BEST OF : La création de l'album "Ziggy Stardust" de Bowie

Changement de personnage

Après avoir incarné le personnage de Major Tom en 1969 et avoir sorti le superbe "Space Oddity", David Bowie a du mal à retrouver le succès. Ses albums "The Man Who Sold The World" (1970) et "Hunky Dory" (1971), bien que de grande qualité artistique, n’arrivent pas à atteindre le grand public.

Bowie veut renouer avec le succès et se lance alors dans la réalisation d’un album particulièrement original, créatif et ambitieux : "The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars". L’objectif de cette nouvelle production est de nous présenter un nouveau personnage issu de l’esprit débordant d’imagination de David Robert Jones.

Ziggy Stardust se veut être un personnage extraterrestre, un peu destroy, fan de rock’n’roll et dont le but et de conquérir la planète rock. Pour assembler ce "frankenstein" du rock, Bowie s’inspire du physique et du caractère de personnage tels que ses amis Iggy Pop, Marc Bolan, Lou Reed mais aussi du Gene Vincent, Vince Taylor, de Twiggy, de Jimi Hendrix et pour le nom d’un personnage plutôt étrange issu de la scène psychobilly : le Legendary Stardust Cowboy.

La recherche d’une perfection pop et rock

David Bowie, en compagnie de ses musiciens et du producteur Ken Scott, se rendent au studio Trident de Londres le 9 juillet 1971 pour y débuter l’enregistrement de l’album.

Le guitariste Mick Ronson, le bassiste Trevor Bolder et le batteur Mick "Woody" Woodmansey forment alors une solide base pour accompagner Bowie sur l’album. Ce dernier veut atteindre ici une forme de perfection et ce afin de créer un album ultime, mariant mélodie pop efficace à une bonne dose de rock’n’roll parfaitement maîtrisé.

Le producteur Ken Scott, ancien ingénieur du son des Beatles, se souviendra :

David savait exactement ce qu’il voulait en studio. Mon rôle était de prendre un peu d’avance dans la préparation, afin de m’assurer que tout soit prêt pour qu’il arrive exactement à obtenir le son qu’il souhaitait. Mais Bowie n’aimait pas trop traîner en studio. Donc, dès qu’il avait terminé, on ne le voyait plus. Le mixage était uniquement pour moi, c’est là que ma créativité a pu s’exprimer plus largement.

A Rock’n’Roll Suicide ?

L’album se referme par le somptueux "Rock’n’Roll Suicide". C’est avec ce morceau que David Bowie décidera de "suicider" son personnage de Ziggy Stardust sur scène le 3 juillet 1973 à l’Hammersmith Odeon. En effet, sans prévenir ses musiciens, Bowie décidera de terminer l’histoire de son personnage extraterrestre et ce afin de se protéger. En effet, après l’avoir incarné sur scène, en interview et en studio, pendant deux années, il avait l’impression que ce Ziggy Stardust était en train de le faire sombrer dans la folie…

En 2003, Bowie reviendra sur ce titre "Rock’n’Roll Suicide":

J’aime mélanger les styles et en faire quelque chose d’hybride. M’inspirer de l’ambiance d’un titre d’Edith Piaf des années 50 m’a aidé à développer mon style. Dans ‘Rock’n’Roll Suicide’, il y a un aspect chanson française. C’était intentionnel, je voulais qu’il y ait ce cachet bien particulier, ce côté mélodramatique. C’était intéressant, en plus à l’époque personne d’autre en Angleterre ne faisait cela, en tout cas, pas de la même façon que moi…

La "Ziggymania"

Le gigantesque succès de cet album à sa sortie en juin 1972 ne tardera pas à engendrer en Angleterre une véritable "Ziggy Mania", phénomène comparé à la "Beatlemania" qui a régné là-bas entre 1962 et 1970.

Cette hystérie totale autour de ce personnage fera que Bowie se trouvera contraint de s’en séparer… Il en profitera pour virer ses musiciens, les Spiders from Mars, et reviendra par la suite avec d’autres personnages et aussi des sonorités beaucoup branchées soul et funk dès 1974.

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