Aéroports de Wallonie, la solution pour sauver Charleroi et renforcer Liège ?

Et si on réunissait sous une seule coupole les deux aéroports wallons ? Amid Faljaoui nous parle des synergies possibles entre les aéroports de Liège et de Charleroi.

La crise a parfois ceci de bon qu’elle permet de faire des choses qu’en temps normal, on n’aurait pas osé faire, ou alors avec beaucoup d’hésitations. C’est le cas aujourd’hui avec les deux aéroports wallons.

Jean-Luc Crucke, le ministre du budget, qui est aussi en charge des aéroports, a déclaré qu’il aimerait bien réunir les aéroports de Liège et Charleroi.

Il faut dire que l’aéroport de Charleroi a enregistré une baisse de 69% de son trafic voyageur en 2020 et alors que Charleroi accueillait 10.000 voyageurs par jour, ce chiffre est tombé à 2000 ou 4000 passagers par jour depuis l’interdiction de voyages non essentiels.

Quant à l’aéroport de Liège, il n’a plus de direction, et en plus, son plus gros client FedEx a décidé de partir et de supprimer 671 emplois. Vu comme ça, j’ai eu envie de penser au proverbe égyptien qui dit : "lorsqu’un pauvre se marie à une pauvre, ils donnent naissance à un mendiant".

Mais visiblement, ce n’est pas la thèse de notre ministre Jean-Luc Crucke. Lui pense – au contraire – qu’un rapprochement entre nos deux aéroports a du sens. Il lui a d’ailleurs déjà trouvé un nom : ADW pour aéroports de Wallonie. C’est, j’imagine, inspiré d’ADP pour aéroport de Paris.

Et donc, oui, après une certaine forme de concurrence, ces deux aéroports devraient travailler plus main dans la main. C’est assez facile à mettre en place vu qu’ils sont complémentaires. Liège est spécialisée dans le fret et Charleroi dans les voyages privés et d’affaires. Les synergies, selon notre ministre, sont aussi évidentes. Un exemple parmi d’autres : pendant la Covid-19, le personnel de Charleroi était en chômage corona alors qu’à l’aéroport de Liège, on pleurait pour avoir du personnel.

En clair, quand les deux aéroports seront réunis sous une même coupole, ce sera plus simple de créer des transferts de personnel. Bien entendu, cette réunion des deux aéroports wallons ne sera pas une promenade de santé, il faudra notamment que les actionnaires des uns et des autres soient d’accord.

Pour Charleroi, la question est plus urgente qu’à Liège, d’autant plus que Ryanair joue au chantage en menaçant de retirer la moitié de ses avions basés à Charleroi. C’est sans doute un gros bluff car l’aéroport de Charleroi est le deuxième plus rentable pour Ryanair.

Mais bon, entre un aéroport – Liège – qui n’a plus de patron et un autre – Charleroi – dont le patron ne bénéficie plus de la confiance de son ministre de tutelle, y aura du boulot pour remonter la pente. Mais comme dirait Mère Teresa : hier est parti. Demain n’est pas arrivé. Nous n’avons qu’aujourd’hui. Alors mettons-nous au travail !

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