Face à la crise sans précédent du coronavirus qui frappe l'économie, le petit monde des start-up s'est fédéré

chronique economique
chronique economique - © Tous droits réservés

C’est une première dans le monde des start-up ! Face à la crise sans précédent qui frappe l’économie, le petit monde des start-up en Belgique s’est fédéré : le nord et le sud du pays ont parlé d’une même voix ce lundi pour demander de l’aide au gouvernement fédéral.

Il faut dire que le gouvernement régional flamand a déjà tendu la main aux start-up via le déblocage de 250 millions d’euros, sous la forme de garantie de prêts. Mais cela ne suffit visiblement pas, puisque les start-up flamandes ont signé, avec leurs homologues du sud du pays, un appel pour que le fédéral les aide aussi.

Et que demandent ces presque 600 start-up ? C’est simple, elles voudraient, si leurs besoins financiers sont couverts à 25% par des investisseurs, que les pouvoirs publics donnent leur garantie pour les 75% restant, sous forme de prêts ou d’investissement. Elles partent du principe que si l’investisseur avisé a dit oui pour les 25%, il n’y a pas de raison pour que l’Etat prenne peur puisqu’il a en quelque sorte une garantie de viabilité, et donc, merci s’il vous plaît de garantir le solde.

Ce genre de déclaration ou de demande a beaucoup étonné les médias et également pas mal de patrons d’autres secteurs. S’il y a bien un secteur qui a passé son temps à expliquer que les autres boîtes sont ringardes, qu’elles ont fait leur temps et qu’elles allaient être toutes "disruptées", c’est bien dans le monde des start-up. Or, les voilà qui demandent l’aide de l’Etat comme ces "vieilles" sociétés, comme ces vulgaires entreprises de l’ancien monde. C’est hélas l’ironie du sort…

Ensuite, mes confrères du journal économique se posent aussi la question : si un investisseur croit dans le modèle économique de la start-up en question, n’est-ce pas son rôle de prendre la totalité du capital ou de s’associer avec d’autres investisseurs privés ? Pourquoi l’Etat devrait garantir une partie de ces levées de fonds ou de ces investissements ? D’ailleurs, c’est aujourd’hui le grand souci des start-up, que ce soit chez nous, en France ou même aux Etats-Unis : ces dernières années, pas mal de start-up ont réussi à lever des fonds sur la base de simples promesses alors qu’elles ne gagnaient pas encore d’argent, les investisseurs ont acheté l’avenir, si vous voulez. Cela énervait d’ailleurs certains commentateurs boursiers qui se demandaient pourquoi la presse économique parlait autant de ces levées de fonds et oubliait de demander à ces start-up quelle serait leur rentabilité à venir ?

Aujourd’hui, avec la crise du coronavirus, ce qui compte désormais, c’est la rentabilité immédiate et donc les promesses de rentabilité future ne font plus recette auprès des investisseurs ! D’où la peur de certaines start-up de ne pas passer l’automne ou l’hiver… Il faut hélas savoir que certaines d’entre-elles ont perdu jusqu’à 80% de leur chiffre d’affaires et que la plupart n’ont pas assez de cash pour tenir plus de 6 mois. Si la reprise est rapide, elles pourront sans doute s’en tirer, mais certaines d’entre-elles ont hélas juste un ou deux mois de trésorerie maximum. En Wallonie, 80% des start-up ne dépassent pas 100.000 euros de chiffre d’affaires, c’est peu, trop peu…

J’imagine qu’à défaut d’aide spécifique, toutes ces start-up devront se rabattre sur les aides octroyées aux entreprises, c’est-à-dire les reports de cotisations, de paiements de crédit, etc. Pour passer le cap de cette crise, il faudra donc qu’elles se montrent elles aussi agiles comme elles le préconisent souvent à leurs clients traditionnels.

J’espère qu’elles pourront s’en tirer, car les start-up ont l’avantage de faire rêver la jeunesse, qui depuis quelques années, préfère lancer sa boîte que de devenir fonctionnaire. Ce rêve-là ne doit pas être brisé, même si je n’ai bien entendu rien contre les fonctionnaires.

Newsletter Classic 21

Recevez chaque jeudi matin un aperçu de la programmation à venir.

OK