Breakfast in America de Supertramp: 40 ans

Breakfast in America de Supertramp: 40 ans
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L'album de Supertramp fête son 40ème anniversaire. Retour sur la création de ce best seller sur lequel on retrouve des tubes tels que "The Logical Song", "Goodbye Stranger", "Take The Long Way Home" ou encore la plage titre

"Breakfast in America" est le sixième album de Supertramp et probablement le plus célèbre de la carrière du groupe (aux côtés du non moins excellent "Crime of The Century").

Commercialement parlant, "Breakfast In America" est également le plus grand succès du groupe, l'album se vendra à plus de 18 millions d'exemplaires dans le monde et permettra également à Supertramp de se hisser, pour la première fois de sa carrière au sommet des charts américain.

"Breakfast In America" marque aussi, malheureusement, d'une certaine façon, le début de la fin de l'aventure. En effet, des tensions de plus en plus importantes entre les deux compositeurs principaux du groupe (le chanteur/guitariste Roger Hodgson et le chanteur/claviériste Rick Davies) vont commencer à ternir l'ambiance au sein de la formation, notamment à cause du style de vie très différents entre les deux "leaders".

Un nouveau producteur 

A partir de l'enregistrement de l'album précédent,"Even In The Quietests Moments", le groupe doit se passer des services du fidèle Ken Scott (producteur notamment de l'album "Crime of The Century" ou encore de l'album "The Rise and Fall of Ziggy Stardust and The Spiders From Mars" de David Bowie) et ce pour la simple et bonne raison que le succès est alors monté à la tête du manager de Ken Scott et que les services de ce dernier sont devenu tout à fait inabordable, même pour Supertramp!

Pour l'enregistrement d'"Even In The Quietest Moments", Supertramp s'appuie cependant sur un autre producteur de confiance, un producteur de renommé internationale: Geoff Emerick, le fidèle ingénieur du son des Beatles.

Emerick accepte le deal mais précise au groupe qu'il ne peut que s'occuper du mixage puisqu'il travaille parallèlement sur une autre production.

Emerick propose alors au groupe une de ses jeunes recrues, un certain Pete Henderson. L'entente entre Supertramp et ce jeune ingénieur du son est tellement bonne, que pour leur prochain album, "Breakfast In America", le groupe décide de l'engager comme seul producteur en se passant donc des services d'Emerick.

En studio

"Breakfast In America" est enregistré au Village Recorder de Los Angeles sur une période de plus de 6 mois entre l'été 78 et le début de l'année 79.

L'album est enregistré à l'aide d'un 16 et et d'un 24 pistes. Un mélange subtil est réalisé entre les pistes guides et les différents 'overdubs'. En effet, même si de nombreuses pistes sont réenregistrées plusieurs fois, les premières prises (les pistes guides) sont également incluses dans le mix définitif afin de conserver un aspect plus frais, plus spontané au son de l'album.

L'enregistrement de l'album est assez long, 6 mois consacrés à l'expérimentation, au travail sur le son. L'excellente entente entre le groupe et Henderson aide au bon déroulement des opérations.

Le travail réalisé par Pete Henderson sur le son de l'album "Breakfast In America" est impressionnant (ce n'est donc pas un hasard si l'album, tout comme The Dark Side of The Moon de Pink Floyd, devient alors l'un des disques tests pour essayer les différentes chaînes hi-fi dans les magasins spécialisés).

Le coup de génie d'Henderson est de construire, élaborer un son homogène, d'aspect simple mais en y ajoutant beaucoup de petites nuances et de relief. Un son, qui,même sur une petite radio 'bon marché', sonne toujours aussi bien, aussi profond et aussi clair ...

 

Des tensions

Le perfectionnisme ambiant décourage parfois quelque peu les troupes. Parfois, 2 ou 3 jours sont consacrés simplement au son de la batterie, ce qui fruste les autres musiciens présents lassés d'entendre le sound check interminables de chaque caisse de la batterie. Roger Hodgson est lui convaincu que tout le monde doit respirer de l'air oxygéné, qui détend l'atmosphère pour certains mais qui donne de sérieux maux de tête à d'autres. Ainsi le saxophoniste John Helliwell, s'arrangera pour éteindre discrètement cette diffusion d'air oxygéné dés qu'Hodgson aura le dos tourné ....
 

Même si les tensions entre Roger Hodgson et Rick Davies sont de plus en plus marquées, l'ambiance en général lors de l'enregistrement de l'album reste bonne. Il y a certes quelques discussions (mais qui n'en aurait pas en travaillant 6 mois ensemble sur un même projet), mais il y a encore un véritable esprit d'équipe. Ce n'est qu'après la gigantesque tournée qui va
suivre la sortie de l'album que les choses vont commencer à se dégrader sérieusement.

 

Un succès phénoménal

'Breakfast in America" est, à sa sortie, un énorme succès. C'est le premier album du groupe à se classer à la première place des charts US. "Breakfast In America" grimpe également à la première position de la plupart des classements en
Europe. L'album se vendra à plus de 18 millions de copies dans le monde (dont 4 millions seulement pour les Etats-Unis). 

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