Barock Never Dies : Queen ''Bohemian Rhapsody'', une révolution pour le monde classique

barock never dies
barock never dies - © queen

Si on m’obligeait à choisir UNE SEULE grande figure du rock à mettre en relation avec la musique classique, je pense bien que je choisirais Freddy Mercury, qui a toujours proclamé son attirance et même sa fascination pour ce monde-là, et qui a composé certaines chansons comme des partitions d’orchestres avec plusieurs voix, plusieurs parties, des mouvements… Et LA chanson qui le montre le mieux c’est celle qui a été la plus diffusée en streaming au XXe siècle, plus d’1 milliard d’écoutes et demie ''Bohemian Rhapsody'', évidemment !

Une rhapsodie d’abord qu’est-ce que c’est ? C’est une pièce instrumentale de forme libre, un genre de fantaisie inspiré par des airs folkloriques ou populaires. Par extension, on parle de rhapsodie pour une composition un peu décousue ou désordonnée. A la chanson de Queen s’ajoute la notion de Bohémien ; c’est celui qui vagabonde et qui ne se plie pas aux conventions. Deux choses donc : forme libre et hors conventions, bim, on y est, ''Bohemian Rhapsody'' c’est exactement ça.

Elle était hors normes même pour son époque : il y a beaucoup de couches dans cette chanson et les studios n’étaient pas encore assez bien équipés pour l’enregistrer dans les années 70 – on travaillait sur 24 pistes et là il en a fallu presque 200 au total avec les voix et les instruments. Et 6 semaines d’enregistrement, quand même.

Et puis, cette chanson elle a provoqué un phénomène rare : c’est que cette fois, c’est le monde de la musique classique qui s’est précipité dessus et pas l’inverse. C’est-à-dire qu’elle est sortie en 75, et en 77 déjà, Le London Symphony Orchestra sortait sa propre version classique en single, puis en 79, c’est le ballet qui accueille la chanson, avec Freddy Mercury qui l’interprète sur scène avec les danseurs du Royal Ballet.

Quand Freddy Mercury a travaillé avec la soprano Montserrat Caballé elle disait de lui qu’il était un merveilleux compositeur. Elle a aussi dit, dans une très belle interview, que le fait qu’une diva de l’opéra travaille avec un chanteur de musique pop, ça avait été une révolution pour le monde classique aussi.

Et ça n’est pas tout, plus proche de nous, il y a un harpiste qui s’est attaqué à la chanson, c’est un sacré exercice et en plus c’est joli. Alexander Boldachev à la harpe qui interprétait le célèbre titre de Queen, et ce n’est pas fini ! J’ai gardé le meilleur pour la fin : un ensemble belge de 8 violoncellistes qui s’appelle O-Celli, des musiciens extraordinaires qui l’ont reprise, mais qui l’ont arrangée aussi, parce qu’évidemment il a fallu écrire la partition pour les 8 violoncelles. Le résultat c’est un très beau dialogue entre les genres. L’ensemble Ô-Celli, 8 violoncelles, qui interprète Queen, c’est un bel exemple d’union musicale.

Le lundi à 13h45 dans Lunch Around The Clock avec Vanessa Fantinel.

Où sont les points communs entre Bach et les Beach Boys ? Entre un chanteur lyrique et un adepte du chant guttural ? Dans baroque, il y a " rock " : chaque semaine, Barock Never Dies dévoile les généalogies de célèbres titres rock qui ont puisé avec talent dans le répertoire de la musique classique.

 

Newsletter Classic 21

Recevez chaque jeudi matin un aperçu de la programmation à venir.

OK