Alice Cooper en concert en Belgique

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Cyril Wilfart vous livre ses impressions sur le concert d'Alice Cooper en Belgique ce mardi 5 décembre.

 

C’est étonnant d’arriver à Deinze, la petite bourgade décorée aux couleurs de noël, et de se dire que le maître incontesté du shock rock, du gore et du vaudeville s’y trouve, lui aussi.

Je ne m’étais jamais rendu au Brielpoort de Deinze. Vu de l’extérieur, cette salle m’a semblé plutôt petite. Un conteneur planté dans les jardins d’un musée. Une fois passé l’odeur de graisse de friterie, la fouille et la petite foule prête à braver le froid pour une cigarette, je suis parti découvrir ce lieu. Pour ceux qui ne s’y sont jamais rendus, le Brielpoort est un grand hangar sans balcons ni gradins. Juste un impressionnant parterre, une plateforme surélevée pour les personnes à mobilité réduite et un grand bar dans le fond de la salle.

Le public a répondu présent à l’appel, la fosse se remplit, les premières bières s’écument avec en musique de fond des extraits du dernier album en date de Alice Cooper, "Paranormal". 21h, les lumières s’éteignent, forçant les spectateurs au face à face avec l’intimidant regard de Mr Cooper, imprimé sur l’immense drap qui dissimule la scène. La musique d’introduction peut alors commencer et la voix du chanteur résonne pour la première fois de la soirée, accueillant le public dans son cauchemar, les invitant à prendre garde.

Le rideau tombe tandis que les premières notes de "Brutal Planet" résonnent. La fumée se dissipe peu à peu sur scène, laissant progressivement apparaître les musiciens et puis, enfin, le grand et tant attendu Alice Cooper. Le son de la salle est vraiment bon, peut-être un peu trop faible selon moi. Les titres s’enchaînent rapidement, après "Brutal Planet" vient "No More Mr Nice Guy", titre qui semble un peu dérouiller les spectateurs qui lèvent les mains, bougent et se plaisent à chanter en cœur le refrain et son "No More, Mr. clea-ea-ea-ean" haut perché. Le groupe ne ralentit pas sa cadence et enchaîne ensuite avec un autre classique, le très rock’n’roll "Under My Wheels". Il va sans dire que, comme à son habitude, Alice Cooper a déjà changé trois fois de costume, en trois chansons. Et je suis amusé par la manière ces changements s’opèrent. En effet, plutôt que de partir se cacher en coulisses, le dressing room est au centre de la scène et est en fait une énorme boite de bois rose décorée d’un Bisounours tenant son ballon, et de laquelle sort, dès que nécessaire, une figurante déguisée en poupée qui tend à Alice Cooper ses vestes, chapeaux et cannes. Ce détail amusant reflète bien le credo du chanteur: "L’horreur ne peut exister sans humour".

Changement de décor, les yeux d’Alice Cooper, qui n’avaient eu de cesse d’observer le public depuis le drapeau sur lequel ils étaient imprimés dans le fond de la scène, disparaissent pour laisser place à un drapeau américain usé, alors que "Department Of Youth" résonne dans le Brielpoort. S’en suit un titre plus étonnant, car moins fréquemment joué en live: "Pain", issu de l’album "Flush The Fashion" (1980).

Nouveau changement de fond de scène et nouveau classique : "Billion Dollar Babies". Tout s’enchaîne rapidement et parfaitement. La qualité sonore permet d’apprécier le travail exceptionnel des musiciens qui accompagnent Alice Cooper. La maîtrise de leur instrument, l’attitude sur scène et leur indéniable professionnalisme. Après deux autres titres moins régulièrement joués, "The World Needs Guts" et "Woman Of Mass Distraction", la guitariste Nita Strauss se lance dans un long solo de guitare des plus épiques qui soit. Tout le monde filme, commente, siffle et applaudit tant la virtuosité se mêle parfaitement à la musicalité. La fin du solo lance les premières notes du hit "Poison", sous les cris d’un public enchanté. Vient ensuite ma grande et agréable surprise du concert: le groupe joue "Halo Of Flies"! Bien qu’il le joue régulièrement sur cette tournée, je pense que c’est la première fois que j’entendais ce titre en live. Glen Sobel profitera de ce morceau pour nous proposer un grandiose solo de batterie, ponctué d’innombrables "tricks" de baguettes.

Nous sommes un peu après la moitié du concert, et Alice Cooper sort le grand jeu, "Feed My Frankenstein" donne à son montre de 3 mètres de haut, l’occasion de venir terroriser et amuser le public. Alice Cooper joue la carte de la romance macabre avec une poupée taille humaine lors de "Cold Ethyl" et de la ballade "Only women Bleed". Vient enfin le seul et unique morceau extrait du nouvel album de l’artiste: "Paranoiac Personality". Cet excellent morceau est chanté par le public tout entier, ce qui confirme la qualité de l’album "Paranormal", et son bon accueil par les fans.

La suite du concert est parfaitement chorégraphiée et sans surprise pour les habitués des concerts du maître du shock rock. Alice Cooper se fait mettre la camisole de force pendant "The Ballad Of Dwight Fry", s’en échappe vers la fin du titre avant d’être rattrapé par une infirmière aux allures de cadavre (interprétée par sa fille, Calico Cooper) et mené de force vers l’immense guillotine qui est apparue sur scène. Le chanteur se débat, la lame tombe et le bourreau exhibe fièrement la tête du supplicié à une foule euphorique alors que le groupe chante le refrain du titre, polémique à l’époque de sa sortie, "I Love The Dead".

Alice Cooper resurgit, vêtu d’un costume blanc et d’un chapeau haut de forme et sourit au public avant d’entamer le premier single du groupe: "I’m Eighteen", qui sonne la fin d’un spectacle impressionnant et amusant.

Le rappel est sans surprise, "School’s Out" retentit dans la salle, tandis qu’Alice Cooper nous invite à faire la fête avec lui, tout en envoyant dans le public d’énormes ballons remplis de confettis. Le morceau dure, le frontman en profite pour présenter ses talentueux musiciens et se présenter lui-même, comme à son habitude et non sans humour… "And in the role of Alice Cooper….MOI !" Encore un refrain, et les musiciens en profitent pour reprendre le refrain de "Another Brick In The Wall" de Pink Floyd, rejoints par tout le public, heureux.

Une fois de plus Alice Cooper est parvenu à subjuguer tout un public qui est certainement rentré chez lui le sourire aux lèvres.

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