Coronavirus : la désobéissance civile pourrait-elle menacer la fiscalité ?

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Le monde politique et les chefs d’entreprise ont peur car des citoyens ou des collaborateurs pourraient mettre en cause leur responsabilité pénale.

La sortie du confinement approche et même si elle sera graduelle, les entreprises s’y préparent activement. Mais, ce qui est récent, c’est que les chefs d’entreprise et les politiques sont un peu embarqués dans la même galère. Chacun a peur, les uns des réactions des collaborateurs et les autres des réactions des citoyens. Si les chefs d’entreprise et les hommes et femmes politiques ont peur c’est parce que certains estiment – à tort ou à raison – que leur responsabilité pénale pourrait être mise en cause.

Un article du Figaro montre qu’en ce moment en France, plusieurs ministres sont déjà mis en cause par les citoyens et que 28 plaintes ont déjà été déposées contre ceux-ci. Edouard Philippe, le Premier ministre ainsi que son équipe sont en mode inquiétude car ils ont la certitude qu’après la crise, ils se retrouveront devant la cour de Justice de la République. Les citoyens leur reprochent pêle-mêle la pénurie de masques et les retards pour les commandes de tests, etc.

Les plus anciens se souviendront que l’ancien Premier ministre Laurent Fabius a raté sa carrière politique à cause de l’affaire du sang contaminé en 1985 et qu’il lui a fallu attendre des années avant d’être blanchi dans cette triste affaire.

Cette désobéissance civile pourrait aller jusqu’au niveau fiscal.

En Belgique, les reproches sont à peu près les mêmes qu’en France, que ce soit pour les masques, les tests, l’ouverture des écoles…

Mes confrères de La Libre ont même rédigé un article sur les éventuels risques de désobéissance civile en Belgique. J’ai un ami très haut placé dans le monde économique – il ne veut pas en parler à visage découvert – qui se pose même la question de savoir si cette désobéissance civile n’ira pas jusqu’au niveau fiscal.

Par exemple, il imagine que certains propriétaires ne voudront pas payer le précompte immobilier sur les biens loués car ils n’auront pas reçu de loyers pendant des mois. Quant aux chefs d’entreprise, certains ont peur de voir des collaborateurs ne pas vouloir revenir au bureau. Soit parce qu’ils ont peur d’être contaminés et exigent un risque zéro que ne peut pas procurer le dirigeant d’entreprise, soit tout simplement parce qu’ils gardent leurs enfants à la maison et ne peuvent pas retourner au bureau ou à l’usine.

Ce genre de méfiance se voit aussi dans des détails qui ont l’air anodins. Prenez le cas des distributeurs de café et de boissons en entreprises, la plupart de ces machines sont condamnées aujourd’hui. Alors, oui on pourrait nettoyer les boutons et touches de manière régulière par exemple pour éviter des critiques. Mais, combien de fois par jour faudra-t-il le faire pour être sûr d’être en ordre ? Avouons-le, rares sont les entreprises qui pourront se permettre d’assurer une hygiène impeccable. Donc, dans le doute, les entreprises condamnent ces machines pour éviter une attaque en justice ou une plainte.

En résumé, oui, la reprise de l’économie sera plus rapide, seulement et seulement si la confiance règne de part et d’autre. Ce sera le grand défi de la sortie du confinement. Très clairement, sortir du confinement se révèle être infiniment plus compliqué que d’y entrer.

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