Christophe est décédé

Christophe est décédé
Christophe est décédé - © Tous droits réservés

D'après le journal français le Nouvel Obs, l'interprète des "Mots Bleus" s'est éteint ce jeudi 16 avril dans la soirée avec sa fille Lucie à son chevet.

Le chanteur avait d'abord été hospitalisé à Paris et placé en soins intensifs. Par la suite, il avait été transféré à Brest en Bretagne où il s'est éteint ce jeudi soir. Il avait 74 ans. Le Covid-19 n'a pas été évoqué par sa famille, insistant sur "l'emphysème". Le Parisien avait pourtant confirmé que l'artiste avait été testé positif au coronavirus lors de son hospitalisation.

Le chanteur-claviériste connaît le succès dès 1965 avec sa ballade "Aline", se consacre aussi à la musique de film en signant la bande-son de "La route de Salina" de Georges Lautner et traversera les années 70 avec succès en écrivant notamment "Les mots Bleus".

Son dernier album "Les vestiges du Chaos" est sorti en 2016, deux compilations sont sorties en 2019 où il interprète ses plus grands succès en duo avec notamment Etienne Daho ou Eddy Mitchell.

Christophe Bevilacqua devait reprendre sa dernière tournée avant la série d’annulations liées au début de la pandémie actuelle.

Ne manquez pas ce soir la rediffusion de son passage dans l'émission  " Hep Taxi" de Jérome Colin à 22h20 sur La Trois  en tv (et rediffusion ce dimanche à 20h40)

Retour sur une carrière atypique.

Les débuts

De son vrai nom, Daniel Bevilacqua, Christophe naît le 13 octobre 1945 à Juvisy-sur-Orge.

A l’adolescence, comme de nombreux musiciens en herbe de sa génération, il se passionne pour Elvis Presley, Little Richard et Bill Haley et découvre le blues à travers l’œuvre de Robert Johnson et de John Lee Hooker.

Il évolue au sein d’un premier groupe dans le début des années 60, Danny Baby et les Hooligans. En 1964, il publie un premier 45 tours sous son nom: "Reviens Sophie".

Aline

Le début du succès sera pour un an plus tard, avec "Aline" qui devient le slow de l’été 1965. Un titre qu’il a composé à la guitare en l’espace d’un quart d’heure lors d’un déjeuner chez sa grand-mère quelques mois plus tôt. Plus d’un million de disques sont vendus.

Porté par ce titre, il est invité à assurer la première partie de Claude François à l’Olympia puis se lance dans sa propre tournée.

Ensuite, les 45 tours à succès s’enchaînent : "Les Marionnettes" (1965), "J’ai entendu la mer" (1966) ou "Excusez-moi monsieur le professeur" (1966).

 

Changement de cap et rencontre avec Jean-Michel Jarre

Après avoir travaillé sur quelques nouveaux titres comme "The Girl from Salina" pour les besoins de la bande originale du film "La route de Salina" de George Lautner, ou encore "Main dans la main" en 1972 et "Rock Monsieur" en 1973, Christophe fait une rencontre clef. En s’associant au jeune Jean-Michel Jarre, il publie un album ambitieux, concept et en rupture avec ses productions précédentes : "Les Paradis Perdus" en 1973. Son look est également différent, terminé le look "yé-yé", il est dorénavant moustachu, dandy, il porte le cuir et arbore une attitude nettement plus rock’n’roll.

Les Mots bleus

Second fruit de la collaboration entre Jarre et Christophe, l’album "Les Mots bleus" voit le jour en 1974. À nouveau c’est Christophe qui en signe la musique et Jean-Michel Jarre les paroles. La plage titre marque profondément les esprits et sera même reprise, un peu moins de vingt ans plus tard, par Alain Bashung.

Avec ces deux albums, Christophe s’est construit une nouvelle identité musicale, un nouveau style, il semble inclassable. Dans la seconde partie des années 70, il continue à alterner expérimentations musicales et réinterprétations d’anciens succès.

Les années 80 : retour à la variété ?

Dans les années 80, Christophe, toujours aussi imprévisible, semble revenir au son de la variété et abandonne le look plus rocker pour quelques succès, comme "Succès Fou" en 1983 ou encore le très kitsch "Ne raccroche pas Stéphanie" en 1985. Puis, après avoir repris notamment "Besame Mucho", ce sera le silence radio pendant de nombreuses années.

1996 : la renaissance

En 1996, Christophe fait son come-back avec l’album expérimental "Bevilacqua" qui est une surprise totale. Bien loin du son de la variété, l’album emmène l’auditeur dans des sonorités plus électronique et jazzy, proches des productions 90s de David Bowie et de Scott Walker. Sur l’album, Christophe a même l’occasion de réaliser un duo avec une de ses idoles absolues, Alan Vega, du groupe Suicide.

Les années 2000 et la découverte d’un nouveau public

Dans les années 2000, Christophe poursuit dans la lignée de ce qu’il a proposé dans la fin des années 90, des albums profonds, poétiques, où il n’hésite pas à challenger son public.

"Comm' Si La Terre Penchait" sort en 2001 et est très bien accueilli par la critique. En 2006, on le croise au festival de Cannes. En 2008, Christophe ne fait aucune concession pour la sortie d'"Aimer Ce Que nous Sommes" sur lequel il collabore notamment avec Isabelle Adjani, Daniel Filipacchi, Debi Doss, ex-choriste des Buggles qui refait sur le morceau Tonight Tonight son “Ouhou Ouhou” du classique "Video Killed the Radio Stars" des Buggles, ou encore Carmine Appice, batteur des groupes de rock cultes Vanilla Fudge, Beck Bogert & Appice, Cactus et fidèle collaborateur de Rod Stewart.

C’est un public plus jeune et branché qui suit dorénavant l’évolution du chanteur et musicien.

Passage dans Hep Taxi

En 2010, Christophe fait un passage remarqué dans l’émission Hep Taxi de Jérôme Colin.

En 2013, il retravaille d’anciens inédits sur l’album "Paradis Retrouvé" puis, en décembre de la même année, enregistre en public au studio Davout de Paris, un album intimiste et touchant "Intime" qui sort en mars 2014.

2016 voit la sortie de son treizième album "Les Vertiges du Chaos" qui le voit collaborer à nouveau avec Jean-Michel Jarre mais aussi Alan Vega. Sur cet album, à nouveau acclamé par la critique, il rend un touchant hommage à Lou Reed, disparu 3 ans auparavant, avec le titre "Lou".

Christophe Etc.

En 2019, il sort les albums "Christophe Etc." et "Christophe Etc. Vol. 2" ce que lui permet de revisiter plusieurs titres de son répertoire en compagnie d’Etienne Daho, Eddy Mitchell ou encore Arno.