Découvrez le Top 10 John Lennon des auditeurs de Classic 21

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john lennon - © Tous droits réservés

A l'occasion du trentième anniversaire de sa disparition, Classic 21 revient sur la carrière de John Lennon. Retrouvez le Top 10 des singles de John Lennon à 7h50 et 17h15 dans Easy Rider et On The Road Again. Chaque jour, découvrez votre classement présenté par Marc Ysaye.

  

 

N° 1 : Imagine

Imagine est indubitablement le plus célèbre des titres de la carrière solo de John Lennon. C’est aussi un titre particulièrement engagé dans lequel Lennon nous décrit ce que serait son monde idéal. De nombreuses années après la sortie du titre, il expliquera : « Vous savez ‘Imagine’ était un morceau anti-religieux, anti-nationaliste, anti-conventionnel, anti-capitaliste, mais comme il était emballé autour d’une jolie mélodie, il a été accepté et a été diffusé comme si de rien n’était ».

« Imagine », le titre parait sur le second « véritable » album solo de Lennon, album portant le même nom et sorti en 1971. Pour Lennon, ce titre « Imagine » n’est en fait qu’une nouvelle version de « Working Class Hero », c’est à nouveau un titre engagé mais ‘emballé’ d’une autre façon. Lennon : « Imagine était une déclaration sincère. C’était ‘Working Class Hero’ enrobé de chocolat. J’essayais de penser ce morceau en termes d’enfants »

John Lennon composera ce grand classique sur un piano droit brun (un steinway) et non pas sur le célèbre piano à queue blanc que l’on peut voir dans le clip d’ « Imagine » (également un piano de marque steinway). On peut d’ailleurs préciser que ce piano blanc (celui du clip donc) est toujours en possession de Yoko Ono aujourd’hui.

On le sait, Yoko Ono aura une grande influence sur la pensée philosophique et politique de Lennon, ce dernier aurait d’ailleurs pris comme base pour « Imagine » une phrase tirée de « Grapefruit », un recueil de poème de Yoko Ono dans lequel on retrouvait ce passage : « Imagine the sky crying… » et « Imagine you’re a cloud ». Autre source d’inspiration souvent citée c’est celle du titre « I’ll Get You » que John avait écrit à l’époque des Beatles et principalement son passage « Imagine, I’m in Love with you, it’s easy ‘cos I know ».

Pour accompagner John sur le titre on retrouve Alan White à la batterie (qui rejoindra un peu plus tard le groupe Yes) ainsi que Klauss Voorman, ami de John depuis la période « Hambourg », à la basse.

Avant d’écouter ce grand moment de l’histoire de la musique, je vous propose d’écouter le témoignage exclusif que Klaus Voorman nous a accordé au micro de LRI. Dans ce court extrait, Klaus Voorman, le bassiste, nous dit - avec beaucoup de modestie – que le morceau se suffisait à lui-même, John au piano et au chant sans aucun autre instrument. Ce qu’il a apporté à la basse ou Alan White à la batterie n’est que secondaire, John avait écrit seul ce véritable chef d’œuvre et il n’avait besoin de rien de plus…

 

N° 2 : Jealous Guy

L’origine de « Jealous Guy » remonte à l’époque des Beatles. John Lennon avait commencé à travailler sur une démo intitulée « Child of Nature » qui parlait de leur récent voyage initiatique en Inde en compagnie du Maharishi Mashesh Yogi. Comme cette démo n’avait jamais été finalisée pour sortir sur un album des Beatles, John va se baser sur celle-ci pour écrire un tout nouveau morceau qui ne tardera pas à devenir ce grand classique de sa carrière solo : « Jealous Guy ».

On va d’ailleurs s’écouter quelques secondes de ce véritable document, cette démo «  Child of Nature » …

Diffusion de C21-CHILD OF NATURE (environ 30 secondes)

On se rappellera aussi du fameux clip vidéo du morceau dans lequel on voyait John dans sa très grande propriété en train notamment de flâner sur une barque en compagnie de Yoko Ono.

Pour accompagner John Lennon sur ce titre, on retrouvera une sélection de musiciens prestigieux : il y a Nicky Hopkins au piano, John Barham à l’harmonium, Joey Molland et le regretté Tom Evans (guitares acoustiques), le fidèle Klaus Voormann à la basse, Alan White au vibraphone et Jim Keltner à la batterie.

