Coronavirus : "Il y aura sans doute plus de PME en faillite que de morts physiques"

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La seule chose dont nous devons avoir peur, c’est la peur elle-même. Cette phrase du président américain Franklin Roosevelt s’applique plus que jamais à la situation que nous vivons ces dernières semaines. C’est ce que nous dit Amid Faljaoui, notre chroniqueur économique, qui a décidé lui aussi de ne pas avoir peur et de se projeter dans un avenir plus serein et surtout plus durable de nos sociétés.

La Belgique ne sera pas à l’arrêt comme l’a indiqué un quotidien mais va plutôt tourner au ralenti jusqu’au 3 avril prochain. En dépit des dégâts collatéraux provoqués notamment dans le secteur Horeca, c’est une excellente décision. Les pays voisins ont également pris cette sage décision. C’est visiblement la seule manière de lutter contre la propagation du virus et éviter que notre système hospitalier ne soit débordé.

Le gouvernement, malgré les tergiversations entre Flamands et Francophones, a finalement fait le bon choix, celui de dire la vérité et surtout de prendre les bonnes mesures pour rassurer les citoyens. Les auditeurs férus d’histoire se souviendront de l’ancien président des Etats-Unis, Franklin Delano Roosevelt, alors que son pays est en pleine dépression – et croyez-moi, la dépression des années 30 c’est encore pire que la crise que nous vivons même si c’était uniquement une crise économique – a prononcé le plus beau speech de la politique américaine le 4 mars 1933, et je vous en livre la partie la plus connue, je cite : "permettez-moi d’affirmer ma firme conviction que la seule chose dont nous devons avoir peur est la peur elle-même".

Cette phrase est devenue historique. Elle est plus que jamais d’actualité car la peur peut se propager encore plus vite que le virus lui-même et aujourd’hui nous savons déjà qu’il y aura sans doute plus de PME en faillite que de morts physiques.

En disant qu’il fallait craindre la peur, le président Roosevelt ne cherchait pas à diminuer l’amplitude de la crise ou les défis à relever, il n’a pas cherché à nier la gravité de la situation, non, il a simplement dit une vérité : on s’en sortira à condition d’être tous solidaires.

Et il sait de quoi il parle, Franklin Roosevelt était un modèle de force de caractère, il avait survécu à la polio et malgré le fait qu’il était cloué sur une chaise roulante, il a réussi à être président des Etats-Unis. La peur, il sait donc ce que c’est.

Et puis, il faut se concentrer sur les aspects positifs de cette crise. Après celle-ci, nous en sortirons grandis. Nos dirigeants économiques et politiques ont par exemple compris que nous dépendions trop de la Chine pour nos voitures ou nos médicaments.

C’est clair, on va assister à une relocalisation de nos usines. Ce discours était inaudible avant le Coronavirus, c’est une évidence aujourd’hui. De même, le discours sur l’avenir de notre planète n’était pas entendu par un Donald Trump par exemple.

Aujourd’hui, c’est triste à dire, mais cette "vengeance de la nature" aura plus fait que les discours de Greta Thunberg, et tant mieux car cela nous permettra d’aller vers une société plus durable.

Mes confrères du journal La Tribune en France ont raison d’écrire que "quand l’essentiel, c’est-à-dire la vie, est en jeu, la panique peut être aussi une chance, un retour à la raison : nous allons relocaliser ce qui peut l’être, consommer moins de produits importés, investir dans la qualité du système de soin d’une population vieillissante".

Et c’est vrai, tout ce dont je vous parle à l’instant, vous le retrouverez bientôt dans le discours politique qui sera totalement transformé par cette crise.

Mais ce nouveau monde ne verra le jour que lorsque "la fièvre sera retombée", du moins je l’espère.

D’ici là, prenez soin de vous, de vos familles, de vos amis et de vos collègues de travail, et à lundi.

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