Génération 21 : David Lombard

Génération 21
Génération 21 - © Al Pixart

"Talk about a dream, try to make it real". Devise soufflée par Bruce Springsteen. Aspirée par David Lombard. Dont le premier volet folk appelle déjà d'autres échappées rêvées. Entre Liège et d'autres contrées. Rencontre, à fleur de l'art, autour de deux Kilkenny dégustées sur fond de colibris.

Commençons par la fin de soirée. Planqués dans un pub irlandais du cœur de Liège, nous achevons, avec David Lombard, d'écluser une pils d'outre-manche. Sur la table, outre nos pintes, sa première démo gravée sur un bon vieux Philipps, 80 minutes, et un micro zoom H4, pour capter une partie du propos. Deux autres clients du bistrot croisent notre route. L'un d'eux est intrigué par la présence du CD comme par celle du micro : " Que se passe-t-il ici ? ", lance-t-il amusé. Sa complice embraye, un brin moqueuse : " A ton avis ? Sans doute une interview sur un artiste ! " Dans le mile. L'artiste, c'est lui : David Lombard, la petite vingtaine, aux études dans le milieu de la littérature et de l'enseignement. " Mais encore ? ", questionne l'un des deux inconnus. " A vous de deviner ", suggérons-nous... " Attention ", préviennent-ils. " Nous sommes un peu psychologues à nos heures perdues. " Et de dresser le portrait, avec une élégante finesse, de l'artiste qu'ils ont devant eux : " Nous devinons que c'est quelqu'un de simple, de souriant, avec de l'humour, terre-à-terre aussi... mais avec son brin de folie qu'il cache bien. " Et sur le plan musical ? " Du rock ! De l'acoustique ! Une musique qui fait voyager... A cheval entre le calme de la campagne et le bouillonnement de la ville. C'est un artiste engagé, ça se voit ! Il doit être porteur de valeurs. Quelqu'un de déchiré. " Avec David, nous nous regardons. Scotchés, autant qu'amusés. Un dernier scotch pour la route, et nous voilà partis. Avec à l'esprit une rencontre riche en échanges constructifs, dont voici un aperçu brossé, de notes prises à la volée...

Amour pour la variété dans le folk. Pour le piano qui sort de nulle part. Et des septièmes qui vous surprennent. Don't Think Twice, It's All Right. Comme le sax dans Cohen. De voir un seul type sur scène. Croire en ce qu'il chante. Garder cette vision de changement pour la société. Ce message. Cet idéalisme. Thunder Road. Pour sortir du bordel. En aidant les gens à penser sinon mieux, différemment. Et si ce n'est pas une chanson qui changera le monde, l'idée est là. Et les outils aussi. Proches du théâtre de l'enseignement. 50 minutes pour transmettre. De l'éducation permanente, à la classe comme à la scène. Monsento Years. La musique, en tant que pierre à la construction de ce que tu es. Dans ton être critique. Inspiré de tes pairs : Delville, Smolders... Danse avec les loups. Plus qu'avec le foot. Sans parler de The Voice. A l'inverse de l'Envol des Cités. Rendez-vous le 2 juin à Tournai. Tournée de Kilkenny. Pour enterrer l'étincelle de célébrité. Très peu pour lui. Au nom de la liberté artistique et des compositions. Portées par une belle formation. Aux accents toniques et aux mélodies acoustiques. Sans oublier l'aspect linguistique. L'écriture. Proche, parfois, de l'écorchure. Le plus souvent, du transcendant. Éloge de l'individu qui prend le dessus. Avec la nature pour divinité. Comme l'homme épris des forêts de Sibérie. Ou de Maboge... Même éloge. En dehors du confort et de la sécurité. Dans l’effervescence des sens. Fini d'acheter la lumière ; nous créons le feu. Nous sortons des boîtes si bien décrites par Pierre Rabi. Dans une invitation à se déconnecter du wifi pour se reconnecter ici. Se recentrer. Sur quoi ? Le positif. L'humain. Le colibri.

+ En concert à Tournai le vendredi 2 juin, dans le cadre de l'Envol des Cités

++ En concert le lendemain, le samedi 3 juin, à Huy dans le cadre d'un concert caritatif en compagnie de The Chord Strikers.