Génération 21: Brilliant Trees

Brilliant Trees
Brilliant Trees - © Brilliant Trees

" Des feux de l’été à l’extinction hivernale, les Brilliant Trees côtoient deux mondes: le sombre et le lumineux. L’indispensable alliance. Telle l’illustration d’un tiraillement... " Mots de Valérie Cooreman, auteure, compositrice et bassiste du groupe. Souffleuse de vers.

Les racines des Brilliant Trees, nées il y a bientôt un an, s’agrippent dans le terreau poétique de la musique. " De la musique avant toute chose. Et pour cela préfère l’Impair. Plus vague et plus soluble dans l’air. Sans rien en lui qui pèse ou qui pose. Il faut aussi que tu n’ailles point choisir tes mots sans quelque méprise : rien de plus cher que la chanson grise, où l’Indécis au Précis se joint. C’est des beaux yeux derrière des voiles, c’est le grand jour tremblant de midi, c’est par un ciel d’automne attiédi, le bleu fouillis des claires étoiles ! " Merci Verlaine. Je ne l’aurais pas mieux dit. Voici esquissé en quelques vers ce que m’inspire la rencontre avec l’univers des Brilliant Trees.

Croisé non loin de Bruxelles, dans la tiédeur d’une nuit de novembre. Dans le charme d’une maison basse où les charpentes et le parquet anciens réchauffent les murs en pierre. Dans l’univers des Brilliant Trees, tout est dans la nuance. " Pas la Couleur, rien que la nuance ! Oh ! la Nuance seule fiance ", ajoute Verlaine. " Les branches des Brilliant Trees montent en expansion vers la lumière, tandis que ses racines s’enfouissent très profondément dans la terre… ", écrit Valérie. Illustration musicale avec Outraged, titre épinglé du premier EP des Brilliant Trees, enregistré aux Uptown Studios l’été dernier.

Outraged. Indigné. Derrière le projet des Brilliant Trees se cachent trois révoltés aux itinéraires et influences variés. Celle qui en jette à la guitare acoustique et à la voix s’appelle Magali Roba. " Elle en jette aussi au violon ! Ses influences sont surtout tournées vers la musique folk, country... Elle apprécie également la musique du monde. " Un trait qui transpire dans l’ambiance et la mélodie, agréablement latino, de Keep The Night, autre plage de l’EP des Brilliant Trees. Quant au type qui en envoie à la guitare électrique, il s’agit d’Olivier Degraux. " Olivier est autodidacte. Plus bercé par la musique qui s’écoute avec des vêtements larges… Des groupes comme Pearl Jam, Nirvana… C’est sa came. " Des influences décelables sur une composition telle que ‘Till The Day I Die. Enfin, à la basse et à la plume, il y a Valérie. Amoureuse des mots, des phrases qui sonnent et des métaphores, de la New Wave quand elle était ado, du jazz rock et du progressif aujourd’hui. Son parcours musical l’a emmenée de la batterie à la basse. Entre l’Italie, la France et la Belgique. Son écriture est portée par une révolte criante de liberté. Pour échapper à la souffrance " de la vie à l’étouffée, du temps infernal qui défait les visages, et de l’impuissance d’y échapper. "

Dans les récits des Brilliant Trees, il y a du Murat dans la mélancolie, du Miossec dans la colère, et du Thiéfaine dans l’ironie. L’un des morceaux de leur EP est en français : Edvard crie. Un autre mêle français et anglais : Awesome World. Le premier rend un double hommage artistique. A Edvard Munch, dont le tableau " Le Cri " est à l’origine des paroles de la chanson. A Martine Cornil, dont le dessin pastel " Le Cri " est repris par le groupe pour la cover de leur EP.

We Live In An Awesome World, scandent par ailleurs les Brilliant Trees dans un refrain dont la teneur tient aux couplets. Extrait : " Ô Monde immonde, humain, hominien, ignominieux... Passé sous le joug, acculé, séditieux... Que de lois inhumaines, de cruautés d’ordre spectaculaire... Où des milliards de cœurs debout cherchent encore la lumière. La lumière? "

La lumière des Brilliant Trees passe par la révolte. Verlaine m’a aidé à décrire leur univers. Albert Camus me file un coup de pouce pour définir la révolte qui, je crois, les anime. Une révolte métaphysique. Dans L’homme révolté, Camus écrit : " La révolte métaphysique est le mouvement par lequel un homme se dresse contre sa condition et la création tout entière. L’esclave proteste contre la condition qui lui est faite à l’intérieur de son état ; le révolté métaphysique contre la condition qui lui est faite en tant qu’homme. L’esclave rebelle affirme qu’il y a quelque chose en lui qui n’accepte pas la manière dont son maître le traite ; le révolté métaphysique se déclare frustré par la création. Pour l’un et l’autre, il ne s’agit pas seulement d’une négation pure et simple. Dans les deux cas, en effet, nous trouvons un jugement de valeur au nom duquel le révolté refuse son approbation à la condition qui est la sienne. "

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