Et si le coronavirus était l'élément déclencheur pour forcer nos politiques à enfin former un nouveau gouvernement ?

chronique economique
chronique economique - © Tous droits réservés

L’épidémie de coronavirus est un "game changer". C’est Bruno Le Maire, le ministre français de l’économie, qui utilise cette expression anglo-saxonne. Un "game changer", c’est un événement inattendu et qui remet les choses à plat.

Pour les patrons européens et américains, le coronavirus montre par exemple que nous dépendons trop de la Chine. Les uns parce qu’ils fabriquent leurs produits là-bas en Chine et qu’ils sont aujourd’hui bloqués, d’autant que la mode est d’avoir zéro stock pour diminuer les coûts. Et puis d’autres entreprises, comme dans le secteur automobile, dépendent aussi de la Chine car c’est devenu le premier marché au monde devant les Etats-Unis. Or, les Chinois sont plus occupés à se calfeutrer qu’à penser à acheter une voiture d’origine allemande…

Bref, nous avons découvert ou redécouvert notre sino-dépendance, mais ce "game changer" pourrait être aussi un déclencheur positif pour enfin former un gouvernement fédéral. Le président de CD & V, Joachim Coens a en effet suggéré vendredi dernier qu’il faudrait rapidement mettre sur pied un gouvernement pour gérer la crise sanitaire. Il est en faveur d’un gouvernement "coronavirus" si je puis m’exprimer ainsi. Mes confrères du journal économique L’Echo rappellent qu’en 2010-2011, nous étions restés 541 jours sans gouvernement. A l’époque, nous étions en pleine crise de la dette publique, générée notamment par la faillite de la Grèce. C’est la pression des marchés financiers qui a finalement poussé les partis politiques à trouver une solution pour former rapidement un gouvernement. A l’époque, souvenez-vous, les taux d’intérêt avaient grimpé fortement et mis une énorme pression sur la Belgique pour qu’elle forme enfin un gouvernement.

Le "game changer" de cette période, c’était le taux d’intérêt assassin, et aujourd’hui, le "game changer", c’est sans doute le coronavirus. Je dis sans doute, car pour l’heure, rien n’a encore changé. C’est vrai que techniquement un gouvernement en affaires courantes peut se charger de régler cette crise sanitaire, et c’est ce qu’il fait en ce moment sous la direction de Sophie Wilmès, notre Première Ministre. Mais c’est vrai aussi que ce n’est pas top comme configuration surtout si des mesures plus draconiennes devaient être prises…

Reste à croiser les doigts en espérant que ceux et celles qui négocient la mise en place d’un nouveau gouvernement n’attraperont pas ce virus et ne seront pas mis en quarantaine, ce serait dommage de perdre encore 14 jours.