Durant l’hiver 81, en février, quelques semaines à peine après la tragique disparation de John Lennon, le groupe Roxy Music sortira une formidable reprise de ce titre qui ne tardera pas à se hisser à la tête des charts un peu partout dans le monde.

 

N° 3 : Working Class Hero

Au même titre qu’ « Imagine », « Working Class Hero » fait partie des morceaux engagés de Lennon, titre dans lequel, à nouveau, il ne cache pas sa sympathie pour les mouvements de gauche en Angleterre et aux Etats-Unis.

Grand admirateur de Bob Dylan, John Lennon nous livre ici un titre particulièrement dépouillé, sans arrangements, très brut, mais d’une efficacité redoutable. Il est fort à parier que s’il avait surproduit celui-ci, il n’aurait pas eu le même impact.

Voici ce que John Lennon dira à propos Working Class Hero.

« Je pense que c'est un morceau pour les gens gens comme moi qui appartiennent à la classe ouvrière - peu importe, supérieure ou inférieure - qui sont supposés être intégré dans les classes moyennes, à travers la machinerie, [le système] c'est tout. C'est mon expérience, et je pense que c'est juste un avertissement pour eux. Je dis que c'est une chanson révolutionnaire ; Pas la chanson en elle même mais que c'est une chanson pour la révolution »

Ce morceau ne tardera pas à devenir l’un des grands hymnes « engagé » de l’histoire du rock. De nombreux artistes reprendront ce titre. Parmi ceux- ci citons Marianne Faithfull, David Bowie (au sein de son projet Tin Machine), Roger Taylor (le batteur de Queen en solo), Marilyn Manson, Richie Havens, Noir Désir, Ozzy Osbourne ou encore Green Day.

Pour ceux d’entre vous qui ne maitrise pas la langue de Shakespeare, voici un petit extrait traduit de ce texte incroyable signé par John Lennon :

« Ils te font souffrir chez toi et te battent à l’école

Ils te détestent intelligent et te méprisent idiot

Jusqu’à ce que tu sois si cinglé que tu ne puisses plus suivre leurs règles

C’est quelque chose d’être un héro de la classe ouvrière … »

Ou encore, plus loin,

« Ils te gardent drogué grâce à la religion, le sexe et à la TV

Et tu te crois si intelligent, hors de toute classe et si libre

Mais tu n’es rien d’autre qu’un « putain » de paysan à ce que je peux voir

C’est quelque chose d’être un héro de la classe ouvrière… »

N° 4 : Instant Karma! (We All Shine On)

Première collaboration solo de John Lennon avec le célèbre producteur Phil Spector, « Instant Karma ! » est un des titres phares de la carrière du musicien.

John Lennon avait toujours rêvé d’écrire, d’enregistrer et de produire un titre et un temps record. Il avait un projet, un défi depuis quelques temps, c’était « écrire un titre le lundi, de l’enregistrer le mardi, de le faire presser le mercredi et qu’il soit disponible en magasin le vendredi ». C’est un peu ce qu’il va réaliser ici avec « Instant Karma ! » un titre qui sera écrit, enregistré et produit très rapidement.

L’origine de ce titre remonte à une discussion que John avait eu avec Melinda Kendall, la femme de Tony Cox (l’ex de Yoko et père de Kyoko, la fille que Yoko avait eu de cette précédente union). Lors de cette conversation ayant eu lieue au Danemark, John et Melinda avait discuté du concept du karma, issu des doctrines hindous, ce concept était très en vogue chez les hippies dans la fin des années 60. Une idée avait alors germé dans l’esprit hyper créatif de Lennon, une sorte de concept publicitaire, un slogan, l’ « Instant Karma ». En fait ce « karma instantané » est - d’une certaine façon - un non sens, puisque que le karma évoque la combinaison des choix et activités d’un être qui le mène vers telle ou telle destiné (positive ou négative), une sorte de récompense ou de punition résultant de nos actes.

Mais ce concept publicitaire plaisait à Lennon et correspondait bien à son sens prononcé pour l’ironie.

