All That You Can't Leave Behind de U2 a 20 ans !

"All That You Can't Leave Behind" de U2 a 20 ans !
"All That You Can't Leave Behind" de U2 a 20 ans ! - © Tous droits réservés

10e album de la carrière de U2, "All That You Can’t Leave Behind" nous montre l’entrée du groupe dans le 21e siècle. Un album qui marque un retour inspiré, porté par des classiques tels que "Beautiful Day", "Stuck in a Moment You Can’t Get Out Of" ou encore "Elevation". Retour sur la réalisation de cet album important qui fête son 20e anniversaire.

Sorti le 30 octobre 2000, All That You Can’t Leave Behind suit de plus de 3 ans et demi la sortie du précédent album du groupe, l’album Pop, un album qui avait été fortement critiqué à sa sortie et souvent considéré comme une semi-déception, pas du point de vue commercial (l’album a connu un grand succès) mais plutôt du point de vue artistique pour U2.

Retour aux racines

En effet, et pour utiliser les mots de The Edge et de Bono peu avant la sortie de cet album, U2 est alors un "groupe égaré" qui a besoin de se retrouver, de se recentrer sur ce qu’il fait le mieux… le rock.

Après les expérimentations musicales et électroniques certes très réussies d’Achtung Baby et de Zooropa, U2 s’était quelqu’un peu perdu. U2 peut certes puiser de l’inspiration dans la musique électronique, voire dans la dance music, mais c’est avant tout un groupe de rock.

Et donc sur All That You Can’t Leave Behind, U2 revient à ses racines, à un rock moins électronique et peut être moins extravagant.

La tournée qui accompagnera l’album, l’Elevation Tour sera également moins mégalo, ce sera une tournée de salles et non plus une tournée de stade (comme ça avait été le cas pour la tournée précédente, le Popmart tour qui avait accompagné la sortie de l’album Pop).

Hommage à Michael Hutchence d’INXS

Sur l’album All That You Can’t Leave Behind, Bono décide également de rendre hommage à un très grand ami, Michael Hutchence, le chanteur et leader d’INXS disparu quelques années plus tôt, le 22 novembre 1997.

Hutchence qui a mis fin à ses jours à l’âge de 37 ans.

Bono à propos de cette chanson hommage expliquera : "Pour moi, je lui ai prouvé tout mon respect et toute mon amitié et ne composant pas une stupide chanson sentimentale sirupeuse et dégoulinante".

Plutôt que de nous proposer une ballade classique, Bono va ici écrire un titre dans lequel il s’adresse directement à Hutchence et qui se présente comme une discussion argumentée, une sorte de discussion qu’ils n’ont jamais eue à propos du suicide et des raisons de garder courage, de ne jamais vouloir mettre fin à ses jours.

L’album est enregistré sur une assez longue période entre 1998 et 2000 dans différents studios à Dublin (le HQ, le Windmill Lane, le Westland…) ainsi qu’en partie à Nice, en France.

Retour aux racines du groupe ainsi que du célèbre tandem Brian Eno et Daniel Lanois à la production de cet album. Le duo Eno/Lanois qui avait produit les excellents The Unforgettable Fire (en 84), The Joshua Tree (en 87) et bien entendu Achtung Baby (en 91) et qui fait donc ici son grand retour.

Alors qu’il travaille à la réalisation de l’album, Bono s’accordera une longue pause de deux mois pour travailler sur un autre projet très ambitieux : la bande originale du film The Million Dollar Hotel.

Elevation

C’est sur All That You Can’t Leave Behind que l’on retrouve un des grands classiques de U2, l’excellent “Elevation”.

L’origine d’"Elevation" remonte à un son mystérieux que The Edge produira à l’aide de sa guitare en compagnie de Daniel Lanois. Ce son disto assez particulier donnera vraiment le signal de départ à ce morceau… Rapidement, Brian Eno propose un "beat" électronique en tant que base rythmique pour le bassiste Adam Clayton et le batteur Larry Mullen Jr. Un petit riff de guitare de The Edge s’ajoute à l’ensemble et l’affaire semble dans le sac. Mais, il manque encore quelque chose à ce morceau…

Comme Brian Eno et Daniel Lanois ne trouvent plus rien d’intéressant à proposer, le groupe transfère son enregistrement au célèbre Windmill Lane Studios de Dublin (qui est véritablement le studio "maison" de U2, celui dans lequel il a enregistré la majeure partie de son œuvre).

Là-bas, le groupe est rejoint par le producteur ‘pop’Richard "Biff" Stannart (connu pour son boulot avec Kylie Minogue ou encore les Spice Girls) et son protégé Julian Gallagher.

C’est avec leur aide que U2 arrive à finaliser "Elevation".

