Arno décode son hymne "Putain Putain"

En 1986, Ray Cokes anime l’émission Rox Box à la RTBF.

Il reçoit le plus belge des blues/rockeurs ou le plus blues/rockeur des Belges, le plus européen aussi : Arno !

Sur ces images, Arno a 36 ans, un moment charnière dans son parcours artistique. Il quitte TC Matic pour se lancer en solo. "C’était écrit dans les étoiles" dit-il à Ray Cokes lorsque ce dernier l’interroge sur le pourquoi de cette aventure solitaire.

Ce tournant dans la carrière du chanteur ostendais correspond à une envie de retourner à ses racines musicales et pour Arno, tout a commencé grâce au Blues et à l’harmonica (très présente sur ce 1er album solo "ARNO"). L’harmonica, c’est le 1er instrument dont Arno a joué.

Dans cette interview, en toute humilité, Arno explique que sa grande ambition est de divertir son public, de procurer du plaisir à qui l’écoute, à qui vient le voir.

Son objectif est de permettre à ses spectateurs ou auditeurs d’oublier leurs soucis pendant 1 heure, le temps d’un concert.

Là où tellement d’autres se la péteraient, Arno, en toute simplicité (et c’est ce qu’on aime chez lui) se compare à un "untertainer", une petite pilule que les gens prennent pour tout oublier pendant 1 heure. Il désire offrir à son public de l’énergie, du rythme et des émotions. Quoi de plus noble et de plus simple à la fois ?

Ray Cokes revient sur le titre "Putain Putain" sorti 3 ans plus tôt (1983) avec TC Matic. Etre européen pour Arno, c’est quoi au juste et se sent-il européen ?

Arno recentre le débat et rappelle qu’il est d’abord "Arno". Ensuite, il explique que s’il se sent européen, s’il chante en Anglais, en Français, c’est parce que dans sa vie, il parle plusieurs langues au quotidien. Avec sa petite amie (de l’époque), c’est le Français, avec les amis, c’est le Flamand, le Français, l’Anglais ou un peu l’Allemand, donc il évolue au sein de ce mélange de langues européennes. Dans ses chansons, il utilise toutes ces langues, il se compare à un vampire qui puise dans son quotidien (et dans ces langues) de quoi nourrir ses chansons.

Cette année-là (1986) Arno et son harmonica cartonnent au son de "forget the cold sweat"

Arno est un immense artiste et il est grand temps qu’on arrête de le comparer à d’autres grands noms. On a trop dit qu’il était "l’Higelin belge" ou le "Tom Waits belge". C’est peut-être le moment d’affirmer qu’Higelin est "l’Arno français" ou que Tom Waits est "l’Arno américain". Qu’en pensez-vous ?

 

 

 

Une séquence réalisée avec la complicité de la Sonuma.

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