Au secours, la stagflation fait son retour

Bon, en ce dernier jour de semaine, je vais faire comme Marc Fiorentino – l’un des meilleurs commentateurs boursiers -, je vais vous donner non pas un sujet pour la machine à café, mais carrément un sujet pour votre dîner du samedi soir.

Samedi soir, si vous voulez épater vos invités, dites-leur que vous avez peur de la stagflation. La stagflation, c’est la contraction du mot stagnation et inflation. C’est chic et ça vous pose son homme en trois secondes dans un dîner mondain. Mais la stagflation ça veut dire quoi ? Simple : ça veut dire que vous avez le pire des deux mondes. Vous avez de l’inflation, mais aussi une baisse de la croissance. Une gifle sur la joue gauche, et un pain sur la droite comme le dirait Marc Fiorentino. En effet, vous aurez constaté comme moi que l’inflation temporaire dont les médias nous parlent à longueur de journée a tendance à devenir du "temporaire qui dure". La faute à qui ? A la libération, pardi. Depuis que les vaccins ont joué leur rôle de libération de nos économies, tout tourne à plein régime, mais la production mondiale, elle, ne suit plus. La demande explose, mais l’offre de produits est à la peine. Même le célèbre fabricant de meubles comme IKEA – connu pour sa logistique sans faille – subit des ruptures de stock sur certains produits.

Donc, oui, notre guerre gagnée contre le virus a fait revenir l’inflation. Le souci de nos autorités monétaires, c’est qu’elles pensent que cette inflation est momentanée, mais qu’elle peut faire des dégâts tout de même. D’autant que ces autorités monétaires voient aussi que cette inflation temporaire dure plus longtemps que prévu. Il n’y a qu’à regarder le prix du gaz, il ne fait qu’augmenter jour après jour. Au point que tous les gouvernements se posent la question de comment préserver le pouvoir d’achat des ménages les plus faibles.

Mais j’en reviens à l’inflation. Pour la combattre, l’arme classique des autorités monétaires, c’est augmenter les taux d’intérêt pour casser la fièvre inflationniste. Mais relever les taux d’intérêt alors que l’ex-malade est encore en convalescence, c’est prendre le risque de perdre des jobs, de provoquer des faillites et d’effrayer la Bourse. Si ce scénario devait voir le jour, ce serait une catastrophe, et c’est ça, la stagflation : la combinaison d’une inflation forte et d’une économie qui ralentit brusquement.

Donc, comme le pire n’est pas toujours certain, mais que nous aimons tous nous faire peur, invitez demain soir vos amis autour d’un bon dîner, et prenez un air faussement inquiet en leur lançant un beau débat sur la stagflation. En d’autres mots, jouez à l’intéressé pour être intéressant !

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