Double Shot : Bitter Sweet Symphony

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Tout le monde connaît ce hit mondial de 1997, extrait d’ ''Urban Hymns'', troisième et meilleur album du groupe de Richard Ashcroft : The Verve. L’album regorge de hits et est sans nul doute un des albums marquants des nineties. S’y bousculent des hits, tels que ''Sonnet'', ''The Drugs Don’t Work'', ''Lucky Man'' et bien sûr ''Bitter Sweet Symphony'' qui leur apporta gloire, notoriété et peau de balle en ce qui concerne les rentrées financières !

Le morceau s’inspire en effet de ''The Last Time'' des Rolling Stones, composition de Mick Jagger et de son comparse Keith Richards. Et quiconque s’attaque au répertoire des Stones sait ce qu’il en coûte au sens propre, une armada d’avocats se chargeant de la défense du patrimoine du second plus célèbre duo de composition de l’histoire du rock.

En clair, le petit emprunt musical basé sur un sample de la version orchestrale de Andrew Loog Oldham, ne se révéla productif qu’artistiquement parlant puisqu’Allen Klein, manager des Stones, les poursuivit rapidement, les accusant d’avoir utilisé un sample plus long que celui pour lequel l’accord avait été passé.

Mick Jagger et Keith Richards furent rajoutés aux crédits et Allen Klein, qui possédait les droits des chansons des Stones préseventies, toucha tous les droits jusqu’en avril de cette année où Mick et Keith décidèrent 'généreusement' de céder dorénavant officiellement leur copyright à The Verve. Ashcroft annonça en mai que la dispute était terminée suite à des négociations avec le fils d’Allen Klein et le nouveau manager des Rolling Stones, Joyce Smith.

A l’époque, le morceau, premier single de l’album, avait été proclamé par la presse spécialisée (Rolling Stone et NME en tête) single de l’année, qualifiant la chanson de fer de lance de la célèbre Britpop. Il faut bien avouer que la production de Youth y est pour beaucoup, surtout grâce à l’apport d’une section de cordes.

La vidéo aussi fit parler d’elle puisqu’on y voit Richard Ashcroft déambuler sur le trottoir londonien fort fréquenté d’Hoxton Street sans dévier d’un pouce de sa route, tout à fait indifférent à ce qui se passe sur son trajet et refusant tout changement de direction. A la fin de la vidéo le reste du groupe rejoint Richard Ashcroft avant de disparaître en s’éloignant.
 

Aux Brit Awards de 1998, ''Bitter Sweet Symphony'' fut nominé pour la catégorie Best British Single. La vidéo (de Walter A. Stern) fut nominée dans 3 catégories, Video of the Year, Best Group Video et Best Alternative Video aux 1998 MTV Video Music Awards. En 1999 la chanson fut nominée dans la catégorie Grammy Award for Best Rock Song.
 

Beyoncé utilise ''Bitter Sweet Symphony'' dans son ''If I Were A Boy'', Limp Bizkit le mixe avec sa reprise du ''Home Sweet Home'' de Mötley Crue et London Grammar en a fait une version à la BBC qui apparaît sur la version Deluxe de leur album ''Truth Is A Beautiful Thing'' en 2017.
 

Le Who enregistra à l’époque, à toute vitesse (enregistrement et sortie en une semaine), une version de ''The Last Time'' dont les droits devaient servir à payer la caution des Stones, emprisonnés pour détention de drogues. John Entwistle autorisa même Pete Townshend à assurer la partie de basse parce qu’il était en voyage de noces. Lorsque la version sortit, les Stones venaient, eux aussi, de sortir… Mais de prison.
 

D’autres versions virent le jour, comme celles de Bobby Bare, de Grateful Dead, des Tractors ou encore de John Farnham…

''The Last Time'' est le premier single des Rolling Stones écrit par Jagger/Richards. Il avait été enregistré aux RCA Studios à Hollywood, Californie, en janvier 1965. Ce fut le 3e 45 tours à atteindre le numéro 1 des UK Singles Charts. Le refrain de la chanson est très semblable au ''This May Be The Last Time'' des Staple Singers, une chanson de 1958, qui était elle-même inspirée par un vieux gospel. Comme quoi, tout est dans tout !

La version originale du sample apparaît sur l’album ''The Rolling Stones Songbook'' sorti en 1965 par l’Andrew Oldham Orchestra. L’enregistrement et son passage caractéristique pour violons avaient été écrits et arrangé par David Whitake.

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