Bruce Dickinson, après avoir voté pour, s’exprime contre la concrétisation du Brexit

Le frontman d’Iron Maiden avait soutenu l’initiative et même voté à l’époque en faveur du Brexit.

Mais il est affreusement déçu par les tournures concrètes qu’ont pris les choses, en particulier pour les artistes qui veulent se produire en dehors des frontières du Royaume-Uni.

Suite à cet accord du Brexit, les artistes de tous styles doivent se munir d’un permis pour gagner de l’argent en faisant des concerts dans les pays de l’Union Européenne, et doivent être en possession d’un carnet qui autorise le transport de matériel (musical, par exemple) en dehors des frontières. Des visas individuels sont nécessaires aussi, en plus du permis de travail, et les véhicules de tournée sont limités à trois étapes en Europe avant de devoir retourner à leur domicile. Ces contraintes font donc monter les coûts à 5000 livres Sterling par pays visité.

Lors d’une interview avec Sky News le 28 juin, Bruce Dickinson a expliqué à Kay Burley que ce Brexit complique les choses pour les groupes britanniques qui veulent faire des concerts et des tournées en Europe et que le gouvernement devrait faciliter les choses et leur venir en aide.

Le chanteur de 62 ans a expliqué : "Ne me lancez pas sur l’attitude du gouvernement par rapport à l’industrie du divertissement ! Nous sommes un exportateur majeur dans ce domaine et… nous en sommes là, sans pouvoir rien y faire !"

"C’est de notoriété publique que j’ai voté pour le Brexit, mais vous savez, quand vous voyez comment les choses se passent en réalité, tout est différent. Quand je vois qu’il n’est plus possible d’aller jouer en Europe et que les Européens ne pourront plus venir jouer non plus, et qu’il faut un permis de travail et toutes ces conneries… Allons ! Il faut faire quelque chose pour garder de bonnes relations avec l’Europe quand même ! Nous pouvons plus facilement aller jouer aux Etats-Unis qu’en Europe, à présent."

 

Suite à ces déclarations du chanteur, de nombreux tweets ont fusé, critiquant le fait que Bruce Dickinson retourne sa veste, après avoir voté pour la sortie de la Grande-Bretagne de l’Europe.
De son côté, Elton John a qualifié les membres du gouvernement de "béotiens" suite à leur incapacité de trouver une solution à ce problème lié au Brexit pour les artistes.

En avril dernier, sortait une première liste de 150 artistes britanniques qui interpellaient le Premier ministre Boris Johnson sur une mise à jour nécessaire de la loi sur les droits d’auteur liés à l’écoute en streaming. Une lettre ouverte qui n’avait alors reçu qu’une réponse évasive signée par un jeune ministre du département des affaires. La campagne voit donc plus grand et rassemble de plus en plus de noms comme les Stones mais aussi Tom Jones, Barry Gibb des Bee Gees, Emeli Sandé, Alison Goldfrapp et Jarvis Cocker de Pulp, en plus des héritiers du frontman des Clash, Joe Strummer, dans l’espoir de faire changer Boris Johnson d’avis.

Les Rolling Stones avaient ensuite rejoint la campagne de Tom Gray #BrokenRecord qui demande un meilleur revenu de streaming pour les artistes en Grande-Bretagne. Tom Jones, Barry Gibb des Bee Gees, Emeli Sandé, Alison Goldfrapp et Jarvis Cocker de Pulp, en plus des héritiers du frontman des Clash, Joe Strummer, se sont aussi rassemblés dans l’espoir de faire changer Boris Johnson d’avis, en vain.

Dans une nouvelle interview de John Grant pour le Observer New Review du 27 juin, Elton John s’est dit "livide devant l’inaction des ministres à propos de ces nombreux challenges imposés aux artistes qui font des tournées."

"Il n’y a aucun budget pour l’industrie du divertissement, et je ne parle pas que des musiciens mais aussi des acteurs, des réalisateurs de film, des équipes, des danseurs, de tous ces gens qui gagnant leur vie en tournant en Europe. Nous avons parlé à Lord Strasburger, puis à Lord Frost, mais cela n’a mené à rien. C’est un cauchemar. Et pour les jeunes qui démarrent leur carrière, c’est terrible."

Elton John a encore ajouté que les membres du gouvernement n’étaient pour lui que des "Philistins qui n’y connaissaient rien". "Nous n’en pouvons plus de ces gouvernements qui nous mentent au quotidien."

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