Archive Sonuma : U2 à l'époque de Boy

Superbe archive de la Sonuma qui nous ramène en février 1981 à Bruxelles, ce sont les débuts de U2…

Un jeune Bono interviewé par Gilles Verlant

Nous sommes le 10 février 1981. Le groupe U2 donne alors un concert à Bruxelles au Beursschouwburg dans le cadre de la tournée promo de son premier album "Boy".

De 1978 à 1981, Gilles Verlant propose l’émission "Follies" dans lequel il rencontre des musiciens internationaux de l’époque. C’est ainsi qu’ici il rencontre un très jeune Bono, qui n’est pas encore la superstar qu’il deviendra quelques années plus tard.

Bono, qui répond aux questions de Gilles en croquant dans une pomme, évoque la pochette de l’album, censurée aux Etats-Unis, ainsi que le nom de celui-ci qui évoque l’innocence des débuts du groupe, une innocence que les membres du groupe sont alors en train de perdre très rapidement…

L’entretien est suivi par une prestation live du jeune groupe durant laquelle U2 interprète les titres suivants : "Another time, another place", "The Electric Co", "Stories for boys", "Twilight" et "11 O’clock tick tock". Le groupe flamand De Kreuners assure la première partie du concert.

Les débuts de U2

Tout commence en 1976 alors que le batteur Larry Mullen Jr poste une petite annonce pour former un groupe de rock.

Rapidement rejoint par les futurs membres de U2, le groupe évolue tout d’abord sous le nom de "The Larry Mullen Band" (tout simplement).

Ensuite le groupe devient Feedback ou, encore plus tard, The Hype puis finit par se rebaptiser U2, un nom qui s’avérera d’une efficacité rare.

The Edge, expliquera, des années plus tard, à propos du nom U2 : "C’était le moins mauvais du lot. On y a réfléchi quelques jours avant de dire Bon c’est mieux que The Hype, pourquoi ne pas l’essayer quelque temps ? On a donc choisi U2. A mesure que le temps passait, on s’est mis à l’aimer de plus en plus. Sa nature graphique était très forte. Comme ça ne veut rien dire de particulier, on s’est mis à aimer l’idée qu’il n’avait aucune connotation importante. Et ça nous différenciait aussi des 'Nimportequoi', vous savez, The Jam, The Clash, tous ces groupes dont les noms commençaient par The à l’époque. Le nôtre était un peu différent, mais ça n’a, en aucun cas, été une illumination du genre : C’est le meilleur nom qu’on ait jamais entendu ! C’était plutôt du genre ‘Ok, ça fera l’affaire !’".

Le groupe, à ses débuts, et comme beaucoup, rejoue sur scène les grands classiques du rock (essentiellement des titres des Stones, des Beach Boys, de Thin Lizzy, de Peter Frampton ou encore des Eagles).

Ensuite, U2 commence à écrire ses propres morceaux.

U2 croise sur sa route des grands noms du rock. Phil Lynott de Thin Lizzy leur file un petit coup de main puis c’est au tour du célèbre Bill Graham de les appuyer.

Suite à cela, U2 dégote non seulement un manager (le célèbre Paul McGuinness) mais aussi un contrat avec CBS.

En septembre 79, U2 sort un premier EP simplement intitule "U2- " (pour les 3 morceaux présents sur ce mini-album).

L’EP ne remporte pas encore beaucoup de succès, mais le groupe continue à tourner un peu partout pour se faire connaître.

Un soir, après un concert, Nick Stewart, le directeur artistique d’Island Records, propose au groupe un nouveau deal, bien plus important que celui avec CBS. Petite anecdote à ce propos, U2 ne sachant pas trop où s’installer après le concert, la signature de ce deal se fera dans le club, dans les toilettes des filles…

Le contrat en main, U2 est à la recherche d’un producteur pour enregistrer son premier album. Nick Stewart, le directeur artistique d’Island, conseille au groupe de travailler avec Martin Hannet, le producteur de Joy Division.

U2 rencontre donc Martin Hannett et Joy Division alors qu’ils sont en train de boucler leur plus grand succès "Love Will Tear Us Apart". U2 sera ravi de la rencontre et impressionné par le professionnalisme de Joy Division.

Hannett produit le single "11 O’Clock Tick Tock" avec U2. L’ambiance en studio entre U2 et le producteur est excellente, malheureusement cette association ne durera pas…

Martin Hannett était en effet pressenti pour produire l’album mais, choqué par la récente disparition d’Ian Curtis (le chanteur de Joy Division qui s’est suicidé le 18 mai 1980), Hannett refuse de produire l’album en dernière minute, ne se sentant pas en état à l’annonce de cette triste nouvelle. Hannett out, le nom de Steve Lillywhite est évoqué au sein du groupe.

Lillywhite (qui produira à la même époque le célèbre troisième album de Peter Gabriel et plus tard des groupes comme les Stones, Counting Crowes, ou encore Travis) a déjà une certaine expérience dans le business musical. Il a alors déjà produit des groupes comme Siouxsie and The Banshess ou encore XTC, des formations que U2 respecte énormément.

Avec Steve Lillywhite à bord, le travail en studio va être très différent.

Le groupe décide de retourner chez lui, à Dublin, pour enregistrer ce premier album. U2 s’établi donc au Windmill studios, le meilleur studio de Dublin…

Lillywhite est, en studio, beaucoup plus dynamique que Martin Hannett. Hannett était du genre baba cool, fumeur de pétard et Lillywhite est, lui, quelqu’un qui n’arrive pas à tenir en place.

Si Martin Hannett tentait plutôt de minimiser le son du groupe, Lillywhite va faire le contraire et faire tout pour "grossir" le son et expérimenter pas mal de choses.

Lillywhite sera aussi très présent pour encourager le groupe, encourager les musiciens pour qu’ils recommencent une prise, dépassent leurs limites…

Bono : "Steve Lillywhite sortait tout juste d’une session avec Peter Gabriel, et, quand il est arrivé en studio, il était dans sa phase la plus expérimentale. L’enregistrement a été super car on a tout essayé. On a même retourné un vélo pour utiliser les roues comme cymbales, en tapant dessus avec des fourchettes. On avait écrasé des bouteilles pour faire des bruitages, utilisé un glockenspiel. Pour un groupe de rock, c’était vraiment nouveau ! Et tout ça, grâce à Steve. Adam et Steve passaient la nuit tous les deux à expérimenter des choses nouvelles, puis les testaient sur nous le lendemain matin en studio. Les pistes instrumentales étaient parfaites : la batterie était enregistrée au pied de la cage d’escalier, avec des micros placés jusqu’au plafond, quatre étages au-dessus".

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