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Une lueur d'espoir prise avec des pincettes

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Une lueur d'espoir prise avec des pincettes

  • 1 min 17 s

Les métiers de contacts peuvent, en théorie, pousser un gros ouf de soulagement. Comme ils le réclamaient, les salons de coiffure et de beauté ont reçu une date de réouverture. "Le 13 janvier" a dit le premier-ministre Alexander De Croo. Mais derrière cette bonne nouvelle, il y a toute une série de conditions qui font peur. 

"J'ai surtout entendu le "oui mais à condition que...", nous confie Edwina, esthéticienne depuis 5 ans à Epinois, près de Binche dans la province de Hainaut. "Je crains que ce soit une petite carotte qu'on nous tend pour apaiser les tensions." 

Même scepticisme pour le coiffeur Joseph. Habituellement, avec son épouse il coupe et coiffe les cheveux sur la place Albert 1er à Morlanwelz. Il sait bien que tout va se jouer le 5 février: "On nous annonce une évaluation des chiffres ce jour-là. Si les courbes ne sont pas à la baisse, il n'y aura pas de réouverture le 13 février. Je ne sais pas quoi penser. J'ai peur de me réjouir pour rien". 

Des caisses vides, des coups en plus 
Malgré des cheveux de plus en plus long, le secteur des métiers de contact va avoir les yeux rivés sur la courbe épidémiologique. Mais s'il y a bien réouverture le 13 février, tout ne sera pas gagné pour autant. "Les règles qu'on va devoir respecter sont très sévères", assure le coiffeur Joseph. "On dit qu'on va devoir porter un masque FFP2. On doit se faire tester aussi toutes les semaines. Je veux bien mais tout ceci coute très cher. En sachant aussi qu'on ne va de toute façon pas pouvoir remplir nos salons comme avant et que nos caisses sont vides."

L'esthéticienne Edwina elle va plus loin "Je n'ai pas l'impression qu'on impose des règles aussi strictes pour les métiers de la santé. Or nous, jusqu'à preuve du contraire, nos clients ne sont pas malades quand ils viennent. Là les conditions de réouverture sont beaucoup trop sévères. Encore plus sévères que tout ce qui a été mis en place avant". 

Métiers essentiels? 
En attendant, les clients sautent sur la bonne nouvelle. Le téléphone d'Edwina et de Joseph n'arrête pas de sonner. "Ca fait chaud au cœur. Mes clientes m'envoient des messages avec des smileys en forme de doigts croisés. Elles font ça évidemment pour me soutenir. Mais je trouve aussi qu'on sous estime l'importance de notre métier. Je ne suis pas là uniquement pour soigner les ongles. On est des confidentes pour certaines. On est aussi un prétexte de sortie pour les personnes âgées qui viennent une fois par mois. Je ne comprends pas selon quel motif on ne nous considère pas comme un métier essentiel." 

Au total, les métiers de contacts ont du fermer 7 mois depuis le début de l'épidémie. La date d'une possible réouverture le 13 février sonne comme une lueur d'espoir. De quoi redonner le sourire mais un sourire crispé tant les conditions pour y arriver sont jugées trop strictes par le secteur. 

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