After Party : Leonard Cohen

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leonard cohen - © NICOLAS MAETERLINCK

Du 12 au 18 août 2012, Leonard Cohen avait choisi la Place Saint-Pierre de Gand comme point de départ de sa nouvelle tournée mondiale. Laurent Rieppi a assisté au concert du samedi 18, voici son compte rendu.

Leonard Cohen rayonnant sur la Grand Place de Gand

Leonard Cohen a donné le dernier de ses 5 concerts gantois ce samedi sur la Grand Place. Dans ce superbe cadre, avec un bon 28 degrés sur le thermomètre et une légère brise agréable, le public a vécu un grand moment rempli d’émotions et de générosité.

C’est presque au pas de course, légèrement sautillant, que Leonard Cohen monte sur scène à 20h précise pour entamer la première partie de sa série de 5 concerts " résidence " à Gand.  Le concert s’ouvre sur un " Dance Me to the End of Love " tout en subtilité et en délicatesse. Quand Leonard Cohen salue ensuite le public et enlève son fidèle chapeau pour l’occasion, il arbore un sourire généreux, sincère et simplement vrai. En le voyant, aujourd’hui âgé de 77 ans, on se rend compte qu’il n’a rien perdu de sa grâce et de son aura légendaire, au contraire…

Ce sourire – sans vraiment savoir pourquoi – m’évoque le concert qu’il avait donné en 1970 dans le cadre du festival de l’ile de Wight, concert historique aujourd’hui disponible en DVD.

Après " Going Home ", extrait du nouvel album, et " The Future " - extrait de l’album du même nom sorti en 1992, Cohen nous propose un retour dans les années 60 avec un " Bird on the Wire ". Si l’original était très " dépouillé ", cette version revisitée nous démontre tout le talent des musiciens qui l’accompagnent aujourd’hui. Chapeau bas, et c’est le cas de le dire (le chapeau étant presque obligatoire sur scène ;-) ) à Roscoe Beck (bassiste et maitre des cérémonies), Neil Larsen (claviers etc), Rafael Gayol (batterie), et mention spéciale aux incroyables Javier Mas (guitares, le " roi " de la 12 cordes ) et le violoniste moldave Alexandru Bublitchi. Les musiciens Dino Soldo et Bob Metzger ne font plus partie de la tournée, Dino Soldo (claviers, saxo…) a été remplacé par Mitch Watkins.

Cohen peut aussi compter sur un trio irréprochable de choristes, Charlie et Hattie Webb ainsi que Sharon Robinson, sa proche collaboratrice depuis de nombreuses années, avec qui il a signé quelques classiques dont notamment le superbe " Everybody Knows ".

Le ‘maitre’ aura l’occasion de les présenter 3 fois lors de ce concert. Il se montre très admiratif, et, fait rare en concert, il reste souvent sur scène pour écouter attentivement les " solos " de ceux-ci.

Au début de la soirée, Leonard Cohen s’adresse au public et annonce : " Je suis conscient du sacrifice financier qu’a pu représenter l’achat de billets pour ce concert. De notre côté, nous avons assemblé la meilleure équipe de professionnels, les meilleurs musiciens, la meilleure équipe de sonorisation pour vous offrir un concert, qui, je l’espère, sera à la hauteur de vos espérances ". Et, effectivement, la qualité est au rendez-vous. On peut distinguer chaque instrument avec précision et la voix de Cohen est magnifiquement mixée, le concert propose une qualité sonore assez rare pour un plein air.

Plus tard, " Who By Fire " nous replonge au début de la carrière de Cohen.

Globalement, la " setlist " propose de nombreux extraits des albums des années 80. Si le son des versions studios de ceux-ci semble quelque peu " daté " aujourd’hui, les nouveaux arrangements leur donnent une nouvelle vie et on se rend encore plus compte de l’énorme talent d’écriture de l’artiste. Ainsi “I’m Your Man”, “Everybody Knows”, “The Fure” ou encore “First We Take Manhattan” sont magnifiés sur scène.

“Tower of Song”, cependant, gardera son côté “synthétique” de façon à conserver l’aspect minimaliste requis par le morceau. Pour l’interpréter Cohen se retrouve face à un synthétiseur, il rassure directement le public " ne vous inquiétez pas, ça joue tout seul ", la séquence du titre se lance et Cohen l’accompagne avec brio de sa voix unique. Puis, comme sur la version originale, il pianote quelques notes, de façon hésitante, son métier n’est clairement pas d’être pianiste. Le public, applaudi poliment, Cohen sourit " vous savez comment ne pas blesser un bien piètre pianiste … ". Il ne manque pas d’autodérision, la marque des plus grands.

L’émotion est à son comble pour " The Partisan ", ce titre poignant qui nous plonge dans l’horreur de la seconde guerre mondiale et de l’holocauste. Si la version studio est déjà d’une incroyable puissance émotionnelle, cette version 2012 – interprétée en groupe - semble dépasser l’originale.

Pour " Suzanne ",  Cohen conservera l’aspect très dépouillé de la version de 67, réduisant le groupe à 2-3 musiciens.

Après le troisième rappel, Cohen revient une dernière fois, avec toujours le même pas sautillant, il a donné près de 3h30 de concert et semble toujours en pleine forme. Le très bien nommé " I Tried To Leave You ", suivi de l’émouvant " Save The Last Dance For Me " (reprise du classique des Drifters) referme cette grande soirée.

Leonard Cohen est une légende vivante la musique, on le savait déjà avant ce concert, mais ceux qui étaient présents lors d’un de ces concerts à Gand, savent qu’il est bien plus que cela…

Le dernier album de Leonard Cohen " Old Ideas " (Columbia/Sony) est sorti en janvier 2012.

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