Début janvier 1970 les Beatles (sans Lennon) terminent le « Let It Be » de Paul. Ce sera la dernière session d’enregistrement des Beatles (mis à part la mini-réunion pour l’Anthology Beatles dans les 90’s). Quelques semaines plus tard , le 27 janvier, John débarque seul au studio Abbey Road pour y enregistrer ce titre en solo « Instant Karma ! » en compagnie de George Harrison, le bassiste et fidèle ami Klaus Voormann et le batteur Alan White (futur Yes). L’enregistrement sera rapidement en boite et à peine 2 semaines après l’écriture et l’enregistrement du titre il sera retrouvera sous forme de 45 tours dans les commerces le 6 février 1970…

N° 5 : Give Peace a Chance

« Give Peace a Chance » est probablement - avec « Imagine » - le titre le plus emblématique de la carrière solo de Lennon. Le message est simple mais d’une incroyable puissance.

L’origine de « Give Peace a Chance » remonte au célèbre « Bed-In » de John et Yoko. Interdit de séjour aux Etats-Unis – à cause d’un problème de drogue – John Lennon et Yoko finissent par s’installer pendant quelques temps à Montreal au Canada. Nous sommes le 26 mai 1969, John et Yoko s’installent alors à l’hotel Reine Elisabeth de Montréal (leur plan initial était de se rendre au Plaza de New York). Débute alors le second « Bed in » (le premier avait eu lieu à Amsterdam) durant lequel John et Yoko vont militer pour la paix en passant leurs journées au lit et en recevant des journalistes.

Lors de ces entrevues avec les journalistes, John ne cessera de répéter cette phrase « give peace a chance ». A force de répéter celle-ci, John a l’idée d’une chanson, celle-ci devrait refléter ce message. Ainsi, il va convoquer quelques un des ses amis (Timothy Leary, « monsieur » LSD, le musicien et comédien Tommy Smothers à la guitare, la chanteuse Petula Clark, le poète Allen Ginsberg ainsi que notamment quelques membres du Montreal Radha Krishna Temple) pour chanter ce titre avec lui.

A sa sortie en juillet 1969, « Give Peace a Chance » grimpera à la seconde place des classements en Angleterre (il n’arrivera cependant pas à détrôner le «  Honky Tonk Women » des Stones). Sur le 45 tours original, on retrouvait dans les crédits de composition le célèbre duo « Lennon/McCartney ». Bien évidemment Paul McCartney n’avait aucun rapport avec ce morceau, mais, à cette époque, Lennon faisait toujours partie des Beatles et l’accord « Lennon/McCartney » était encore d’actualité. Sur les éditions actuelles, le titre a été recrédité à John Lennon seul.

N° 6 : Woman

Woman est une très belle composition de John Lennon. Il peut être vu comme un « enième » morceau d’excuse adressé à Yoko Ono mais est aussi comme un très bel hommage aux femmes en général.

Lors de l’enregistrement de ce titre, John Lennon donnera des conseils très précis à ses musiciens de l’époque (équipe de musiciens dans laquelle on retrouvait notamment le bassiste Tony Levin, fidèle de Peter Gabriel ou encore le guitariste Earl Slick, fidèle de David Bowie). Lennon demandera à ceux-ci de faire sonner le titre comme un morceau genre « début de la Motow/Beatles 1964 ». Il leur précisera également de jouer comme s’ils s’adressaient « à leurs mère ou à leurs sœurs, à une femme. C’est pour elles que vous jouez » précisera-t-il .

Lors d’une interview qu’il accordera au magazine playboy en 1980, John Lennon décrira « Woman » comme une version « mature » du titre « Girl » des Beatles (titre sorti 15 ans plus tôt sur l’album « Rubber Soul »)

 Lennon qui avait proposé un titre très influencé par le féminisme en 73 (« Women Is The Nigger of the World » qu’il avait co-écrit avec Yoko), précisera alors qu’à sa sortie, il chantait certes cette dénonciation des inégalités « hommes-femmes » mais qu’il n’adoptait pas vraiment le comportement adéquat dans sa vie de tous les jours. En effet, par la suite, Lennon a continué à avoir un comportement macho et parfois violent avec ses compagnes (avec May Pang durant la période des « Lost Weekend » et avec Yoko par la suite).

