BEST OF : Retour sur le premier album de Pink Floyd

L’un des grands albums de l’histoire du rock psychédélique britannique, "The Piper at the Gates of Dawn" sort en août 1967, soit deux mois après le Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band des Beatles. Mais ce n’est pas le seul lien qui unit Pink Floyd et les Beatles… En effet, pour produire cet album, Pink Floyd va travailler étroitement avec Norman Smith, qui a enregistré la plupart des titres des Beatles des débuts jusqu’en 1965. Imposé par Columbia, Smith prend ici la place de Joe Boyd qui avait supervisé l’enregistrement du single "Arnold Layne".

Astronomy Domine

L’album ouvre en force avec "Astronomy Domine". Le génie créatif de Syd Barrett s’impose à nos oreilles avec ce titre qui nous emmène dans un voyage interplanétaire inoubliable. Même le manager de Pink Floyd, Peter Jenner, donne un coup de main lors de la réalisation. C’est sa voix, à travers un mégaphone, que l’on peut distinguer durant l’introduction. Un morceau qui évoque plus que probablement le climat de compétition de conquête spatiale qui règne alors entre les Etats-Unis et l’URSS.

En studio aux côtés des Beatles…

 

"The Piper At The Gates of Dawn" est enregistré aux studios Abbey Road de Londres. Alors que Pink Floyd est en train de travailler sur son premier album, dans le studio d’à côté, les Beatles, sont, eux, en train de finaliser "Sgt Pepper Lonely’s Heart Club Band". Les musiciens de Pink Floyd peaufinent particulièrement leur première production et étalent les sessions sur 3 longs mois.

"Nous avons passé 3 mois à enregistrer, ce qui était long pour l’époque. Les groupes avaient l’habitude de finir un album en une semaine, avec des musiciens de studio pour jouer les parties difficiles. Du fait que les Beatles prenaient également leur temps pour enregistrer Sgt Pepper dans le studio d’à côté, EMI a pensé que c’était la nouvelle façon de faire des disques. Nous les avons rencontrés une fois, quand ils enregistraient Lovely Rita. C’était un peu comme rencontrer la famille royale…"

(Nick Mason, batteur de Pink Floyd)

Ambiance tendue…

Si Syd Barrett, à l’époque du travail sur ce premier album, n’a pas encore sombré dans la folie, travailler avec lui en studio n’en est pas pour autant tâche aisée.

Le courant passait plutôt bien avec Joe Boyd, mais Norman Smith se montre plus exigeant, plus "ancienne école", et les relations Barrett/Smith seront assez tendues.

Ce n’était jamais facile pour moi. J’avais toujours l’impression de marcher sur des œufs et je devais faire extrêmement attention à ce que je disais à Syd, tant il était fragile. Si par exemple il venait d’enregistrer des paroles et que je lui disais : 'Ok, Syd, c’est pas mal, mais si on faisait plutôt ça ou ça… ' Il ne répondait jamais autre chose que 'hmm hmm'. On refaisait alors la bande, et il chantait exactement de la même façon qu’auparavant. On aurait pu reprendre vingt fois, et chaque fois, cela aurait été la même chose. Il n’y avait pas plus têtu que lui.

(Norman Smith, producteur)

L’appui de Roger Waters

Si Syd Barrett est le compositeur principal et leader incontesté du groupe à l’époque, Norman Smith va pouvoir s’appuyer sur un autre musicien pour s’assurer du bon fonctionnement des opérations en studio. C’est Waters qui, déjà, devra endosser le rôle de capitaine de l’équipe en ce qui concerne le son et la production de l’album.

A l’époque de Syd, je considérais un peu Roger comme un entraîneur considère le capitaine de son équipe. J’étais l’entraîneur en régie ; je disais au groupe exactement ce que je souhaitais. Je ne pense pas que Syd écoutait vraiment, donc je me fiais à Roger pour être certain que l’information était bien passée de l’autre côté de la vitre.

(Norman Smith, producteur)

Un succès britannique

L’album fonctionne bien à sa sortie et se classe à la 6e place du TOP 10 britannique, belle performance pour une première production. "The Piper at the Gates of Dawn" est aussi très bien reçu par la presse et reçoit aussi le soutien de Paul McCartney qui ne tarit pas d’éloges sur la nouvelle formation londonienne.

Aux Etats-Unis, le succès est plus modeste, ce n’est que par la suite que Pink Floyd réussira à conquérir le public outre-Atlantique.

 

Tracklist :

FACE A :

1. "Astronomy Domine"
2. "Lucifer Sam"
3. "Matilda Mother"
4. "Flaming"
5. "Pow R. Toc H."
6. "Take Up Thy Stethoscope and Walk"

FACE B :

1. "Interstellar Overdrive"
2. "The Gnome"
3. "Chapter 24"
4. "The Scarecrow"
5. "Bike"
 

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