A. Franklin : le nouveau Testament

A. Franklin
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A. Franklin - © Dimitrios Kambouris - AFP

Des notes manuscrites indiquant ses dernières volontés ont été retrouvées chez elle.

On apprenait peu de temps après son décès qu’Aretha Franklin n’avait pas laissé de testament. On se demandait alors ce qu’il allait advenir des 80 millions de dollars qui étaient en sa possession. La chanteuse a vendu plus de 75 millions de disques, a reçu 18 Grammy Awards, et bien d’autres récompenses, tout au long de sa carrière. La question se posait aussi concernant les droits d’auteur. A qui seraient-ils reversés ?

Selon la loi en vigueur au Michigan, Etat dans lequel Aretha Franklin a vécu et a péri, la somme serait distribuée équitablement entre ses quatre fils : Ted White Jr., Kecalf Franklin, Edward Franklin et Clarence Franklin.

« Cela fait de nombreuses années que je lui demandais de préparer ce document, » a expliqué Don Wilson, son avocat depuis plus de 30 ans. « Cela aurait accéléré les choses, évité les vérifications et conservé les choses dans la sphère privée. »

Comme il n’y a pas de testament officiel, les biens d’Aretha Franklin seront rendus publics, et pourraient engendrer une longue et large bataille juridique entre les membres moins proches de la famille. La nièce de la chanteuse, Sabrina Owens, a d’ailleurs déjà demandé à figurer parmi les héritiers.

Wilson a cité en exemple l’héritage d’Ike Turner qui, 11 ans après sa mort, est toujours au cœur d’une bataille juridique entre les membres de la famille. On pourrait citer, plus récemment, le cas de Prince.

Mais voilà qu’à présent, une nièce de la chanteuse a retrouvé des notes manuscrites, peu lisibles, confuses et parfois contradictoires.

Mais ces trois documents montrent qu’Aretha Franklin avait considéré sa succession. Deux datent de 2010 et le troisième, retrouvé dans un carnet sous les coussins du canapé du salon, de 2014.

Dans ces nouveaux documents, elle désavoue catégoriquement deux testaments qu’elle avait soi-disant préparés des décennies plus tôt, dont un dans une lettre adressée au chanteur des Temptations et à Dennis Edwards. On sait maintenant qu’elle avait des projets posthumes pour son héritage, même si ce qu’elle écrit était désordonné, et déformé par ses émotions. Elle était aussi souvent sous emprise de diverses substances et l’écriture n’était pas toujours très lisible. Quoi qu’il en soit, c’est une nouvelle fenêtre qui s’ouvre sur l’intimé d’Aretha Franklin.

L’écriture a été authentifiée et une audience aura lieu ce 12 juin.

Dans ces lignes qu’elle a écrites, elle évoque ses problèmes de santé, la masse trouvée sur son pancréas, la tournée qu’elle devra reporter pour raison médicale. Elle parle aussi des 100.000$ de royalties versés chaque année par Warner Bros. pour certains titres mais également de la totalité de ses royalties, soit environ 1.6 million de dollars en 2010. Il s’agit d’un arrangement inhabituel dans le business du disque et une enquête devra déterminer comment avaient été négociés les termes du contrat.

Il ressort aussi de ces notes qu’Aretha Franklin voulait être équitable avec ses quatre fils. Elle a souvent insisté sur ce point dans les courriers, précisant que son aîné devrait recevoir les soins nécessaires à ses besoins particuliers. Elle a par exemple précisé que les bénéfices liés au film sur elle et les royalties musicales devraient leur être versés, acceptant que l’argent en banque soit partagé entre les autres membres de la famille, dont les neveux, nièces et cousins. Ses bijoux et ses biens mobiliers, quant à eux, étaient destinés aussi à ses enfants.

A propos de ses trois maisons, elle souhaitait les partager entre ses trois plus jeunes fils ; elle demandait toutefois à ce que 50.000$ soient versés à sa demi-sœur à Memphis. Elles avaient des mères différentes, mais elle est, elle aussi, décédée en janvier 2019.

Elle destinait enfin certains documents, souvenirs, objets à des ventes aux enchères dans un but caritatif.

Reste à voir maintenant si ces documents ont une valeur légale, c’est ce qui sera déterminé lors de l’audience du 12 juin dans le Comté d’Oakland par la juge Jennifer Callaghan.

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