Le bassiste Adam Clayton, très fan de hip-hop, donnera un côté un peu rap au rythme du morceau. Au niveau des influences du morceau, on reconnaîtra également quelques sonorités du "Higher and Higher" de Sly & The Family Stone ainsi que du titre "Levitate Me" des Pixies

Le très politique "Walk On"…

U2 propose toujours, dans ses albums, un titre ou l’autre qui se distingue par son aspect politique et militant. C’est le cas du titre “Walk On", un hommage à Aung San Suu Kyi, une femme politique birmane célèbre pour son opposition non violente à la dictature de son pays.

Ce titre est une sorte d’hymne à son activisme non violent.

… et sa signification post 11 septembre

"Walk On" va cependant prendre une tout autre signification quand il sera interprété sur scène par U2, surtout après les attentats du 11 septembre 2001.

Ainsi U2 le jouera lors de l’émission TV post-11 septembre "America : A Tribute to Heroes" ainsi que lors d’un concert de U2 particulièrement émouvant au Madison Square Garden de New York, grand concert organisé le 27 octobre, à peine un peu plus d’un mois après les terribles attentats.

Durant ce concert mémorable, Bono invitera des pompiers et des policiers de New York à monter sur scène lors de l’interprétation de ce titre "Walk On".

 

 

L’image de l’aéroport

Le thème de l’aéroport, présent sur la pochette noir et blanc de cet album All That You Can’t Leave Behind de U2, va être décliné à différentes reprises pour les vidéos clips réalisés pour assurer la promotion des singles de l’album.

4 singles seront extraits de l’album "Beautiful Day", "Stuck in a Moment You Can’t Get Out Of", "Elevation" et "Walk On".

Ce thème de l’aéroport et l’utilisation du noir et blanc correspond très bien à ce retour aux sources musicales et artistiques du groupe. Plus question ici de couleurs flashy comme sur la pochette de l’album précédent, l’album Pop.

La pochette d’All That You Can’t Leave Behind évoque un aspect beaucoup plus intimiste qui "colle" parfaitement aux titres présents sur l’album.

Le cliché représentant U2 dans l’aéroport proposé sur la pochette de l’album a été réalisé dans l’aéroport parisien Roissy-Charles de Gaulle.

Sur ce cliché, on voit le groupe, bagages aux pieds, en train d’attendre l’avion, peut-être pour rentrer chez eux, une belle image qui peut très bien illustrer ce retour chez soi, ce retour aux sources.

"In A Little While", un des favoris de Joey Ramone

"In A Little While", un extrait de l’album, illustre très bien ce retour au son plus basique des premiers albums de U2.

Pour l’anecdote ce sera le dernier titre que Joey Ramone, le regretté chanteur des Ramones écoutera. Son frère Mickey expliquera quelques années plus tard au magazine Mojo : "Joey écoutait ce morceau quand il nous a quittés, il était à l’hôpital. Ce morceau s’appliquait tellement bien à cette situation tragique, dans la chanson Bono chante ‘In a little while, this hurt will hurt no more’. Et quand le morceau s’est terminé, l’infirmière m’a dit il est parti… Il nous a quittés en écoutant ce morceau".

Un grand succès

All That You Can’t Leave Behind connaît un énorme succès à sa sortie. Si Pop s’était écoulé à 9 millions d’exemplaires, All That You Can’t Leave Behind s’écoulera, lui, à plus de 12 millions d’exemplaires.

L’album sera numéro 1 un peu partout dans le monde et récoltera 7 grammy awards.

U2 a, avec cet album, réussi à retourner à ses racines et à sortir un album brillant du début à la fin.

Beautiful Day

Ce succès, U2 le doit aussi à la présence d’un single inoubliable : "Beautiful Day".

L’histoire de "Beautiful Day" est assez originale. En fait le titre n’avait pas du tout ce ton si joyeux et si optimiste à son origine.

Il s’agissait, au départ, d’un titre plutôt punk rock, assez agressif sur lequel U2 bossait depuis quelque temps et qui portait alors le nom d’"Always" (titre qui sortira d’ailleurs officiellement sur une compilation de raretés du groupe en 2002 sous le nom d’U2 7).

Mais un jour, en studio, Bono, boosté par le bonheur que lui avait procuré sa participation au mouvement Jubilee 2000 qui tentait de supprimer la dette du tiers-monde, improvise un superbe et authentique "It’s a beautiful dayyyy" en plein milieu de ce titre assez destroy.

Ce véritable cri de joie de Bono inspire le groupe et lui donne une tout autre ambiance, un tout autre feeling. Encore une fois, c’est ce morceau, qui arrivera pratiquement par accident, qui deviendra le single principal de l’album.

Le premier titre diffusé sur Classic 21 !

Et puis "Beautiful Day" est un morceau important dans l’histoire de Classic 21, puisque, si vous étiez à l’écoute le 1er avril 2004, date du lancement du Classic 21 – vous vous en rappelez peut-être – c’est avec ce titre de U2 que la première émission de Classic 21 avait commencé.

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