans le cadre d'un premier projet. Qu'il se réjouit de trouver avec TOTM, lancé il y a quelques mois à peine. Mais dont l'unité a déjà séduit le jury du Concours Circuit. Trois titres enregistrés à la maison, envoyés à l'intuition, et des retours inespérés. Savourés, le temps d'une finale, sur la scène de l'Orangerie. " Un agréable vertige ! " A l'image des premières compositions du groupe. Conçues comme autant de voyages aux motifs variés, tissés sur des rythmes répétitifs, sources d'élévation spirituelle à travers la musique. " Nous apprécions jouer sur les polyrythmies, les gammes alambiquées, les sensations psyché... Chaque morceau est créé comme un appel. Nous aspirons à happer le public et à l'emmener dans un territoire forgé sur des évolutions, des dynamiques. " Cet appel du voyage correspond, pour les membres du groupe, à une recherche de l'exaltation. D'émotions fortes, sans être agressives, qui les transportent. Et Charly d'évoquer un périple vécu en tandem avec Adrien, l'autre fondateur et bassiste de TOTM : " Il y a une dizaine d'années, nous avons réalisé un trek dans l'Himalaya. C'est une expérience qui nous a marqués ! On ne se connaissait pas tellement avant de partir... Pour l'un et l'autre, nous avons découvert un environnement qui nous était étranger. Nous avons apprécié ensemble des paysages sublimes ; la plénitude dans la marche ; et la danse des locaux quand nous sortions nos guitares. " Cette rencontre de l'inconnu, TOTM l'exprime dans son titre baptisé River Crossing. Métaphore de la mort, appréhendée comme un obstacle qui incite au dépassement de soi. Mêlant les sentiments de rejet comme d'attirance. Par effet miroir à la polyvalence des sons, TOTM se plait à exploiter les thèmes de ses chansons sur plusieurs échelons. Qu'il s'agisse de la folie qui grésille avec King Felix ; de la quête d'un bonheur perdu avec Silver Apples ; ou de l'inconnu qui transcende avec River Crossing.

 

A l'instar de ce lendemain de veille à Bruxelles. Du gipsy punk des Détroits du Pélican à la folk post-rock de TOTM, nous avons traversé la rivière. Et sans encombre...

Pour aller plus loin

Page Facebook des Détroits du Pélican : https://www.facebook.com/lesdetroitsdupelican

Page Facebook de TOTM : https://www.facebook.com/pg/TOTMmusic   

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