Classic 21 On Tour: le showcase de Muse

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Samedi soir, Jean-Paul Smismans et Antoine Binamé vous proposeront de revivre en exclusivité les meilleurs moments du showcase de Muse, enregistré à Cologne devant une poignée d’auditeurs de Classic 21!

En attendant, voici le compte-rendu d'Eric Laforge et le reportage vidéo:

Minuit déjà à Cologne. Direction Bruxelles pour un retour dans le bus de Classic 21. Une quarantaine de fans bavards vont s’échanger des impressions, des émotions pendant les 3 prochaines heures de route.

Une soirée bien chargée en décibels avec 40 minutes de Royal Blood et 1h20 de Muse. Mais c’est déjà fini, il y a des moments comme ceux de ce soir que l’on voudrait éternels. C’est peut-être finalement leur côté éphémère qui les rend vraiment savoureux. Il faut juste savoir en profiter, et ce soir on en a profité.

Royal Blood

Ou comment deux musiciens seulement peuvent occuper un espace? Un bassiste-chanteur et un batteur, normalement, ça ne suffit pas pour faire un groupe, tout juste une section rythmique. Dans certains groupes de rock, il n’y a même pas de bassiste, c’est dire. Mais ça c’était avant, avant Royal Blood. Désormais et peut-être pour l’une des premières fois dans l’histoire de cette musique qu’on aime, un batteur et un bassiste forment un groupe complet.

Mais… oui il y a un mais, la basse éructe, chuinte, chante, hurle comme une six cordes. La basse devient guitare. C’est surprenant, pendant les 40 minutes du set, impossible de s’habituer à entendre cette basse sonner comme une guitare. Les oreilles nous font entendre une guitare, mais les yeux nous montrent une basse. Le cerveau a du mal à faire le point, comme une caméra qui resterait floue dans le vide. A aucun moment cette basse ne nous délivre ce son lourd et grave d’une basse. C’est la signature, la marque de fabrique de ce duo iconoclaste. Et pour entretenir un mythe naissant, Mike Kerr (basse!) n’aime pas que l’on photographie ses pédales d’effets. Il veut garder jalousement son secret de fabrication. C’est du bluff, mais on joue le jeu.

Pour compléter le tableau, le batteur Ben Thatcher est du genre bûcheron canadien. Le gaillard a une force insensée. Donnez lui un simple couteau suisse et il vous abattra toute une forêt d’un seul doigt. Il doit d’ailleurs tailler ses baguettes lui-même dans les troncs qu’il débite. Il est impeccable, un vrai métronome, d’une régularité sans faille. Lorsqu’il se lève, debout sur son tabouret, dominant et fixant chacun d’entre nous… On sait qu’il ne vient pas pour beurrer des tartines. Un défi entre lui et nous, les yeux dans les yeux. Le premier qui baisse les yeux sera soumis à l’autre, on a baissé les yeux, alors on s’est soumis de bonne grâce à la fin de sa puissance de feu.

Les deux musiciens forment un couple parfaitement complice dans sa manière de jouer le rock. Passer à côté de leur album serait une erreur de tout amateur de bon son, bien lourd. Une fraîcheur que certains pensaient disparue. Et bien non. Royal Blood joue le rock basique, brutal, rythmé, sans concession, fort, puissant. Ils jouent du rock, rien que du rock, mais du rock.

 

Muse

On y est enfin! YES!

Comme un cri de ralliement de tous les chanceux qui assistent à ce show ce soir. Une chance en effet pour environ 600 fans venus de l’Europe entière pour communier avec leurs idoles. On n’avait pas vu ça depuis Woodstock. Bien sûr que je suis excessif dans ma comparaison, mais qui est capable de garder raison après un moment d’extase? Hein, qui? Mais c’est vrai qu’il n’y avait pas de boue dans la salle, seulement plein de gens debout, les bras en l’air et tapant comme des damnés dans leurs mains.

Une ambiance de feu avec des cris d’hystérie et des chants répondant à une autre ambiance de feu. Celle de la scène. Rarement on a entendu autant de puissance dans si petite salle. 17 titres balayant une carrière déjà bien remplie d’une petite vingtaine d’années. Des valeurs sûres pour planter le décor: Psycho, Supermassive Black Hole, Supremacy. Habituellement, ce power trio joue dans des stades ou des salles si grandes qu’elles pourraient contenir non seulement ma maison, mais également tout mon quartier. Ce soir, c’est l’inverse. Chris, Dominic et Matt jouent dans une salle si petite qu’elle pourrait tenir dans mon jardin. Quel privilège de voir ce groupe mondial dans ma salle à manger, ou presque.

La salle est si exiguë que les guitares ne sont pas entreposées sur la scène, mais dans la salle, le long du mur. Un roadie veille quand même à ce que personne n’y touche, mais il laisse volontiers prendre des photos. Les grattes de Matthew Bellamy portent toujours la griffe de Manson, le luthier d’Exeter (Devon) qui lui fabrique toutes ses guitares, depuis le début. La fidélité.

Je m’attendais à entendre tout le nouvel album, finalement sauf erreur, je n’ai ‘vu passer’ que 4 morceaux de Drones. Clairement le live valide sans contestation possible les titres Psycho et Dead Inside.

Toute médaille à son revers, la salle, si petite. C’était un cadeau en effet de voir Muse ici, mais la petitesse de la salle et par conséquent de la scène ne permettait pas la présence d’un piano. Du coup, Bellamy n’a joué aucun des morceaux qui viennent habituellement souligner sa virtuosité à cet instrument et glisser une bref instant de nuance dans les décibels. Pas de nuances non.

Ce soir il n’y a eu aucun répit. On est parti la poignée dans le coin et on a terminé sur les chapeaux de roue. En fin de soirée, sur le trottoir enrobé dans la torpeur de cette soirée d’été allemand, il y avait 600 personnes le visage illuminé d’une ivresse musicale bienvenue. Aucune de ces 600 personnes ne s’est souciée du piano, chacun a profité, a rit, dansé. Mais pourquoi des soirées magiques comme celle-ci doivent-elle avoir une …faim?

Oui, faim, j’en veux encore!

  1. 1. Psycho

    2. Supermassive Black Hole

    3. Supremacy

    4. The Handler

    5. Dead Inside

    6. Time Is Running Out

    7. Mercy

    8. Assassin

    9. Munich Jam

    10. Starlight

    11. Reapers

    12. Interlude

    13. Hysteria

    14. Stockholm Syndrome

    15. Fury

    16. Uprising

    17. Knights of Cydonia

     

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