BEST OF : Depeche Mode - 10 titres emblématiques commentés

  • Personal Jesus (août 1989)

Pour écrire "Personal Jesus", Martin Gore va être inspiré par le livre autobiographique de Priscilla Presley "Elvis&Me" dans lequel elle décrit la relation particulière qu’elle entretenait à l’époque avec celui que l’on appelait le "King" du rock’n’roll.

Martin Gore :

C’est une chanson qui parle du fait d’être une sorte de Jésus pour quelqu’un d’autre, quelqu’un qui vous donne de l’espoir et qui prend soin de vous. Elvis était son compagnon et en même temps son mentor, combien de fois cela se produit-il dans les relations amoureuses ? Aimer l’autre comme un Dieu en quelque sorte, ce n’est pas une vision très équilibrée, n’est-ce pas ?

On se souvient évidemment aussi de la très belle reprise de ce titre par Johnny Cash sur son album "American IV, The Man Comes Around" sorti en 2002 ainsi que de la version de Marilyn Manson qui sortira, elle, deux ans plus tard.

  • Just Can’t Get Enough (septembre 1981)

Ecrit par le claviériste du groupe à l’époque, Vince Clarke, ce titre a été inspiré par "To Cut a Long Story Short" de Spandau Ballet. Ce titre, avec ce rythme très entraînant contraste plutôt avec les compositions plus sombres de Martin Gore. Clarke, lassé de la vie en tournée, des interviews et du star-system, quittera le groupe en bons termes en novembre 1981.

Par la suite Vince Clarke évoluera au sein de Yazoo, The Assembley et surtout d’Erasure, qu’il fondera en 1985 avec beaucoup de succès.

  • Enjoy The Silence (janvier 1990)

A l’origine, ce titre avait un tempo bien différent et était une ballade au clavier. C’est Alan Wilder, l’un des claviéristes du groupe, qui aura l’idée d’en accélérer le tempo. Le reste du groupe n’était pas vraiment convaincu par cette proposition mais finira par accepter.

Martin Gore, le compositeur de ce titre, se souviendra de la création de ce morceau, bien plus tard, lors d’une interview pour le magazine Mojo en 2012 :

La démo originale d’Enjoy the Silence était très lente et plutôt minimaliste. C’était juste moi et un harmonium. Puis Alan a eu l’idée de rajouter un beat dans le titre. On a alors ajouté ces accords de chœurs et puis Flood et Alan ont dit 'Mais pourquoi tu ne jouerais pas un peu de guitares au dessus ?' C’est comme ça qu’est apparu ce riff. Je pense que c’est la seule fois dans notre histoire qu’on s’est tous regardé et qu’on s’est dit 'ça, ça pourrait être un tube !'

  • People Are People (mars 1984)

"People Are People" est le titre qui a permis à Depeche Mode de conquérir les Etats-Unis où il deviendra le premier véritable succès du groupe. Martin Gore, compositeur de ce classique, ne l’aime pas spécialement. Il le trouve trop direct dans son contenu et lui reproche un manque de subtilité, préférant des titres laissant plus de place à l’interprétation du public. Comme il ne porte pas "People Are People" dans son cœur, Depeche Mode ne l’a plus joué sur scène depuis 1988.

  • Walking In My Shoes (avril 1993)

Pour assurer la promo de ce titre, Depeche Mode fait appel au fidèle réalisateur Anton Corbijn, qui nous livre ici un clip vidéo très intéressant inspiré par la Divine Comédie de Dante.

  • Master and Servant (août 1984)

Par son contenu très sexuel évoquant les relations sadomasochistes, ce classique se verra interdit d’antenne aux Etats-Unis à sa sortie. On raconte même que la BBC pensait en faire de même mais que la personne chargée de la censure était en vacances à la sortie de ce titre… La censure américaine n’empêchera pas "Master and Servant" de devenir l’un des plus grands standards et un favori des concerts de Depeche Mode.

  • Wrong (avril 2009)

Un titre qu’Andrew Fletcher ("Fletch") qualifiera de "véritable antidote à la pop 'bugglegum', style musical très inapproprié à la société dans laquelle nous évoluons aujourd’hui".

Martin Gore, compositeur du titre, précisera :

C’est assez différent de ce que nous avons fait auparavant. Je ne sais pas trop dans quelle catégorie ranger ce titre mais on peut dire qu’il y a un aspect rap dans ce titre. C’est probablement ce que nous ferons de plus proche dans le genre R&B.

  • Where’s the Revolution (février 2017)

Premier single issu de l'album "Spirit", "Where’s the Revolution" comporte une touche assez politique, ce qui est assez rare dans le catalogue de Depeche Mode.

Cependant s’il y a un certain engagement, Dave Gahan ne qualifie pas vraiment le titre ou l’album de réellement 'politisé'.

Je ne dirais pas que c’est un album politique, parce que je n’écoute pas de la musique de façon politique. Mais c’est définitivement un album à propos de l’humanité, et de notre place au sein de celle-ci. Si nous voulons un changement, une révolution, nous devons en parler et nous soucier de ce qui se passe dans le monde.

  • World in My Eyes (janvier 1990)

Autre titre très sensuel, "World in My Eyes" évoque le chemin vers l’orgasme. On notera que The Cure en enregistrera une reprise intéressante sur "For The Masses" (1998), album hommage à la musique de Depeche Mode.

  • Policy of Truth (mai 1990)

Grand classique de Depeche Mode, ce sera le seul single de la formation à mieux fonctionner aux Etats-Unis qu’en Angleterre. De manière générale, le groupe avait toujours plus la faveur du public de sa terre natale.

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