Dylan et Lennon sont stones

John Lennon & Bob Dylan
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Mai 1966. John Lennon et Bob Dylan sont les seuls candidats considérables au récent titre de "Porte-Parole Musical d'une Génération."

Alors au pinacle de leur gloire, les deux musiciens cherchent à se dégager de ses propres étiquettes en créant une musique qui n'avait aucun précédent.

Dylan étire la définition d'une "folk song" avec "Like a Rolling Stone", sur un album entièrement électrique, rageux et tortueux (Highway 61 Revisited, 1965) boudé par son public folk.

L'album Revolver des Beatles ne côtoiera pas les bacs avant l'été, mais les sessions d'enregistrement ont déjà commencé. Dans "Tomorrow Never Knows", Lennon mêle paroles philosophiques teintées d'acide avec une production audacieusement innovatrice.

Les seules images connues qui rassemblent les deux musiciens ont été filmées durant cette à cette époque. Mais ces images sont loin de dévoiler les deux hommes au sommet de leur art, la caméra met à nu le dialogue décousu et incohérent de deux rock stars complètement stones, sillonnant les rues de Londres à l'arrière d'une limousine.

Cette scène est le 27 mai 2966, par le réalisateur D.A. Pennebaker. Elle doit être inclue dans Eat the Document, une suite de Don't Look Back (1965), chronique de la première tournée de Dylan en Angleterre. Dans ce second volet, le musicien aux multiples visages filme des scènes surréelles improvisées avec les membres de son entourage.

Dylan et Lennon roulent à proximité de Hyde Park, tôt le matin, après une nuit passée au domicile suburbain du Beatle. Complètement en dehors des lois de la logique, le dialogue entre l'Anglais et l'Américain est semblable à une comédie dadaïste incompréhensible. Les deux hommes discutent la raison de la victoire des Anglais sur Hitler lors de la Seconde Guerre mondiale (réponse: la Tamise), parlent de la nostalgie, du baseball et des figures de la scène musicale contemporaine (The Mamas and the Papas, Johnny Cash, un groupe anglais de folk-rock appelé Silkie, ainsi que les autres Beatles).

Lennon racontera plus tard au magazine Rolling Stone: "[Dylan et moi étions] tous les deux dans l'ombre, et avions pris cette foutue came, et tous ces freaks autour de nous ... j'étais anxieux. Dans le film, je ne fais que bavarder et tout commenter, comme on fait lorsqu'on est défoncé. J'étais défoncé toute la nuit. On était deux fins finauds, c'était terrible. Mais c'était son univers, et c'était le problème pour moi. J'étais dans son film. J'étais sur son territoire, voila pourquoi j'étais si nerveux."

Bien que le Beatle appelait déjà Dylan "le meilleur dans son entourage" en 1964, le compliment lui a rarement été retourné. Lennon formulait ouvertement l'influence de son comparse, lui créditant l'inspiration de "I'm a Loser" et "You've Got to Hide Your Love Away." Zimmerman a quant à lui effectué son passage vers un son électrique peu après que les Beatles sont devenus une force musicale majeure. Bien que le rock & roll était une part intégrale de ses racines, le son et le succès des Fab Four a évidemment contribué en partie au changement stylistique de l'auteur-compositeur américain.

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