BD : Marcinelle 1956 & Maudit Mardi !

classic 21 bd
3 images
classic 21 bd - © Tous droits réservés

Jacques de Pierpont vous présente les dernières sorties BD et ses classiques.

Sergio Salma, Marcinelle 1956 (Casterman)

Roman graphique émouvant qui paraît dans la collection " Ecritures ".

L’auteur de la série vedette " Nathalie ", également scénariste des gags au picrate de " Animal Lecteur " dans le journal de Spirou, change radicalement de registre pour évoquer en noir et blanc le quotidien de la mine dans les années 50.

A partir de la catastrophe du Bois du Cazier à Marcinelle, le 8 aout 1956, qui aboutit au décès de 262 mineurs (le défaut de compréhension verbale entre un belge et un italien provoquant une fausse manœuvre à l’origine de l’incendie ravageur), Salma évoque avec finesse le quotidien de ces ouvriers italiens déracinés, partagés pour certains (dont le personnage principal,  qui tombe amoureux en vain  d’une blonde belge plutôt bourgeoise) entre leur attachement au pays d’origine qui les a plongé dans la misère et leur souci d’intégration au pays qui les fait vivre.

Ce quotidien qui fut aussi celui de l’auteur : Salma est né à Charleroi en 1960 (et pas du côté de Loverval !)

Le sujet taraudait Salma depuis belle lurette : un court récit paru en 1989 dans le magazine " (A Suivre) " fut en quelque sorte l’introduction de " Marcinelle 1956 " qui, à son tour, connaîtra une suite : l’histoire d’un mineur qui se crève au travail pour se faire construire une maison dans le Sud qu’il n’aura sans doute jamais l’occasion d’habiter…

Typiquement un bel exemple de BD alliant avec brio narration "grand public" et sujet grave.

Nicolas Vadot, Maudit mardi ! – tome 2 (Sandawe.Com)

Un des premiers succès éditoriaux de cette structure bâtie sur la collaboration d’une équipe (initiée par Patrick Pinchart, un ancien de Dupuis) qui sélectionne des projets alors mis en ligne -  et des internautes qui les finance à hauteur de leurs moyens (et/ou envies). En voici le tome 2, soutenu par 289 " édinautes ", tous cités en préface !

Il est prédit à Achille, enraciné sur son île (au sens propre : il lui pousse des pieds d’arbre qui l’ancrent au sol)) qu’il mourra un mardi. " Un " mardi, sans autre précision. Donc, a priori, six jours sur sept, il est tranquille.

En quête d’un  amour de jeunesse – et de sa propre délivrance peut être, il se déracine (toujours au sens propre) pour se rendre dans une grande ville où il peut affronter tous les dangers sans souci… sauf le mardi. Oui mais, quel mardi ? Les semaines se passent… et l’entourage d’Achille a fort à faire pour passer au dessus de ses comportements désorientants voire suicidaires (allez, hop, je traverse quand le bus arrive, et rebelote le lendemain, rien que pour voir, sauf le mardi, bien entendu)

Une fable onirique (mais pas triste !)qui soulève mine de rien une foule de questions : quid des notions de liberté, d’attachement, d’enracinement, d’auto emprisonnement.

Et aussi

Newsletter Classic 21

Recevez chaque jeudi matin un aperçu de la programmation à venir.

OK