Avec Woman, John nous propose ici un hommage aux femmes par un homme apaisé, qui se sent encore coupable mais qui a réussi à combattre ses démons intérieurs. Il expliquera : « L’histoire de me relations avec les femmes n’est pas terrible. J’ai été très macho, j’agissais mal comme certains hommes peuvent le faire. Je suppose que c’était pour masquer mon côté sensible et insécurisé. Vous savez, j’essayais de cacher mon côté féminin, et parfois il m’arrive de continuer à le faire, je me mets dans mes bottes de cowboy quand je n’ai pas confiance en moi. Mais aujourd’hui, je suis plutôt dans mes baskets et c’est bien plus confortable »

N° 7 : Happy Xmas (War is Over)

Chez les Beatles, il y avait une sorte de tradition à chaque fête de Noël… En effet, à cette occasion, le groupe enregistrait, à chaque fois, quelques petites « surprises » pour son fan club.

 Généralement il s’agissait de petits jingles, de sketches ou alors de mélodie pas trop sérieuse. Cette habitude avait profondément marqué Lennon et, quand il s’est retrouvé à gérer sa propre carrière solo, il a eu envie, à la période de Noël, de marquer le coup en produisant cette fois ci quelque chose de plus sérieux, une véritable chanson de Noël.

Lennon avait toujours eu envie d’écrire une chanson de Noël, une chanson marquante, intemporelle qui traverserait ainsi l’épreuve du temps.

Happy Xmas (War Is Over) sera aussi le premier enregistrement new-yorkais de Lennon (le premier d’une longue série). A nouveau, grâce à ce titre, Lennon va faire passer un message fort et créer une sorte d’hymne tout comme il l’avait fait avec les Beatles sur « All You Need Is Love » ou encore en solo avec « Give Peace a Chance » et « Power to the People ».

Pour produire ce titre (qui sortira uniquement en single et pas sur un album), John Lennon va à nouveau faire appel à son ami Phil Spector. Il faut dire que Spector s’y connait en chanson de Noël, on se souviendra notamment de son célèbre album « A Christmas Gift To You » sur lequel on retrouvait des versions très « sucrées » de « White Christmas » ou encore de « Frosty The Snowman » interprétés par différents artistes dont ses deux girls bands favoris : The Ronettes et The Crystal.

Pour enregistrer les célèbres chœurs présents sur le titre, Phil Spector va engager une chorale d’enfant : la Harlem Baptist Choir. La présence de celle-ci va renforcer l’aspect communautaire, rassemblement du morceau.

A propos du titre en lui-même (pas la chanson - le titre), « Happy Xmas (War is Over) », John Lennon l’avait déjà utilisé deux ans auparavant au mois de décembre 69 pour une grande campagne d’affichage qui avait pour objectif de transmettre ce message de paix : « War is Over ! If You Want It. Happy Christmas from John & Yoko ». Cette grande campagne avait été affichée dans plusieurs endroits célèbres du globe: Time Square, Piccadilly Circus, Sunset Strip et les Champs-Elysées.

N° 8 : #9 Dream

Le monde du rêve a toujours fasciné John Lennon. En 1969, lors d’une discussion avec le philosophe et sociologue canadien Marshall McLuchan, John lui expliquera « vous savez écrire une chanson, c’est un peu comme décrire un rêve… Comme nous n’arrivons pas à communiquer par télépathie, nous essayons de décrire nos rêves aux autres, de les partager pour en comprendre le sens ».

Dans l’histoire des Beatles, le monde du rêve est important. La mélodie de « Yesterday » serait apparue à Paul McCartney lors d’un rêve. Lennon, lui aussi, aurait également rêvé de plusieurs « bases » mélodiques pour certaines de ses compositions.

Dans le cas de ce superbe « #9 Dream », l’origine provient bel et bien d’un rêve que John a fait durant sa période des « Lost Weekend », cette période de la mi-70 durant laquelle il est séparé de Yoko Ono et vit alors une romance avec son assistante personnelle May Pang.

Un jour, John se réveille et décrit son rêve à May Pang. Il lui explique qu’il a rêvé de deux femmes (apparemment il s’agissait de Yoko et May Pang) qui chuchotaient son nom et qui chantaient ce drôle de refrain dans un langage inconnu : « Ah ! Böwakawa poussé, poussé ».

Ce rêve ne tarde pas à devenir la base d’un nouveau titre qui porte pendant tout un temps le nom de « So Long ».

Renommé plus tard « #9 Dream », ce titre traduira parfaitement l’atmosphère du rêve en musique. Sur ce titre, John Lennon nous prouve – encore une fois – tout son génie musical.

