Cure : 30 ans de Disintegration

Cure: 30 ans de Disintegration
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Le 2 mai 1989, The Cure sort l’album « Disintegration », c’est un grand succès mais aussi un retour aux sources…

Retour sombre…

« Disintegration » est le huitième album des Cure.

« Disintegration », est un album important de la carrière du groupe, il est assez différent des albums précédents et marque un changement important au sein du line-up. « Disintegration » est également l’un des plus grands succès commercial des Cure.

Cette différence, ce changement, correspond à un assombrissement de la musique de la formation. En effet, « Disintegration » ne propose pas du tout la même atmosphère que les 2-3 albums précédents, le ton est ici beaucoup plus sombre, les paroles sont beaucoup plus sinistres et d’une certaine façon The Cure retourne ici au son et à l’ambiance de ses premiers albums (des productions telles que « Faith », « Seventeen Seconds » ou encore « Pornography »).

« Disintegration » se veut d’ailleurs être le second album d’une trilogie commencée par « Pornography » (en 1982), trilogie qui se refermera, près de 20 ans plus tard, avec comme troisième et dernier volet l’album « Bloodflowers » (en 2000).

« Disintegration » suit de deux ans exactement la sortie de l’album « Kiss Me, Kiss Me, Kiss Me », un album très pop, très léger (et mixé en Belgique, à Bruxelles, au studio ICP).

Suite à la sortie de l’album « Kiss Me, Kiss Me, Kiss Me », les relations entre Lol Tolhurst et le reste du groupe deviennent tout à fait insupportables. Tolhurst est alcoolique, il consomme massivement de la drogue et est donc complètement ingérable. Le batteur, devenu claviériste, se fait congédier par le reste du groupe, ceux-ci prétextant que leurs relations avec lui sont « endommagées de façon irrémédiable »…

Pictures of You

Comme beaucoup de titres des Cure, Pictures of You fait référence au monde de la littérature.

Après avoir lu « The Dark Power of Ritual Pictures » de Myra Poleo et s’être inspiré de ses écrits, Robert Smith écrit ce superbe titre et en profite également pour détruire la plupart des traces de son passé (des anciennes photos, des enregistrements vidéo, des documents). Il décide de faire table rase. Si ce processus lui donne alors l’impression d’être soulagé, il finira cependant par s’en mordre les doigts quelques années plus tard…

Une ambiance détendue…

Malgré des titres à l'ambiance assez sombre, les membres des Cure se remettent au travail et commencent à plancher sur leur nouvel album « Disintegration » au Studios Outside (Berkshire, Angleterre).

Le studio est au top de la technologie de l’époque. The Cure enregistre sur un 48 pistes. Le studio est très grand, la régie l’est aussi ce qui est s’avère pratique puisque beaucoup de musiciens doivent y travailler (le groupe est composé de 6 musiciens sans compter le producteur, les ingés sons, les assistants)

De nombreux claviers sont situés juste à côté de la table de mixage en régie, ce qui rend le travail plus facile. On retrouve aussi, dans ce très beau studio, un piano à queue que Roger O’Donnell utilise sur plusieurs titres.

A la production on retrouve David Allen qui accompagne The Cure depuis déjà quelques années. En studio, Allen est quelqu’un de très calme, quelqu’un qui va jouer un rôle de coach avec les musiciens plutôt que de véritable producteur.

Certes c’est lui qui va aider le groupe à choisir les meilleures prises, mais il apporte une présence plus psychologique (encouragement) que véritablement technique…

Un procès en fond 

Si Lol Tolhurst participe, tant bien que mal, a l'enregistrement de l'album, il est finalement écarté du groupe après la finalisation de l'album. 

Suite au départ de Lol Tolhurst, Cure vit quelques moments difficiles.

En effet le groupe doit faire face à un important procès qui va l’opposer à Lol Tolhurst, qui semble ne pas avoir trop apprécié de se faire éjecter…

Love Song

Assez étonnamment personne n’apprécie ce morceau dans le groupe. Celui-ci se retrouve même écarté des prestations live des Cure. Un peu plus tard, Chris Parry, le manager, propose au Cure de sortir ce morceau comme second single de l’album, les musiciens s’opposent vivement à cette décision mais Parry a le dernier mot… Parry a vu juste puisque le titre connaît un énorme succès.

Fascination Street

Anecdote amusante à propos de ce classique, pour en trouver le titre, les musiciens du groupe reçoivent une liste de mots qui pourraient coller avec le terme «… Street ».

Cela pouvait être « Wonderful Street » ou tout autre mot qui s’associerait bien avec ce « Street ». Les musiciens sont libres de proposer ou de choisir un terme dans cette liste. C’est finalement « Fascination Street » qui est choisi par l’ensemble des membres des Cure.

Il fait référence à la rue Bourbon (Bourbon Street), probablement la rue la plus célèbre de la Nouvelle-Orléans.

Bourbon Street, une rue très musicale, particulièrement célèbre pour sa scène jazz (on raconte que le jazz sera né là-bas).

A propos de ce titre « Fascination Street », Robert Smith expliquera bien plus tard :

Je pensais à la Bourbon Street à la Nouvelle-Orléans lorsque j’ai écrit ce titre, j’étais sur le point de m’y rendre et je me disais ‘mais enfin, qu’est-ce que j’espère y trouver finalement… ?’ C’est à propos de cette incrédulité, de cette façon d’être à la recherche du moment parfait et de se faire avoir en conclusion…

Un grand succès

« Disintegration » connaît, à sa sortie, un très grand succès. L’album se place à la 3ème position des charts en Angleterre et à la 12ème position aux Etats-Unis (l’album reste classé là-bas pendant 55 semaines).

« Disintegration » est également le premier album des Cure à avoir été spécifiquement enregistré pour le CD. Ainsi, sur la version CD on retrouve 2 titres supplémentaires, titres qui avaient dû être écartés de la version vinyle pour des raisons de place (à savoir « Last Dance » et « Homesick »).

Lullaby, un tube inoubliable

Un titre que les musiciens vont enregistrer, pensant qu’il s’agit d’un titre plutôt doux, léger, et positif. Ils y voient alors un excellent single potentiel pour l’album.

Cependant, quand Robert Smith va y ajouter sa voix (lors des 2 dernières semaines d’enregistrement, l’enregistrement de la voix étant donc le dernier élément à être bouclé en studio), tout le monde va être plutôt surpris.

En effet, Smith ajoute des paroles très glauques à ce titre doux, des paroles évoquant des cauchemars et notamment des morsures d'araignées. 

Les musiciens sont alors convaincus que le morceau est foutu. Cependant, malgré cette ambiance très lugubre, « Lullaby » fonctionne très bien puisqu’il se classe à la 5ème position des charts britanniques.

On précisera que Jimmy Page, Robert Plant et Porl Thompson, guitariste des Cure, rejoueront ce titre dans le cadre de leur tournée « No Quarter » dans le milieu des années 90.

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