Génération 21 : Asymptotes

Génération 21
Génération 21 - © Asymptotes

La Tangente pour Tournai. Sa place Saint-Pierre et son pub irlandais. Dont le trio du groupe Asymptotes squatte la terrasse. Bien entouré par une jolie bande de potes. Bières au miel et coeurs d'ours. De lémurien et de suricate. Entre solitude, discrétion et libre électron. De la Norvège à la Martinique, en passant par le Brésil. Toujours, sur un fil.

Tournai, à l'heure où le soleil se couche. Flash au moment de traverser l'Escaut. “Y’a des oiseaux cloués au sol. Et des personnes inhumaines. Du feu sous l’eau, des satellites. Un monde régi par toutes ses ondes.” Ondes positives que je m'efforce à ne pas mystifier. Je poursuis mon chemin, le long des quais. Azures et sans brume. Avant de bifurquer vers une ruelle en pavé. Flash au moment d'arriver sur la place. “Danse sur la lune, dévoile les mystères. La face cachée des molécules, passe l’hélicoptère. L’eau courante si t’as la chance de bien tomber. Heureux sont ceux, heureux sommes nous, heureux suis-je né.”

Et heureux suis-je arrivé au pub irlandais de la place Saint-Pierre, où le trio d'Asymptotes m'accueille comme un pote. Ils s'appellent Ivan, Marc et Kenneth. Trois points d'une courbe qui tend, sans la toucher, vers une tangente exilée et nommée Arnaud. Qui, depuis le Brésil, participe au projet. Depuis sa création et jusqu'aux masterisations. À croire que la distance exacerbe les sens. Flash au moment de trinquer à nos mélanges. “Mélange encore nos alchimies. On spéculera sur le produit. Allez viens récolter le vent. Montrer au ciel qu’on a du cran.”

Message Clément, malgré la marée haute dans les têtes. Sang froid dans les cortex. Galvanisés par l'odeur du rhum et l'allure des bananiers. À la limite de la Martinique. Flash au moment d'apprivoiser la Lime. Et cette question: à quoi bon? “On changera pas les galaxies. La Terre s’en fout de c’qu’on en f’ra. Et on n’est pas si mal lotis. J’ai même la liste de ce qu’on a. On a de la force à dépenser, on a nos rages désabusées. De l’espoir dans nos tiroirs. Et puis il y a toi à mes côtés, tous nos frères de déboires. Toutes ces choses à s’échanger. Et le reste, c’est pour plus tard.”

Éloge de l'instant, sur fond de fragilité du temps. D'entropie qui nous défie. Et nous invite à jouir de la quiétude des plaines glacières détachées de toutes formes d'emballement. Comme une invitation à changer de paradigme. À changer notre rapport à l'actualité. Moins pressé, plus détaché. Plus serein. Flash au moment de rêver des fjords norvégiens. “Y’a une boule bleue et puis des gens qui la noircissent. Des Calottes d’eau solide, du soleil éphémère. De l’atmosphère, du diamant brumeux et lisse. L’azote dans l’oeil des hémisphères. Dinosaures antiques dans notre essence. De l’eau alourdie au fond de l’océan. Les emmerdes qu’on laisse à la relève. On rompt le bail interstellaire.”

Pendant ce temps là, le local se vide dans la maison d'en bas. Où les instruments percutent avec une intensité similaire à celle de leurs pairs: Noir Désir, Damien Saez, M, Fauve et encore Raphaël. Autant de compagnons dont les sons, les mots et les maux guident, en parallèle, l'esprit d'Asymptotes. Flash au moment de jouer à celui qui pisse le plus loin. “Avoir son verre en main. Le poser pour danser. Avoir son verre en main. Envoyer tout valser. Avoir ton verre en main. Cracher ta fumée. Avoir ton verre en main. Et bien s’accompagner.”

Dynamique de groupe portée par une section rythmique impeccable. Implacable. Sobre, certes. Mais d'une infinie justesse. Fusion d'univers à la croisée des sentiers. Entre rock mélodique, bien trempé, des années 1970 et jazz un brin barré de ces dernières années. Une fusion source de fondation. Qui délivre une assise solide au libre électron. Flash au moment où ce dernier dégaine un briquet. “Et il nous reste de la vodka, je veux arrêter de fumer. Mais trop d’instants mémorables tournent autour d’un cendrier. Et j’aimerais manger moins gras, du moins, simplement rassasier. Ce corps qui en veux-tu en voilà, s’entête à pas s’arrêter.” 

 

Et pourtant, il est bientôt l'heure de s'arrêter. De reprendre la route vers d'autres contrées. Non sans se saluer avec un supplément d'amitié. Et de quitter la place et ses pavés. Flash au moment de passer devant une vitrine dédicacée aux reptiles. “L’ennui dans les synapses. L’émotion qui te rattrape. Que le reptile n’a pas.” Flash au moment de retourner sur mes pas. “Aride, placide, parfois matricide. Relents amers consumés à vide. Perdus dans la toute petite Belgique. En avoir marre de serrer sur ma chique.” Flash au moment de m'enliser dans d'autres idées. “Cancérette, dans tes emplettes. Foie déchiré à coups de canettes. Royalement s’foutre des doigts tendus. Oublie le mal que t’as vécu.” Dernier flash au moment de remonter à la surface. “Respire un coup, meunier. On te fera du café. Fais-toi plaisir une fois, ça mange pas de pain. La routine tournera. Faut la casser parfois. Car sans passion, eh ben, t’as quoi? T’as rien.”

Il y en a c’est leur musique et leurs amours
Il y en a c’est leurs gamins et leurs amours
Il y en a c’est les voyages
Il y en a c’est leurs sorties
Il y en a c’est leurs amours et leurs amis

Les amis d'Asymptotes préparent un premier album. Enregistrement prévu cet été. D'ici là, ils seront en concert ci et là.

Plus d'infos par ici:

Site web d'Asymptotes: http://www.asymptotes.be/

Page Facebook d'Asymptotes: https://www.facebook.com/Asymptotesmusique/

 

 

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