Alors pourriez-vous vous demander, pourquoi ce titre « #9 Dream » ? Et bien tout simplement (et les fans des Beatles le savent) le 9 est le chiffre fétiche de John Lennon. Si vous connaissez l’album Blanc des Beatles, vous devez connaître le morceau expérimental « Revolution 9 ». Ce chiffre, 9, a accompagné la vie de Lennon. Il est né le 9 octobre (tout comme Sean, son second fils). Il a vécu au 9, Newcastle Road à Liverpool. Une de ses premières compositions était intitulée « One After 909 ». A New York, il vivait au Dakota Building à la 72nd Street (7 +2 = 9).

N° 9 : Mother

Mother est un extrait du premier « véritable » album solo de John Lennon, un album baptisé « Plastic Ono Band ». Pour la création de celui-ci, John Lennon va fortement s’inspirer de la thérapie primaire qu’ils sont en train de suivre – avec Yoko - à cette époque, une thérapie développée par le psychologue américain Arthur Janov. Celle-ci consiste à revivre les angoisses et les peurs primaires de l’enfance afin de les expulser hors de soi pour mieux vivre.

Sur le titre « Mother », Lennon va véritablement lâcher toute la rancœur qu’il a par rapport à ses parents : Julia et Freddie Lennon. Elevé par sa tante Mimi, John Lennon ne connaitra sa véritable mère Julia qu’à l’adolescence. Celle-ci l’encouragera à continuer dans la musique et sera une de ses premières supporter lors de ses débuts sur scène. Malheureusement elle disparaitra tragiquement alors que John n’avait que 16 ans (elle sera renversée par un policier ivre).

John Lennon ne verra qu’occasionnellement son véritable père, un travailleur dans la marine marchande. Dans « Mother », John Lennon hurle véritablement sa douleur, ce traumatisme de son enfance, il demande à sa mère de ne pas partir (de ne pas mourir) et à son père de revenir. Après avoir exprimé, éxulté tout cela, John Lennon semble apaisé et veut simplement leur dire « goodbye » (aurevoir) afin de se libérer de toute cette peine qu’il n’a jamais réussi à surmonter auparavant.

On notera, pour l’anecdote, que le père absent de Lennon aura quand même finit par se manifester quelques années plus tôt, en plein Beatlemanie, profitant même du succès de son fils pour sortir son propre 45 tours « That’s My Life » qui fera un flop total à sa sortie en 1966 et qui ne bénéficiera d’aucun soutien de John. Cependant – le temps passant- les relations s’apaiseront entre père et fils. Ainsi, apprenant les difficultés financières de son père, John acceptera de lui verser une sorte de pension. Plus tard, dans les 70’s, alors que John s’est établit à New York depuis un petit bout de temps, John et son père échangeront quelques coups de fils plutôt « tendre » et ce quelques jours après la disparition de ce dernier le 1er avril 1976.

 

N° 10 : Power the People

John Lennon écrira « Power to the People » après avoir reçu chez lui, dans sa célèbre propriété de Tittenhurst Park, un duo d’intellectuels de gauche : Tariq Ali et Robin Blackburn. Tous les deux étaient à la recherche d’argent pour financer leur magazine Red Mole

John se sent assez concerné par cette discussion avec Ali et Blackburn. Lennon fait, bien évidemment, parti des « riches » mais n’en oublie pas pour autant ses origines modestes. Plutôt que de financer directement leur magazine, Lennon leur promet d’écrire un titre, un tube qui pourrait transmettre leur message d’opposition, de révolte.

Lennon se met directement au boulot et écrit ce titre très rapidement « Power to the People », un de ces véritables « hymnes » dont il a le secret (aux côtés de « Give Peace A Chance » ou encore « All You Need is Love » qu’il a écrit à l’époque des les Beatles).

Lennon expliquera plus tard qu’il s’agit d’un titre ou il avoue, d’une certaine façon, sa « culpubilité » d’homme riche par rapport à la situation sociale de beaucoup de gens. Un peu plus tard, Lennon reniera ce titre, le qualifiant purement et simplement de « shit ».

Phil Spector produira le titre, c’est lui qui aura la très bonne idée d’ajouté cette chorale gospel pour renforcer l’aspect communautaire du titre. L’excellent saxophoniste Bobby Keys (que l’on retrouve notamment sur le magnifique solo du « Brown Sugar » des Stones) sera ici présent au saxo.

 

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